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TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLatifa Ibn Ziaten, la lutte contre le terrorisme a le visage d’une femme

Alors que se tient à Paris le procès des complices de Mohamed Merah, un documentaire consacrée à la mère d’une de ses victimes sort en salles. Latifa, le coeur au combat est un hymne à l’espoir et à l’action de chacun contre le terrorisme et pour le monde de demain.

 

 

En salle depuis le mercredi 4 octobre, Latifa, le cœur au combat est un documentaire mettant en lumière Latifa Ibn Ziaten. Cette femme est la mère d’Imad, parachutiste dans l’armée française. Il fut assassiné par Mohamed Merah en mars 2012. Il est l’une des premières victimes de la vague d’attentats qui déferle depuis sur les pays occidentaux. Ce documentaire a été réalisé par Olivier Peyon et Cyril Brody.

 

De Rouen à Ramallah, prêcher pour un autre monde

Latifa Ibn Ziaten ne s’est pas laissée abattre. Depuis l’assassinat sinistre de son fils, sa vie s’est radicalement transformée. Aujourd’hui, son quotidien est de traverser le pays de long en large, voire d’en sortir, pour défendre la jeunesse des quartiers. Cette jeunesse qu’elle voit avoir « du brouillard devant les yeux, des prisons et barrières en elle-même. » Le documentaire nous fait ainsi passer d’Aix-en-Provence, à Pékin, en passant par Paris. Partout où elle passe, les salles de classe et amphithéâtres sont combles. Le documentaire nous dresse ainsi le portrait d’une jeunesse mixte, plurielle, qui se cherche et que l’on tait. Cette femme, véritable marathonienne, fière d’être musulmane, se démène pour rassembler au-delà des frontières et des croyances.

 

Un autre récit, à visage humain, du terrorisme contemporain

En s’armant d’empathie et de tolérance, elle s’attaque à la haine répandue dans la société française. L’action qu’elle mène, à travers son association IMAD Association pour la jeunesse et la paix, se bat pour « éviter un autre Merah. » Elle parle de lui comme d’un « monstre, » qui aurait été « mal éduqué et mal aimé. » Le visage de cette femme raconte autrement le terrorisme contemporain, et la lutte qu’il convient de mener contre lui. « Pour remplir le vide » qui se creuse entre les gens, elle prône le fait « d’aller vers l’autre. » Tandis que les chaînes d’informations en continue comptent les morts comme sur un boulier, Latifa Ibn Ziaten agit pour recréer du lien entre les victimes, et au sein des populations touchées. Le documentaire nous fait ainsi voir un voyage à Paris partagée par des femmes, dont le mari ou les enfants ont été tués lors d’attentats. « Parler de nos morts » est, à ses yeux, la première étape du combat à mener.

 

La longue marche de Latifa Ibn Ziaden – Photographie : Haut et Court

 

Dans ce documentaire, celle qui prend la parole, et toute la lumière, est une femme musulmane portant le voile, qu’elle préfère appeler le « foulard. » Cette présence devient une source d’inspiration et de confiance pour de nombreuses jeunes femmes. Elle les exhorte à « garder espoir » et à se dire « je suis quelqu’un, je suis belle, je suis pleine d’énergie. »

 

Nous sommes la solution

Face à une salle comble, Latifa Ibn Ziaten évoque la « responsabilité civique de chacun. Nous faisons tous partie de la solution » déclare-t-elle. En réalisant ce documentaire, et en mettant en avant l’engagement de cette femme, Olivier Peyon et Cyril Brody apportent leur pierre à l’édifice. Les nombreuses associations qui agissent dans nos quartiers prennent part à ce combat.

Parmi elles, l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) accompagne des jeunes en difficultés durant leur scolarité et incite à l’engagement civique dans les quartiers. Aux Minimes, à Jolimont, à Bagatelle, au Mirail, ou à la Reynerie, des bénévoles étudiants agissent pour combler le fossé qui s’est creusé.

Un fossé s’est également creusé entre les journalistes et les habitants. « Nous avons besoin de journalistes qui ne font pas la peur. » Ces mots  que prononcent, Latifa Ibn Ziaden, entrent en écho avec ce que nous espérons devenir : un journal de solutions. Nous désirons écrire le monde tel qu’il est, mais également tel qu’il pourrait devenir. De cette manière, le journalisme prendra lui aussi part au combat commun.

Article rédigé par Valentin Chomienne

Rédacteur en chef culturel. Autodidacte de l'écriture, amateur sans bornes de musiques, aimant à bonnes ondes sociétales : avec le moins de préjugés possibles, l'objectif rêvé est de se battre pour l'ouverture des cœurs et des esprits.

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