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Le 46, Lot of souvenirs !

À un peu plus d’une centaine de kilomètres de Toulouse, le département du Lot offre à ses visiteurs des paysages naturels à couper le souffle. Son patrimoine architectural n’est pas en reste à l’image de Saint-Cirq Lapopie ou de Cahors. À pieds, sur l’eau, dans les airs ou encore dans les profondeurs de Padirac, «Aparté.com» vous fait découvrir les merveilles du Lot.

Parmi les visites à ne pas rater, le village de Saint-Cirq Lapopie – Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

Façonné par les cours d’eau et sublimé par un parc naturel régional (PNR), le département du Lot est une succession de tableaux naturels ouverts vers le ciel. Sur ces terres, l’Homme est tout petit face aux falaises dessinées par la rivière. Avec 180 016 habitants selon l’INSEE, «le 46» est dans le top 10 des départements les moins peuplés de France métropolitaine.

Cahors, la ville-préfecture, rassemble environ 21 000 âmes. Sa création remonte au Ier siècle et les Romains ont choisi ce vaste méandre aux versants escarpés sculpté par le Lot pour son emplacement stratégique. Située au croisement de trois importantes routes reliant Bordeaux (Burdigala), Rodez (Segodunum) et Toulouse (Tolosa), la ville a conservé des vestiges de l’Antiquité. Sous la place François-Mitterrand, un grand pan de mur d’un ancien amphithéâtre a été découvert en 2007 pendant des travaux. Aujourd’hui encore, cette partie de l’édifice gallo-romain est visible du public au niveau -1 de ce parking souterrain.

Séparée en deux parties de manière inégale par le boulevard Léon-Gambetta —né à Cahors—, la plus petite portion située à l’est de la ville est fortifiée à la période du haut Moyen-Age. Outre cette muraille voulue par l’évêque Saint-Didier, une fosse est creusée à l’emplacement du boulevard Gambetta.

 

À qui mieux-mieux !

Le pont Valentré est un ouvrage défensif … qui n’a jamais été attaqué – Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

500 ans plus tard, au milieu du XIIe s., la cité est au zénith de sa notoriété. La ville devient un véritable carrefour du commerce international et des activités bancaires reconnues dans les quatre recoins de l’Europe. C’est là qu’une poignée de familles cadurciennes s’enrichissent. Par ailleurs, le vin très tannique de Cahors séduit les papilles jusqu’en Angleterre. Autre avantage pour le vin cadurcien, il résiste bien mieux au transport sur une longue distance que son concurrent le vin de Bordeaux. En parallèle, Cahors découvre l’un de ses meilleurs ambassadeurs avec Jacques Duèze, élu pape en 1316, mieux connu sous le nom de Jean XXII. Ce dernier fonde dans sa ville natale une université, multiplie la construction d’édifices religieux et fait venir les élites locales à la cour du palais des papes, à Avignon.

Dans la ville, le pouvoir des consuls et celui du comte-évêque ne se fait pas en toute harmonie. Entre les deux autorités, outre la volonté de contrôler la vie de la cité, il y a une concurrence … hormonale. Une sorte de défi à qui mieux-mieux, l’objectif ? Bâtir des édifices pour laisser son empreinte dans la postérité. Parmi les démonstrations de puissance, le pont Valentré voulu par les consuls en 1306. La pose de la première pierre est réalisée le 17 juin 1308 et les travaux s’achèvent 70 ans (!) plus tard. Avec ses trois tours, le pont devenu entièrement piéton en 1995 est long de 172 mètres. Il est classé aux monuments historiques en 1840. Quarante ans plus tard, l’architecte Paul Gout —chargé d’une mission de rénovation— passe commande auprès de l’artiste Cyprien-Antoine Calmon qui doit sculpter un diablotin au sommet de la tour centrale. L’idée, en forme de clin d’œil, est de rappeler la légende selon laquelle Satan aurait apporté son aide pour accélérer la construction du pont. Ce dernier est aussi une étape pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

La nuit, le pont Valentré s’illumine de (quasi) toutes les couleurs – Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

Dans le sillage local du patrimoine cultuel, la cathédrale Saint-Étienne dont on « attribue traditionnellement » sa création à l’évêque Saint-Didier au VIIe s. est un mélange architectural de l’époque gothique et romane. Avec son imposante façade, l’édifice religieux  se distingue par la présence de deux coupoles dans la partie de la nef qui, dit-on, sont les plus grandes « et plus belles » du sud-ouest. Vous le constaterez, son cloître construit entre 1493 et 1553 semble parcellaire, inachevé. C’est normal. À l’époque, il n’y avait plus assez d’argent dans les caisses pour achever toutes les finitions.

