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Architecture moderniste, ou comment redécouvrir Toulouse

À l’heure où le néo-tourisme fait ses armes dans le milieu urbain, les façades de la ville deviennent un élément incontournable du paysage touristique. Parmi les visites guidées spécialisées dans le street art et l’urbex (cette pratique consistant à visiter des bâtiments abandonnés), l’architecture prend une place de choix. Petit tour d’horizon des bâtiments modernistes et brutalistes à Toulouse.

 

Marché-parking Victor Hugo — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

 

À Toulouse comme dans beaucoup de grandes villes françaises, les offices de tourisme et les mairies mettent en avant le patrimoine culturel de la ville que l’on appelle “classique”. L’hôtel d’Assezat, les Augustins, l’hôpital Saint-Jacques et tant d’autres sont emblématiques de la Ville rose et un passage obligé pour tout bon touriste qui se respecte.

 

La culture se veut belle, grandiose et… classique.

Mais dans la vie il n’y a pas que ça. Sans renier ces majestueux monuments constitués de briques roses et symboles d’une époque révolue, l’évolution d’une ville ne se résume pas à son architecture classique.

Moins glorieuse, mais tout aussi représentative d’une réalité sociale et culturelle, l’architecture moderne a aussi droit de cité. Moins noble et clinquant, ce style est né après la deuxième guerre mondiale dans un but principalement fonctionnel. Dans un contexte socio-économique compliqué, les architectes anglo-saxons pensent à un bâtiment construit de béton brut aux lignes épurées. Peu cher et malléable, le béton devient l’emblème du mouvement et son utilisation se répand dans toute l’Europe.

Lignes fortes, volumétrie imposante et matériaux bruts définissent le mouvement brutaliste, branche de l’architecture moderne. Il devient même iconique grâce à la Cité Radieuse de Marseille (1947) pensée par l’architecte franco-suisse Le Corbusier. Le mouvement s’essouffle dans les années 80 laissant place au déconstructivisme.

 

Petit tour du propriétaire

Il en reste pourtant de beaux vestiges à Toulouse. Intégrés à la ville, ces immeubles dressent fièrement leurs structures bétonnées et arides en plein cœur du centre ville. Loin de faire l’unanimité, l’architecture brutaliste  fait souvent polémique. Jugé laid et dénaturant le paysage urbain, le bâtiment brutaliste traîne une mauvaise réputation associée au bloc de l’Est de la période communiste. Ses détracteurs n’hésitent pas à considérer le brutalisme comme un architecture radicale et grossière.

Pourtant l’esthétique du brutalisme est très léchée, épurée et tellement apaisante à regarder. Que l’on apprécie ou non, on ne peut nier que ce mouvement controversé donne à discuter. Alors on oublie ces préjugés. Moderne et brutaliste, les bâtiments de Toulouse n’ont rien à envier à leurs prédécesseurs. On lève les yeux et on redécouvre la ville au travers de notre petit parcours concocté rien que pour vous.

 

Une petite carte pour s’y retrouver…

Monoprix

On passe devant très souvent, c’est le temple de la consommation du bobo citadin et on l’ignore platement. Pourtant le Monoprix de la rue Alsace Lorraine cumule beaucoup des caractéristiques du bâtiment brutaliste et tient sans aucun doute du mouvement moderne.
Ces deux grandes façades composées de petites briques sont assez monotones et  l’angle aigu du bâtiment lui donne un air de bastion.

 

Construction entre 1951 et 1967/ architectes Paul de Noyers et Noël Le Maresquier

Monoprix, Alsace Lorraine — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

 

Marché Parking Victor Hugo

Menacé à plusieurs reprises d’être rasé, accusé de dénaturé l’environnement urbain le marché parking Victor Hugo tient toujours tête à ses détracteurs. Une grande hall au rez de chaussée abrite le marché et le premier étage est occupé par cinq restaurants. Hérissé de pointes et de courbes les autres étages sont consacrés au parking. Il est en cours de rénovation pour être mieux intégré à la nouvelle vie du quartier prévoyant la réduction de la circulation motorisée.

 

1958 / Laffitte-Gérard

Marché-parking, Victor Hugo — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

 

Décathlon

De loin le plus difficile à appréhender tant il est en mauvais état, l’actuel Décathlon du boulevard d’Arcole était un l’origine un garage Citroën. Terminé en 1957, le bâtiment se compose à la fois d’une partie dédiée au commerce et alignée sur la rue tandis que des bureaux et des habitations surmontent en diagonale la partie commerciale. L’ancien garage pensé par Paul de Noyers abrite aujourd’hui l’enseigne Décathlon sur plusieurs étages.

 

1957 /  Paul de Noyers

Décatlhon, boulevard d’Arcole — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

 

Magasin Perry

Maintenant fermé, l’enseigne Perry a longtemps été une adresse incontournable de la mode féminine. Sur la place Esquirol, on peut encore voir le nom de l’enseigne en lettres d’or. Sa façade en marbre en fait toute sa particularité et lui donne un aspect luxueux.

 

1964/ Bernard Bachelot

Magasin Perry, place Esquirol — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

 

Pont Saint-Michel

Contrairement aux autres ponts toulousains, celui ci est suspendu. Composé d’arches, les trouées permettent une bonne circulation de l’eau en temps de crue. La technique du béton précontraint permet à l’architecte Eugène Freyssinet de réaliser ce pont de 326 m de long, supporté par de larges béquilles triangulaires à fleur d’eau.

 

1961 / Eugène Freyssinet

Pont Saint-Michel — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

 

Immeuble d’habitation La Comtale

Situé rue Matabiau, le bâtiment ressemble à un gros paquebot. La difficulté du projet résidait dans la construction de 300 logements sur un terrain particulièrement petit. Pari réussi pour ses étages munis de terrasses en quinconce qui lui confèrent un style résolument moderne. L’immeuble très végétalisé grâce à ses grandes jardinières s’intègre parfaitement sur les bords du canal.

 

1978 / Maurice Zavagno

La Comtale, rue Matabiau — Photo Paul Roquecave / Aparté.com

Rédigé par Adeline Lepretre

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Un commentaire

  1. Bonjour,

    Merci pour cet article sur l’architecture moderne et contemporaine encore trés présente à Toulouse.
    Voici un lien pour compléter la découverte de ces monuments au travers de deux plans-guide édités par Toulouse Métropole et la Maison de l’Architecture et disponible sur demande à l’Office de Tourisme :
    http://www.toulouse-tourisme.com/Brochures

    Bonne balade aux amoureux de l’architecture

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