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Les jeunes avec Macron

Cette fois-ci, Aparté.com est allé à la rencontre d’un jeune militant d’En Marche ! Léo est un primo-engagé comme 70% des adhérents du mouvement d’Emmanuel Macron. Un jeune militant qui se positionne comme «ni de gauche ni de droite» sur l’échiquier politique.

 

Sourire aux lèvres, air juvénile, cadence assurée, Léo est âgé de 18 ans. Vêtu d’un sweat-shirt à capuche “En Marche”, le jeune citoyen s’engage en politique suite à un débat en classe d’économie au sujet de la loi Macron. Avec une sensibilité qu’il juge «plutôt de gauche», Léo souhaite progressivement devenir plus actif. Son leitmotiv: «faut se bouger, faut agir», le pousse à contacter le cofondateur de la page Facebook Les Jeunes avec Macron pour se joindre au mouvement. Pour cela, pas besoin de cartes “encombrantes”, comme dans les partis traditionnels, ici on se reconnaît plutôt dans un “esprit de corps”. “C’est bien plus convivial !”, s’enorgueillit-il.

 

Un mouvement “très  horizontal” ?

Dans une même idée, il présente ce mouvement comme très horizontal: pourtant pour les 20 000 adhérents éparpillés entre la structure centrale de Paris et des comités locaux sur tout le territoire, rien ne semble réellement différer. Il existe trois référents adjoints locaux, dont un départemental, en l’occurrence, Léo. Chacun d’entre-eux coordonne les adhérents et manage les réseaux sociaux, l’événementiel, les mobilisations… Sans oublier ce qu’il nous présente comme la «stratégie», un nom mystérieux, qui cache en réalité des soirées et cafés-débats organisés en parallèle de l’actualité et des tendances d’un instant “T”. Léo confie tenir un rôle clé, «au cœur de tout afin que cela fonctionne pour le mieux». Toutefois, après le collage des affiches, aucune distinction. Tout le monde s’affaire au nettoyage et la hiérarchie s’évapore.

Plus spécifiquement, en Haute-Garonne ils sont environ deux cents. Das le département, ils se déplacent, tractent et ciblent des établissements d’enseignement supérieur. Toutefois, les facultés de Toulouse ne sont pas toutes réceptives au mouvement politique porté par Emmanuel Macron. Lors de certaines rencontres avec le public estudiantin de l’Université Toulouse — Jean-Jaurès, Léo raconte l’agression physique de deux membres d’En Marche !

 

« Ils sont allés tracter tranquillement, après l’avoir communiqué sur l’antenne jeune, comme toujours et des étudiants leur ont jeté de la farine dessus avant de leur faire comprendre de partir et surtout de ne plus revenir. C’est dommage pour l’ensemble des étudiants, on le déplore », ajoute-t-il en confiant avoir des amis là-bas potentiellement intéressés.

 

Cet engagement est né aussi d’un vif intérêt porté pour la démarche de ce personnage «nouveau et dynamique». À l’image d’En Marche ! Le Tour, entrepris pendant trois mois au printemps-été dernier : un porte-à-porte local traverse le département. Une opération minutieuse qui fait écho à la volonté nationale d’aller à rencontre de la population française et de «réaliser un diagnostic» sur l’état du pays et auprès de celles et ceux qui veulent bien leur ouvrir la porte de leur maison pour les écouter. Bilan des opérations de porte-à-porte? “Si on souhaitait recueillir 100 000 questionnaires, seuls 25 000 ont finalement été récoltés, puis examinés par une centaine d’experts afin d’établir un programme”, explique le jeune homme. Pour les militants, prendre part à cette action de grande ampleur leur donne le sentiment d’occuper d’importantes responsabilités et fidéliser les troupes sur le long terme.

 

“Qu’est-ce qui ne marche et ne marche pas ?”, Léo.

 

Taper aux portes devient donc de plus en plus naturel «dès lors qu’on se présente sans vouloir vendre quelque chose : c’est le déclic!», poursuit le jeune homme. En parlant de déclic, le parfait militant d’En Marche! est systématiquement hyper connecté et soumet, via l’application du parti, des questions d’ordre générales : «Que pensez-vous de la politique en France?” «Qu’est ce qui marche et ne marche pas?», «Quel est le pire et le meilleur événement de l’année pour vous? (Une embauche, un licenciement…)», «Connaissez-vous les associations près de chez vous?»

 

Demandez le programme !

Pour Léo, désigner le candidat est une démarche bien plus cohérente que les primaires organisées par un parti. En effet, il soutient que si on choisit d’abord le candidat et ensuite le projet, c’est à rebours de la volonté du postulant à l’Élysée. Toujours selon le jeune responsable politique, Macron est perçu comme celui faisant un assemblage entre des idées progressistes de droite, de gauche, du centre et surtout de la société civile. Léo le voit comme l’unique candidat capable de sortir la politique française du divorce plus que consommé entre la gauche «de l’égalité» et la droite de la «liberté». Macron est, pour lui, la troisième roue du carrosse, cette «fraternité» permettant aux alliances de se réconcilier, à l’inverse des primaires qui mènent à l’implosion générale des partis traditionnels.

À l’image de son candidat, “des sujets aussi importants que l’Europe méritent une analyse car aujourd’hui, nous en avons besoin”, explicite Léo. Dans l’une des problématiques européennes, la gestion de la crise des réfugiés où En Marche réclame “une Europe forte, puissante dans l’union des pays qui la composent” et qui garantisse un accueil digne pour les demandeurs d’asile.

Benjamin de cette élection présidentielle, depuis un certain temps, Emmanuel Macron parle beaucoup aux jeunes croit savoir Léo. Parmi les autres mesures qui trouvent un écho auprès des jeunes soutiens c’est celle de la carte “culture” d’un montant annoncé de 400 euros. Mais silence radio quant à son financement, sa délivrance et les modalités d’utilisation.

Au sein des jeunes militants «de tous les jours», on s’active et programme à la minute près toute l’action de terrain et celle on air, de ce court laps de temps :  

 

«Il est important de s’engager, de sensibiliser, par exemple, dès septembre on  a entrepris une sensibilisation à l’inscription sur les listes électorales, au sein des lycées afin que les plus jeunes se prennent d’intérêt pour la politique ».

 

Un mot pour définir Emmanuel Macron ? «Pédagogue ! Et pragmatique !”, assure Léo.

Il ne reste plus que quelques heures avant le premier tour.

Rédigé par Sonia Chabane

From Nice to Sciences Po Toulouse, writing on my way to somewhere else.

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Un commentaire

  1. Sensibiliser les lycéens à la politique en leur expliquant que le “tous pourris” c’est du blabla quand on est militant de EM! la démarche me semble assez paradoxale.

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