 

Sous l’une des coupoles de la cathédrale Saint-Étienne de Cahors – Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

Au nombre de vingt-cinq, Les Jardins secrets ont été imaginés au début de notre siècle « pour valoriser des espaces délaissés au cœur de la ville historique ». Ces créations ont permis à la ville de décrocher le label de « jardin remarquable » attribué par le ministère de la Culture.

L’ancienne partie fortifiée a traversé le temps en maintenant une bonne conservation. Au détour des ruelles, vous pourrez découvrir de petites places comme celle au croisement des rues Saint-James et de la Chantrerie. Aujourd’hui, 80% de cet espace remonte aux origines médiévales. Sous l’âge d’or cadurcien, l’étalement de la richesse s’exprimait par le biais de la façade d’une habitation. C’est au nombre de fenêtres aux étages, à la présence d’arcades mais aussi aux nombreux et détaillés ornements d’une porte d’entrée que l’on pouvait comprendre qu’une riche famille résidait dans cet immeuble. Ces maisons tout comme les plus importants édifices de la ville sont cartographiés grâce au plan édité par la mairie de Cahors et disponible à l’office de tourisme.

 

 

La résilience du vin de Cahors

Longtemps apprécié à travers le « vieux continent » depuis le Moyen-Âge, il est relégué dans l’imaginaire collectif au statut de « pinard de table ». Aujourd’hui, le vin de Cahors veut retrouver ses lettres de noblesse. Jouxtant l’office de tourisme sur la place François-Mitterrand, l’Union interprofessionnelle des vins de Cahors (UIVC) a créé en 2011 la villa Cahors malbec, un espace d’information et de dégustation. Que vous soyez un consommateur averti ou bien que vous ne connaissiez rien au vin (un peu comme nous chez « Aparté.com »), vous pourrez —dans une ambiance lounge et à partir de 5€ par personne— goûter trois différentes gammes de vin. Tout au long de la dégustation, tout est expliqué avec pédagogie et dans la bonne humeur. Si vous cherchez un Cahors haut de gamme, les prix débutent à environ 14€ et il pourrait être bien meilleur qu’un Bordeaux à prix équivalent. Notez que l’espace villa Cahors malbec ne propose pas de bouteille à la vente.

 

Un mur de verres de vin mais un verre spécial. Depuis 2008, le verre de Malbec est la récipient officiel pour boire du vin de Cahors – Photo Maël Crespo, Aparté.com

 

D’une surface de 40 000 hac. en 1850, le vignoble est ravagé par le phylloxéra à partir de 1876. Il faut attendre la fin de la 2nde Guerre mondiale pour que les raisins repoussent en toute quiétude. En 1971, le vin de Cahors devient une Appellation d’origine contrôlée (AOC), aujourd’hui « 3 500 hac. sont revendiqués en AOC », d’après les chiffres de l’UIVC.

 

Nous voulons proposer des « accords mets-vins ».

 

Sur l’étiquette cerclée et traversée verticalement par un rectangle, le papier est composé de dessins maoris et d’inscriptions telles que Vaura maohi, Mana millésime 2014. Des motifs plutôt inhabituels pour un vin mais qui est l’image de la belle histoire de ce couple hétéroclite Anne et Jean-Michel. Lotoise d’origine et issue d’une famille de vignerons depuis plusieurs générations, Anne a rencontré Jean-Michel —tout droit venu de Polynésie— pendant un travail de saisonnier en juillet 1992, au bord d’une piscine. L’ancien éducateur et passionné de peinture a passé une formation pour se parfaire au métier protéiforme de vigneron. Il faut dire que dans l’océan Pacifique, la culture de la noix de coco est plus importante que celle de la vigne ! En 2005, Anne désormais ex-professeur de mathématiques et Jean-Michel sont les nouveaux gérants du château Saint-Sernin, à Parnac.

