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TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESEn Aparté avec Youthstar

Youthstar est le plus français des rappeurs anglais… ou peut-être l’inverse. Il était à Toulouse pour accompagner ses copains de Chinese Man la semaine dernière. Les cocottes se sont envolées à sa rencontre.

« Blah! » – Idhir Baha, Aparté.com

 

Aparté.com : Ce soir, tu es à Toulouse pour rapper sur certains titres de Chinese Man. Ça fait quelques temps qu’on te voit à leurs côtés. Quelle est ta place au sein de ce groupe ?

Youthstar : Aujourd’hui, je suis une espèce de MC officiel pour eux. Qu’ils soient en concert à l’étranger ou en DJ set quelque part, je serai avec eux sur scène. Ils sont devenus des amis très proches. C’est un peu comme la famille.

 

Aparté.com : En plus de ça, on voit ton nom s’afficher auprès d’autres groupes français comme Deluxe ou les Scratch Bandits Crew. Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de jouer avec autant de groupes différents ?

Youthstar : Quand j’ai commencé, c’était sur la scène drum’n’bass. Je travaillais avec beaucoup de personnes différentes. Très vite, je m’y suis habitué. Les différences qu’il y a entre les styles, et les artistes, j’adore ça. Après, comme je te disais, je suis avec Chinese Man tout le temps. Du coup, ça me laisse un peu moins de temps pour travailler avec d’autres.

 

Aparté.com : Après vingt ans de carrière, tu sors au mois de juin prochain ton premier EP solo. Pourquoi est-ce que t’as décidé de prendre cette nouvelle direction ?

Youthstar : J’ai passé beaucoup d’années à faire des featurings à droite à gauche. Maintenant, j’ai envie de faire par moi-même. Je veux montrer ce que je peux faire. Ça fait des années que tout le monde me dit « vas-y mec, fais ton truc solo ». Là, c’est arrivé un peu tout seul. J’ai signé chez Chinese Man Records, c’est tombé au bon moment. On profite de la tournée Chinese Man pour faire ma promo en même temps. Après, sur cet EP solo, il y a bien sûr des featurings avec d’autres personnes.

 

« C’est vrai qu’à la maison j’écoute pas du Tchaïkovski ou du Beethoven »

 

Tu collabores notamment sur un titre avec Big Red. Souvent ce qu’on retient de lui, c’est l’engagement qu’il a mis dans sa musique avec Raggasonic. C’est pour ça que tu l’as choisi ?

Je le connaissais de la scène drum’n’bass quand on tournait avec nos délires respectifs. J’ai déjà été sur un de ses albums. J’aime bien son style, ce qu’il fait. Petit à petit, on est devenus des amis. C’est vraiment pour ça que je le voulais. Tous les gens que j’ai sur mon EP, c’est important le feeling que j’ai pour eux.

 

Donc, pour toi, la musique elle se fait entre amis ?

Oui… et non. Il y a des artistes qui sont pas mes potes et avec qui j’aimerais travailler. Mais je préfère quand même connaître personnellement les gens avec qui je bosse. Un type hyper-connu mais malpoli, j’ai aucune envie de bosser avec. Il faut vraiment un bon feeling.

Feeling – Idhir Baha, Aparté.com

 

Depuis tout ce temps et grâce à toutes ces rencontres, ton goût pour la musique a-t-il évolué ?

C’est clair que je n’écoute plus la même musique qu’avant. Après, je suis carrément ouvert à plein de choses. Je suis influencé par des trucs super différents.

 

Cette ouverture, tu l’avais déjà quand t’as commencé à 15 ans ?

Bon, mes tous premiers débuts remontent même à mes onze ans. Et à treize ans, j’avais ma propre radio pirate. C’était ça à notre époque dans les quartiers. Après, je suis arrivé en France, en Charente. Et là, plus rien ne se passait. J’écoutais beaucoup de hip-hop. C’est sur la scène drum’n’bass que j’ai vraiment commencé et percé. C’est un peu après que je me suis ouvert à d’autres délires.

 

Et donc, qu’est-ce que tu penses des scènes musicales aujourd’hui ?

Il y a toujours du positif et du négatif. Ce que tu entends à la radio, c’est toujours la même chose. Tu te fais toujours défoncer les tympans, et ça m’emmerde. C’est hyper fermé comme système. On passe à côté de pleins d’artistes très talentueux. Je préfère dénicher des trucs qui sont un peu cachés.

 

Cette uniformisation dans la radio, ça te donne pas envie de reprendre une radio pirate comme quand t’étais petit ?

Oui, un peu, peut-être. Après, c’est quand tu fais des tournées de concerts que tu t’exprimes vraiment. C’est en soirée que tu rencontres de vrais artistes. J’en ai découvert des tas, c’est comme ça que ça se passe. On peut facilement être trompé par une version studio. Après, il y a les réseaux sociaux qui chamboulent le truc.

Perspectives – Idhir Baha, Aparté.com

 

En tant qu’anglais vivant en France, tu t’intéresses plus à laquelle de ces deux scènes aujourd’hui ?

C’est clair que je suis pas un gros fan de rap français aujourd’hui. Je préférais ceux d’avant. Mais, ce ne sont que mes goûts. J’essaye de rester ouvert à ce qui se fait. Je veux pas faire de différences entre les scènes des différents pays. L’important, c’est la musique.

 

Du coup, qu’est-ce que tu souhaiterais pour la musique de demain ?

Ouh… ça va être difficile de te répondre en français.

L’interview se poursuit en anglais. Les réponses ont été traduites.

Je veux juste que les artistes qui n’ont pas la chance d’être entendus puissent l’être. Que ceux qui bossent et qui ont du talent soient entendus. Ça, c’est vraiment important parce que la musique a une grosse influence sur le monde. C’est extraordinaire. Ça rassemble des gens vraiment très différents les uns des autres. La musique, c’est un langage universel. C’est accessible où que tu sois, et qui que tu sois.

 

« La musique doit toujours rester ouverte et accessible à tous »

Qu’est-ce qu’il manque à Internet pour rendre ça possible ?

Internet rend pleins de choses accessibles mais reste assez fermé. Ça ne te donne pas l’occasion d’aller à des concerts. Tout le monde n’a pas l’argent pour. Il faudrait pouvoir amener les shows et les soirées dans tous les villages qui n’en ont pas encore. C’est pas forcément possible, mais ça serait un monde parfait. Que tout le monde puisse faire l’expérience de la musique en live. C’est tellement plus important que Youtube et Facebook. Danser et sentir tout le monde autour de soi dans la même vibration. C’est comme ça que les gens se rencontrent.

 

Est-ce que tu fais de la musique pour rassembler des gens qui ne se côtoient pas ?

Je fais de la musique parce que ça me passionne. Tu vois, ce que j’aime, c’est pas le foot, mais c’est la musique. Quand j’étais petit, je gardais mon argent de poche pour acheter des CDs. Mon premier c’était la reprise des Fudgees de Killing me softly. Je ne sais pas ce que je serais sans la musique. J’adore voir tout le monde s’éclater et devenir fou en concert. C’est une putain de sensation de voir ça depuis la scène.

 

Propos recueillis par Julie Perrot et Valentin Chomienne.

 

Article rédigé par Valentin Chomienne

Rédacteur en chef culturel.
Autodidacte de l’écriture, amateur sans bornes de musiques, aimant à bonnes ondes sociétales : avec le moins de préjugés possibles, l’objectif rêvé est de se battre pour l’ouverture des cœurs et des esprits.

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