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Depuis Toulouse, trois étudiants misent sur le chewing-gum sans pétrole

Trois étudiants de Science-Po Toulouse réinventent le chewing-gum sans produit chimique. Ils misent sur des ingrédients d’origine naturelle et espèrent vendre chaque mois entre 300 et 400 tablettes de cette gomme à mâcher élaborée localement. Rencontre avec les trois papas de Tritree.

De g. à d.: Timothée Hil, Victorien Blondeau et Maxime Bouakhasith – Photo Kevin Figuier, Aparté.com

 

« Nous sommes face à des géants, c’est un challenge C’est David contre Goliath« , résume Maxime Bouakhasith, 24 ans, en charge du marketing et de la production chez Tritree. Par un « heureux hasard » en octobre 2015, trois jeunes hommes se rencontrent sur les bancs de Science-Po Toulouse pour la constitution d’« un dossier de création d’entreprise dans le cadre universitaire ». Les trois camarades d’un jour sont aujourd’hui inséparables.

« Nous cherchions une idée originale et suite à un reportage diffusé dans un JT de 20h, nous avons appris que la France est le deuxième plus gros consommateur de chewing-gum au monde », se souvient Timothée Hil, 21 ans, qui porte la casquette de président de Tritree. Selon l’étudiant en 5ème année, la gomme à mâcher est un « produit chimique élaboré avec un dérivé du pétrole ». Fort de ces constats, le groupe trouve un leitmotiv. « Revenir au naturel. »

Après une étude de marché référentielle avec « des questionnaires envoyés à des proches » pour savoir quel critère devait l’emporter parmi l’envie de « fraicheur, de goût, de durée ou encore pour couper la sensation de faim », les trois étudiants sont remontés à l’époque grecque pour trouver une piste afin de résoudre le défi. « On a regardé dans le temps, nous nous sommes intéressés au mastic du pistachier lentisque grec mais c’était pas bon du tout, il y avait un goût de sapin », se rappelle avec rire Timothée. Après d’autres « expériences incertaines » dont la « cire d’abeille », les acolytes s’orientent vers le sapotillier d’Amérique centrale. Cet arbre que l’on trouve principalement au Mexique ou encore au Guatemala a une sève duquel le chiclé est le principal ingrédient de ce chewing-gum saveur menthe. « Afin d’exploiter de manière durable les dix millions sapotilliers, les saignées sur les arbres sont réalisées toute les huit à douze années », explique Victorien Blondeau, 23 ans, qui s’occupe du commercial et de la communication.

Pour ce chewing-gum fabriqué en Haute-Garonne, il n’y aura qu’un seul parfum de disponible pour le lancement de Tritree – Photo Kevin Figuier

 

C’est dans la cuisine de Maxime que se déroule les premières expériences. Pour la fabrication de la pâte avec la sève du sapotillier, il faut compter soixante minutes. « Un chewing-gum, ça colle énormément », rappelle Maxime et les normes d’hygiènes ne permettent pas l’industrialisation d’un tel produit dans la cuisine d’un particulier. Le trio a trouvé, du côté de Baziège (31), un restaurant qui met à disposition son matériel pour de la production à plus grande échelle. De forme triangulaire, la gomme à mâcher prédécoupée se range dans l’un des douze emplacements, eux-mêmes fermés dans une tablette rectangulaire. Tritree sera vendu entre 1,60€ et 1,70€ la tablette depuis leur site Internet, mais aussi sur les épiceries bio, en vrac ou made in France.

Dans un premier temps, les jeunes entrepreneurs se fixent la vente de 300 à 400 tablettes par mois avant d’atteindre un rythme de croisière, « en fin d’année », de 1 500 paquets vendus chaque mois. En parallèle, une campagne de financement participatif pour trouver 5 000€ permettra aux dirigeants de sous-traiter sans passer par la contrainte d’acheter du matériel onéreux. En se passant de crédit bancaire, Tritree devrait être « rentable dès la première année ».

 

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Sur les Internet et sur papier.

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