 

 

Sur 60 hac., il y a des vignes en AOC Cahors, des cépages ségalins, des rosés (moelleux), du blanc et du ratafia. Avec une production annuelle de 280 000 bouteilles, le château Saint-Sernin s’exporte et réalise ses plus gros succès sur les marchés américains, chinois et une partie des ventes atterrit même … en Polynésie. De manière régulière, les propriétaires organisent des visites-dégustations au public ouvertes également aux plus jeunes. Ces derniers pourront goûter au jus de raisin made in Parnac. Ces rencontres, « certifiées esprit Lot » et « accueil vigneron du Lot », sont scénarisées et s’attachent à trouver un « accord met-vin ». À l’instar des nouvelles étiquettes pour les bouteilles de blanc et de rosé, les vignerons veulent « désacraliser le vin » et le « moderniser ». Chez « Aparté.com », c’est certes subjectif mais nous avons beaucoup aimé La Tour Saint-Sernin, 2007 et le Mana, millésime 2011. Bien évidemment, l’alcool est à consommer avec modération !

 

Le village aux mamelles

À trente minutes en voiture depuis Cahors, c’est un endroit où il faut serpenter entre les versants pour découvrir en haut d’une falaise le somptueux village de Saint-Cirq-Lapopie. Élu « village préféré des français » en 2012 grâce à l’émission éponyme sur « France 2 », la commune aux 212 habitants accueille en chaque été plusieurs dizaines de milliers de touristes venues des cinq continents.

Cette localité est restée figée dans l’époque médiévale. Le point culminant du bourg accueillait un château fort, aujourd’hui disparu, lui-même placé sur un rocher en forme de deux mamelles dont l’occitan la popa tire une partie du nom du village. Saint-Cirq-Lapopie est une enfilade de petites rues charmantes et de jardins intimistes. Difficile de croire que les lieux existent sous nos yeux tant le cadre semble correspondre à des scènes de cinéma. L’espace a été réglementé, ainsi, vous ne verrez nulle part des échoppes qui empiètent sur la voie publique. Il faut dire que vu l’étroitesse de certains passages et le fort dénivelé, la marche peut vite fatiguer certains touristes. Autre détail qui ne saute pas aux yeux immédiatement, l’absence de câble d’alimentation pour l’électricité.

 

Affectueusement abrégée « Saint-Cirq », la petite cité moyenâgeuse a séduit des artistes et continue a en accueillir. Parmi ses plus illustres riverains, l’écrivain et essayiste André Breton, théoricien du surréalisme. « J’ai cessé de me désirer ailleurs », confiait l’ornais lorsqu’il a fait l’acquisition en 1951 de l’auberge des mariniers pour y vivre tous les étés jusqu’à sa mort en 1966. Sa maison a été rachetée par la Municipalité et « une fois restaurée, la maison pourrait devenir un centre André Breton, dédié au surréalisme », expliquent nos confrères du « Figaro ». Disponible sur Internet et à l’office de tourisme de Saint-Cirq, un « guide de visite » vous épaulera dans cette immersion temporelle.

 

L’insolite et poétique musée

« —C’est nouveau ça ? —Non, cela fait quinze ans qu’il est là … ». L’anecdote vécue par le patron des lieux avec un visiteur a de quoi faire rire. À Cabrerets, Bertrand possède depuis sa création en 1988 le musée de l’Insolite. En glanant toute sa vie des objets de toutes tailles et de tous horizons, il rassemble dans son cabinet de curiosité peut-être plusieurs dizaines de milliers de souvenirs du quotidien ou d’éléments qui sortent du commun des mortels. Détournés ou placés comme tels, ces objets suscitent le rire mais aussi une profonde réflexion sur le temps et les préjugés psychosociologiques.

À ses vingt ans, l’artiste avait déjà « le don pour faire des vacheries et cultivait le goût de l’amusement », néanmoins Bertrand a mis dix années avant de pouvoir vivre de sa création. Acquise lors d’une « vente des domaines de l’armée de l’air », la queue démilitarisée d’un hélicoptère exposée dans le jardin est l’une des trouvailles les plus improbables. Aujourd’hui encore, « quelques personnes (lui) donnent des objets » dont des toilettes !

 

Le musée de l’Insolite est une œuvre en soi et avant de dégainer votre smartphone ou votre appareil photo, nous vous recommandons de saluer « l’homme des bois », comme se plaît à le présenter une connaisseuse des lieux. Avec sa barbe imposante et son œil rieur, Bertrand Chenu semble tout droit sortir du pays imaginaire de Groland. Le maître des lieux, à travers ses œuvres, cultive l’impertinence et transmet à ses visiteurs le besoin impérieux de faire une critique sociétale. En haut, en bas, en diagonale, il faudrait aisément plusieurs heures pour (tenter de) tout voir. Pour faire bref, nous ne pouvons que vous conseiller de faire un tour dans ce génial musée.

