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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESL’Insane festival, apothéose des musiques électroniques

Toulouse accueillait au début du mois de mai l’Insane festival pour une longue nuit de musiques électroniques en tout genre. Récit de la métamorphose du parc des expositions en un gigantesque dancefloor.

Le light show électrique de l’Insane – Photo Max Guy

 

20 heures, palais de justice. Des vagues de piétons inondent le boulevard. Il en vient de partout, des adeptes de trance, de drum & bass, de hardcorde, de dubstep, de toutes sortes de musiques électroniques, mais aussi des curieux, sourire aux lèvres, bières à la main. Pour sa troisième édition, l’Insane festival fausse compagnie au parc des expositions d’Avignon, mais les avignonnais fidèles ont suivi le mouvement. Ainsi, à 20 heures, la foule est compacte devant l’entrée unique du parc des expositions. Elle peine à entrer. L’Insane se mérite. Depuis 17 heures, pour les plus impatients, le martèlement des basses résonne sur l’île du Ramier.

Pour sa troisième édition, la Pleiade production a encore tapé dans le mille avec de gros noms, tels que Pitch et Anticeptik, Acumen, Radium, et pas moins de 40 artistes. Comme le veut la tradition, le versus entre Dr. Peacock et Le Bask fait se presser la foule dans la salle de la Pandemic stage. Elle accueille pour la nuit les artistes les plus déchaînés de la frenchcore et autres hardcores déjantées. Angerfist, F-Noize et Partyraiser font sauter le public furieux qui en redemande.

 

En images, le live de Dr Peacock VS Le Bask lors de l’Insane 2016, au parc des expositions d’Avignon

 

Encore tout ébouriffés, on franchit le hall immense. Ici, il y a quelques heures, se produisait Dario Rossi, admis dans la grande famille des musiques électroniques… Qu’il joue avec des matériaux de récupération. Des poêles, des woks, des cymbales cabossées, des morceaux de métal de toutes sortes, Dario est déchaîné. Il tape, glisse d’un bout à l’autre de sa scène improvisée ; il est 18 heures, le public trépigne.

 

Dario Rossi et son bazar – Photo Max Guy

 

De l’autre côté du hall, la scène Jungle Juice rivalise de folie. Des rythmes plus lents mais tout aussi puissants. Dirtyphonics travaille des sons hybrides, entre dubstep et drumstep, et Agressor Bunx, duo ukrainien de drum & bass, suspend le public à coup de drop vertigineux.

Aussi, pour les amateurs de trance, comme les années précédentes, l’Insane a fait très fort. Les DJ se succèdent dans une architecture lumineuse, créée par Vizual Invaders. Les couleurs et les formes s’y enroulent et s’y déroulent sur les rythmes de Tristan et Lucas, Killerwatts, ou encore Neelix. La foule voyage.

La Warehouse, plus minimale, est à première vue plus tranquille. Les pas sont plus lents, les yeux plus contemplatifs. Stéphane Bodzin envoûte avec ses mélodies, Romulus et son masque de loup nous transportent dans leur univers. Mais ne vous fiez pas aux apparences, ici aussi le public danse, sur la techno hypnotique de Jospeh Capriati comme sur celle, plus sautillante, de Kölsch.

 

Gare au loup qui rôde dans l’univers planant de Romulus – Photo Max Guy

Enfin, la scène la plus surprenante cette année – après Camion Bazar, surprise du chef – est la Live Stage, qui voit défiler des artistes de musiques électroniques aux influences variées. Lorenzo, Comah, et Reflex, seule artiste féminine de tout le festival, s’y produisent. Balayée par les lumières, la scène évolue au gré des DJ. Les artistes font vivre des sons plus expérimentaux, qui explorent les textures, les changements de rythme et les silences, aussitôt comblés par les rugissements du public. On voudrait que jamais les basses ne cessent.

 

L’électro colorée de Reflex – Photo Max Guy

 

À l’aube, de premières vagues de monde quittent l’île du Ramier. Rompus, ils marchent en petits groupes, traînant des pieds. On dirait des zombies égarés sur le pont Saint-Michel. 5 heures, palais de justice. La station de métro est jonchée de corps, qui envahissent les quais et remontent le long des escaliers. Les gens parlent à voix basses, des bouteilles d’eau circulent, on râle un peu contre l’organisation de la distribution des gobelets et de l’eau, mal expliquée et peu efficace, mais on échange des regards encore pétillants, des sourires complices, « quelle nuit ». Certains ont encore dans les cheveux des couronnes de fleurs, conçues sur place par le fleuriste toulousain Alocasia. Les adeptes de l’Insane ont, aussi, un cœur tendre.

 

La foule en furie qui cache bien son cœur tendre – Photo Max Guy

 

Quand le premier métro arrive, on s’entasse, on rit, on dort, l’idée est émise d’un after chez quelqu’un, s’il y en a qui ont encore des jambes en état et de quoi festoyer quelques heures de plus. Car pour les plus courageux, l’Insane était suivi jusqu’à midi d’un after techno au Rex, porté par Plein Phare et Fall Industry.

L’Insane a conquis une fois de plus les amateurs de musique électronique. Il a fait vibrer les basses dans les ventres pour une nuit animale de danse folle. Pour patienter jusqu’à l’an prochain, Toulouse ne reste pas les bras croisés : le 17 juin, le Bikini reprend le flambeau de l’Inox et héberge le Koalition Summer ClubMicropoint, Unexist ou encore The Mastery, du Peacock Record, viendront faire danser la nuit toulousaine.

 

Radium VS Maissouille enflamment la Pandemic Stage – Photo Max Guy

 

Article rédigé par Julie Perrot

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