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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESLe Festival Taul’Art nous interroge sur la réalité des prisons

Le Genepi récidive avec l’organisation cette semaine de la 13e édition du festival Taul’Art à Toulouse. Du 27 mars au 7 avril se dérouleront débats, projections, témoignages, expositions, dans le but de sensibiliser le public aux conditions de vie en milieu carcéral.

Affiche de la 13e édition du festival Taul’Art — © Genepi Toulouse

 

Le festival Taul’Art est une création de la branche toulousaine de l’association Genepi. Le festival fête cette année sa 13e édition, et a toujours pour objectif de « briser les idées reçues et d’interroger la soi-disant utilité de la prison ». Scène-ouverte, exposition, ciné-débat, témoignages, soirées quizz et théâtre-forum sont donc organisés gratuitement cette semaine dans des cinémas, bars et quartiers de Toulouse afin de faire réfléchir à la détention et aux conditions de vie des personnes incarcérées. Le dimanche 2 avril, au marché Saint Aubin, il sera même possible de littéralement goûter à la vie de détenu en testant les plats disponibles en prison.

 

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Une cellule-type exposée au Capitole

C’est une drôle d’installation qui attendait les badauds lundi au square Charles de Gaulle : une petite boite de 9m², supposée représenter une cellule ‘typique’ de prison française. À l’intérieur on trouve un lit superposé, un coin douche, une plaque de cuisson portative et un petit téléviseur. En fond sonore, des bruits enregistrés au sein d’une prison : cris, coups… on nous assure que l’on est encore loin du bruit réel d’une prison.

 

« Le taux d’occupation d’une prison peut atteindre 300%, avec une moyenne nationale de 120% », Marie, bénévole au Genepi

 

« Mon cousin est passé en taule et il n’avait pas tout ça », signale un visiteur de la cellule-modèle. Marie, étudiante en master à Sciences Po Toulouse, nous indique qu’il s’agit ici d’une cellule-type, mais qu’il en existe bien d’autres, parfois moins bien loties. En tout cas l’ensemble est exigüe pour deux personnes, d’autant plus que « le taux d’occupation d’une prison peut atteindre 300%, avec une moyenne nationale de 120% ». On a du mal à imaginer comment plus de détenus pourraient tenir dans cette boite, mais la sur-occupation carcérale est apparemment une réalité malheureusement très fréquente dans les prisons hexagonales.

 

 

Des réactions variées

Si le festival a pour but de faire réfléchir le public à la réalité du monde carcéral, les opinions sur la question sont nombreuses, et les réactions diverses. Ayant à peine franchi le seuil de la fausse cellule, une dame nous confie se sentir déjà oppressée par l’étroitesse du lieu. Deux policiers municipaux passent devant le stand, « moi je suis pour la prison, dès que l’individu a l’âge de comprendre ses actes », déclare l’un d’eux. Certaines réactions sont franchement plus hostiles voire agressives. Un homme propose le rétablissement de la peine de mort afin de lutter contre la surpopulation carcérale, un autre menace « vous changerez d’avis si vous vous faites violer », bonne ambiance.

 

« Moi je suis pour la prison », un policier municipal de passage devant le stand

 

Une association à l’œuvre depuis 40 ans

Le Genepi a été créé en 1976 à la suite d’émeutes en prison. Il avait pour but de créer un lien entre étudiants et détenus. Aujourd’hui, l’association étudiante revendique 1200 bénévoles en France.

Elle continue sa mission au travers d’interventions dans les prisons qui prennent la forme d’ateliers socioculturels (visionnage de film, animations artistiques, ateliers d’écriture, jeux, discussions autour de l’actualité…), mais aussi d’actions de sensibilisation du public dans lequel s’inscrit le festival Taul’Art à Toulouse.

Les meetings entre bénévoles sont aussi l’occasion de réfléchir et débattre entre eux des problématiques concernant la prison. Si la critique des conditions de détention et la volonté de réduire le nombre de détenus sont partagées par tous les membres de l’association, ils ne sont pas tous d’accord sur tous les points. Les plus radicaux se prononcent pour la suppression totale des peines de prison. D’autres imaginent une augmentation des peines alternatives avec par exemple le recours au bracelet électronique, « beaucoup plus économique que la détention ».

 

// Retrouver le programme du festival Taul’Art en PDF

Article rédigé par François Cellier

Flâneur — Origami master — Rédac' chef bis — Chez Aparté.com depuis septembre 2013.

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