 

«Dans le Lot, vous prenez 20 kg de savoir-vivre !»

 

Parfois, prendre  de la hauteur —au sens propre— est le meilleur moyen pour apprécier la beauté du parc naturel régional des Causses du Quercy. Voler avec un ULM dans le Lot, c’est possible ! Le pilote Xavier Rouchouse d’Air sol images propose des balades au-dessus de Saint-Cirq-Lapopie ou encore d’une partie du PNR. Sur la carte, plusieurs options de baptêmes de l’air allant de 15 à 30 minutes, le vol peut durer au maximum 2h30 contre suppléments. Après avoir suivi toutes les instructions pour s’installer dans l’aéronef, le décollage se fait en douceur. En dessous de vos pieds, c’est le vide et une impression agréable de voler sur un « matelas volant ». La visite, très didactique, du parc régional est un régal pour les yeux. Selon l’heure de votre vol, la perception des falaises abruptes sera différente grâce aux rayons du soleil. C’est une expérience hors du commun à absolument tester au moins une fois dans sa vie !

 

Humble face à Dame Nature

Mondialement connu, le gouffre de Padirac est un chef d’œuvre de la nature à découvrir. À plus de cent mètres sous Terre, les entrailles de notre planète abritent des concrétions aux dimensions pharaoniques. Déjà pendant la guerre de Cents ans, l’homme a investi la fosse du village pour y trouver « refuge », explique Jean-François Mangin, l’un des deux géologues du site. Il faut attendre très précisément le 9 juillet 1889 que le perspicace Édouard-Alfred Martel avec son équipe explore pour la première fois les boyaux de Padirac. Considéré comme le père de la spéléologie moderne, Martel pressent également le potentiel touristique. En novembre 1898, le premier visiteur arpente le gouffre de Padirac et la société privée qui exploite aujourd’hui le domaine souterrain revendique à ce jour plus de 24 millions de visiteurs.

Que vous descendiez par les escaliers ou avec l’un des ascenseurs, la fosse est le premier émerveillement que vous découvrirez. Il faut avoir en tête que la commune de Padirac était sous les eaux d’une mer disparue il y a plus de 65 millions d’années. « Chaque strate représente une période de la mer et vu les dépôts de sédiments, nous pouvons estimer que de bas en haut (de la fosse, NDLR), il s’écoule entre 3 à 4 millions d’années », constate Jean-François, le géologue. Des chiffres de quoi donner le tournis mais qui font rendre compte qu’après toutes ces années, l’homme a cette chance de pouvoir admirer cette création de la nature.

 

Photo Louis Nespoulous/SES de Padirac

 

Votre excursion vers le centre de la Terre durera 1h30, dont 40 min en visite guidée. À pieds et en barque, vous réaliserez 1 km en embarcation. Avec une température constante de 13°c., 98% d’humidité et une eau à 12°c. la vie semble hostile pour l’Homme mais n’est pas un obstacle insurmontable pour les animaux. D’après le géologue, « plusieurs centaines de chauves-souris vivent dans la grotte » et dans l’eau —« non potable »— ils ont constaté la présence d’« escargots d’espèce endémique » d’une taille qui peut varier entre deux et trois millimètres. Plus qu’énumérer toutes les beautés du site, nous vous conseillons, là aussi, de vous rendre au gouffre de Padirac.

 

L’amour du goût

«Dans le Lot, vous prenez 20 kg de savoir-vivre !», résume avec sourire Virginie Seguin, de l’office de tourisme de Cahors et de Saint-Cirq Lapopie. Car ce qui fait l’une des forces du Lot, c’est sa gastronomie. Vous voilà prévenus.

À Bach, commune de moins de 200 habitants, l’auberge Lou Bourdié tenue par Monique Valette propose une «cuisine traditionnelle» dans une atmosphère familiale. À l’image de ses plats, la cheffe est un personnage d’une très grande générosité connue à travers tout le Lot. C’est the place to be, comme qui diraient nos amis les anglais. Ici, on a le droit d’appeler la patronne par son prénom. D’ailleurs, on ne dit pas qu’on va manger chez Lou Bourdié mais « chez Monique » ! Avec ces poutres apparentes, sa véritable cheminée et une cuisine visible depuis la première salle, ce restaurant au décor rustique est aussi le lieu de naissance de Monique.

 

 

Dans les assiettes, le repas débute toujours par une soupe de saison faite maison. Et même s’il fait 40°c. à l’extérieur, à la première gorgée de cette popote votre cerveau réagira en un éclair: « Bon sang, c’est super bon ! ». Omelette à la truffe noire en hiver, poulet aux cèpes, lapin au safran ou encore navarin d’agneau ; tout ce que vous commandez ne sera pas servi dans votre assiette mais dans des plats, comme à la maison. Le fil rouge de la cuisine de Monique est celui de la convivialité. Jamais avare de mots chaleureux, la cheffe sait recevoir et réalise avec brio des plats d’antan. Longuement mijotée, la viande est d’une telle tendresse qu’elle n’a pas besoin d’être découpée au couteau.

Parmi l’une des spécialités de la maison, celle du pastis. Cette appétissante pâtisserie du Lot est une sorte de tourtière composée d’une pâte étirée et extrêmement fine garnie de pommes marinées à la vieille prune … et au rhum ! Ce dernier élément est le secret ajouté par Monique pour parfaire ce dessert. Par fortes chaleurs, nous vous conseillons toujours en fin de repas le vacherin glacé aux noix avec son coulis de caramel. Un régal.

 

 

La notoriété de Monique Valette a fait venir les plus grands chefs du monde, l’un d’eux, l’anglais Jamie Oliver lui a consacrée plusieurs pages dans l’un de ses livres. D’ailleurs, elle ne compte plus les critiques écumées dans les (grandes revues) gastronomiques qui ont pu apprécier, le temps d’un déjeuner, l’excellence culinaire de ce terroir. Laissez-vous tenter par la cuisine de Monique Valette, aussi prévoyez du temps pour ce repas inoubliable ! « Aparté.com » est resté près de trois heures dans son auberge. Chez Monique, c’est le paradis des gourmands.

Plus au nord dans le Lot, sur la commune de Martel, il y a une ferme-auberge, le Moulin à huile de noix qui mérite une attention particulière. Depuis plus de six générations, la famille Castagné avec à sa tête Marie-Claude fait vivre un produit de la région, la noix du Périgord (AOC). Consommable à chaque instant, ce fruit à coque a des valeurs nutritives bien plus utiles pour l’homme que sa cousine la cacahuète. C’est dans une bâtisse du XVe siècle, qui fût un relais de chasse, que la famille Castagné utilise la noix pour en faire de l’huile mais aussi pour la parsemer en morceaux dans ses différents plats.

 

 

De part son statut juridique, la réglementation impose à la ferme-auberge de proposer des plats avec au moins 50% d’ingrédients issus de la ferme. Les menus sont donc de saison et locaux. Tout commence par le vin de noix, un breuvage digne des dieux. S’en suit une salade foie gras de canard avec ses fleurs du jardin, des côtelettes d’agneau avec sa crème ailée à faire fondre des cœurs de pierre, mais aussi du bon magret de canard, des confis, …

L’une des spécialités du Lot, c’est bien l’agneau du Quercy. Les brebis sont immédiatement reconnaissables avec leurs taches noires autour des yeux, elles donnent l’impression de porter —selon votre interprétation— des lunettes de soleil ou de vue. « Aparté.com » est allé à la rencontre de l’un des ces éleveurs, Damien Fraysse, dans le village d’Escamps. Avec ses 750 brebis, 1 200 agneaux et les 300 hectares, l’exploitation qui existe depuis 1730 bénéficie de l’indication géographique protégée (IGP).

 

Dans la liste des produits stars du 46, c’est un ingrédient déjà prisé à l’époque des Romains mais aussi par la génialissime Monique Valette que nous avons évoqué précédemment, c’est la truffe noire du Périgord. Ce champignon très parfumé se vend sur le marché de Lalbenque. C’est entre décembre et mars que le « diamant noir » se récolte à l’aide soit d’une truie, d’un chien ou « en observant le vol d’une mouche » près de petits chênes. Marie-France Ourcival, trufficultrice à Limogne-en-Quercy, propose toute l’année des démonstrations dans son verger truffier pour trouver ce fameux champignon.

Autre produit de luxe, le safran dont le prix au kilo lui vaut le mérite d’être surnommé « l’or rouge » ; déboursez 30 000€ pour mille gramme. Dans le Quercy, l’autre grande fierté de la région c’est le melon, labellisé IGP depuis 2002. Il fait le régal des petits et des grands, le fruit se trouve dans toutes les bonnes tables lotoises. Dans « un pays où il existe 258 variétés de fromage », pour paraphraser Charles de Gaulle, le Lot ne déroge pas à la règle. Le cabécou est lui aussi l’incontournable de tous les repas. Cette souriante appellation provient des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle qui emportaient ce petit chèvre rond au lait cru dans leur besace … Enfin, c’est au sud de Cahors que la bière Ratz est élaborée. La boisson alcoolisée, bien connue des toulousains, a reçu plusieurs distinctions au concours général agricole dont une médaille d’or en 2016.

Pour célébrer la gastronomie, la ville de Cahors organise tous les ans au début du mois de juillet le festival culinaire Lot of saveurs. Pour la huitième édition, le chef Jean-François Piège était le parrain de ce rassemblement consacré au veau sous la mère. Chaque année, c’est près de 2 500 personnes qui se rassemblent sur les allées Fénelon pour diner en musique. Avec un tel nombre de participants, les enjeux logistiques sont de taille mais tout est chorégraphié dans un ballet quasi sans faute par les cuisines centrales de la ville. Très prisées, les places sont généralement réservées en quelques jours.

Pour 2017, seul manquait le soleil pour déguster l’estouffade de veau safrané, le caviar de melon au ratafia, son traditionnel foie gras, le cabécou de Rocamadour et la tarte aux noix revisitée. Ce moment gastronomique avant la période estivale est ponctué de rencontres, d’ateliers et de marchés gourmands. Lot of saveurs est une manifestation populaire qui attire année après années des gens de tous les âges dans une ambiance conviviale.

 

Le triangle noir du Quercy

Dans le Lot, il est possible de dormir à la belle étoile. Au fil du temps et malgré la présence humaine de plus en plus croissante, le ciel du 46 reste préservé de la pollution lumineuse. À Sauliac-sur-Célé, Miriam et Philippe ont installé —sur un ancien camp de naturistes— 24 lodges de tailles différentes. C’est pendant un tour du monde et après un séjour au Botswana que le couple est tombé sous le charme de ces hébergements haut-de-gamme. Sobrement décorés, les lodges inspirent au dépaysement. Autour de vous, les vallées du Célé sont couvertes d’arbres. La seule musique que vous entendrez, c’est le silence parfois ponctués la nuit par les aboiements (oui, les aboiements!) des chevreuils.

Photos Serge Charonnat – Mas du Lodge de Nadal

 

À table, on mange des repas simples mais efficaces. Il est même possible de demander une assiette végétarienne si on est —par exemple— passé par un conséquent repas chez Monique Valette plus tôt dans la journée. Et pour achever ce diner, allez faire un plongeon dans la piscine à débordement. « Aparté.com » a testé le bain de minuit en contemplant le ciel étoilé. Un instant simple mais un véritablement moment de bonheur après une journée remplie.

À contrario, si vous préférez la pierre, nous vous conseillons deux maisons d’hôtes qu’« Aparté.com » a beaucoup aimé. La première, sur les hauteurs du lieu-dit Sauliez dans la commune de Vers. Avec 4 épis sur 5, les propriétaires de la maison d’hôtes Les Hauts de Sauliès ont voulu mettre la barre haute et disons-le clairement, c’est une réussite. C’est sur les ruines d’un ancien château que cette maison de maître du XVIIIe s. a vu le jour. Sur une surface de près de 400 m² répartie sur deux étages, Xavier et Jair vous réserve l’une des cinq chambres de la charmante bâtisse. Chacune de ces pièces reprend le nom d’une couleur dans la langue brésilienne.

C’est à Londres que l’ex-directeur financier d’une grande surface spécialisée a rencontré le compagnon de sa vie, Jair, originaire du Brésil . Après un tour de France des gites, le couple s’est lancé dans leur propre aventure. « Ce projet de deuxième vie », explique Xavier, a un leitmotiv: Le corps et l’esprit. Près de la piscine avec une eau constante à 26°c., il y a une salle de sport avec une ribambelle d’équipements pour s’entretenir physiquement. Pour l’esprit, vous pourrez lire au frais sous le magnifique arc vouté de la bibliothèque. Et si l’envie d’un café ou d’un thé vous vient, vous pourrez vous servir dans le coin cuisine. Néanmoins, si vous êtes adeptes de la sieste en l’extérieur, plusieurs hamacs ombragés ont été installé dans le vaste jardin de 10 000 m².

 

Soucieux de votre bien-être, Xavier et Jair proposent également une table d’hôte avec un menu qui correspond à leur philosophie. Les produits sont de qualité et les plats équilibrés. En faisant appel aux circuits courts, les propriétaires s’attachent à respecter l’environnement. La nature justement, il y a au-dessus de la bâtisse des panneaux solaires, l’eau de la piscine n’est pas traitée au chlore mais avec du sel (qui ne pique pas les yeux) et toutes les eaux usées sont filtrées par des plantes. Pour entrer dans la chambre, il faut emprunter l’imposant et majestueux escalier en bois. Autour de vous, des tableaux originaux et des reproductions peints par Jair qui est artiste peintre, sculpteur et céramiste. Là, le contraste poutres apparentes et style moderne se mélange avec perfection. On apprécie également la spacieuse douche à l’italienne et l’astucieux miroir de la salle de bain qui élimine la buée sur la surface réfléchissante. À la fois moderne et empreint du charme d’autrefois, cette bâtisse de maître correspond —nous le parions— à cet idéal de maison que tout le monde souhaite avoir. Les hauts de Sauliès, à Vers, c’est un petit bout de paradis avec des hôtes passionnés.

 

« Il y a dix ans, nous étions des précurseurs dans le Lot »

 

Aujols, à vingt minutes de voiture depuis Cahors, est un havre de paix situé en zone blanche. Au début, les riverains disaient d’eux qu’ils étaient « complètement cinglés ». Eux, c’est Odile et Nano, les hôtes du Lou Repaou.  Après avoir racheté en 2005 deux anciennes fermes avec ses six hectares, il a fallu deux ans et demi pour faire 80% des travaux. Ils ont choisi cet endroit en se fixant trois critères. « Pouvoir faire de la randonnée, être près d’une ville (ici Cahors, NDLR) et proche de l’autoroute », explique Nano.

Avec leurs chambres d’hôtes, le couple peut accueillir jusqu’à quinze clients dont des personnes à mobilité réduite. Les cinq pièces à coucher sont décorées avec des objets ramenés lors d’un tour du monde réalisé au milieu des années 80. Cinq chambres pour cinq continents: Le Quercy, le Népal, le Mali (en hommage aux parents d’Odile qui faisaient « de l’humanitaire »), le Pérou et enfin l’Australie. L’immersion est totale, on s’y croit vraiment. Et au choix, il y a un jacuzzi ou un hammam privatif.

 

Dans un cadre bucolique, les propriétaires des lieux se plaisent à dire en patois aujolois aïc, fa belfa (« Ici, il fait bon vivre »). Et cela se confirme dans la réalité. « Il y a dix ans, nous étions des précurseurs dans le département », explique Odile. Et pour cause, l’offre n’était pas aussi importante qu’aujourd’hui. À leur époque déjà, « il fallait se diversifier. Proposer par exemple une nuit magique en amoureux ou thématique », complète le grenoblois Nano.

Vous les verrez, à côté des maisons vieilles de plus de 160 ans, trois ânes —Oscar, Nayad et Ushu— accueillent les visiteurs. Ce sont les stars du coin. Ce quadrupède est l’animal favori d’Odile et partout vous apercevrez des hommages à l’équidé. Pendant la période estivale, vous pourrez faire de l’astronomie avec les deux lunettes mises à disposition. En effet, Aujols tout comme Vers et la vallée du Célé, le territoire est dans le triangle noir du Quercy. Une zone faiblement affectée par la pollution lumineuse. En définitive, Lou Repaou (« Le repos ») est véritablement en phase avec l’esprit Lot et suggère —dans ses chambres— une véritable invitation au voyage.


Si nous devions résumer le Lot, c’est d’abord l’impression d’une très agréable surprise.
Diversifié, le paysage de ce département vous laisse bouche-bée. Des causses, au Ségala (avec les premiers contreforts du Massif central), en passant par la Bouriane ou encore le Limargue, on ne peut être que contemplatif faces à ces merveilles naturelles.
En Occitanie, le 46 veut sortir du lot et attirer de nouveau les toulousains. Ses paysages sont apaisants, ses gens sont passionnés et quand vient l’heure du retour, on garde en tête de très beaux souvenirs. On aimerait tellement y revenir.

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