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En Aparté avec … Laure Faghol, du festival “Des Images aux Mots”

C’est ce mardi 7 février à l’occasion de la projection du documentaire Chemsex qu’Aparté.com a rencontré la présidente du Festival, Laure Faghol dans le bureau de l’American Cosmograph. Elle livre, avec passion et sincérité, l’origine et l’essence de cet évènement.

Entretien avec la présidente du festival Des Images aux Mots, Laure Faghol

 

 

10 ans que le festival de films LGBT « Des Images aux Mots » partage sa vision de tolérance et d’amour au travers d’une sélection cinématographique diversifiée. Partis d’un groupe de cinq bénévoles, ils ont réussi, au fil des éditions, à proposer un festival engagé et ouvert à tout public. 

La dixième édition intramuros s’est terminée dimanche 12 février, mais se poursuit dans la région occitane jusqu’au 26 février. Laure Faghol a accepté de répondre à quelques questions sur l’origine de ce festival qui offre une vision neuve sur les communautés lesbiennes, gays, bi et trans et fait la part belle au dialogue. 

 

Aparté.com : Quand a été crée le Festival ?

 

Laure Faghol : Le Festival des Images aux mots a été créé en 2008 par l’association toulousaine LGBT Arc en Ciel. Elle organisait ponctuellement des projets cinémas avec les cinémas d’Art et d’Essai de Toulouse (Utopia, Cinémathèque, ABC) au cours de la mi-juin, notamment avec l’évènement de la GayPride. Ce festival s’est développé petit à petit avec l’encouragement des cinémas toulousains. L’objectif est de montrer des films qui parlent d’homosexualité et de transsexualité au sens large et surtout donner une chance aux films qui ne trouvaient pas de distributeurs.

 

C’est un moment de partage, d’échanges. Nous offrons des moments de rencontre avec la projection des films, les débats et les vernissages.

 

Aparté.com : Comment choisissez-vous les films que vous projetez lors du festival ?

 

Laure Faghol : Il y a un important travail de recherche. Néanmoins, le festival est de plus en plus connus par un certain nombre de distributeurs étrangers, comme Wolfe Video, une boite de production américaine, qui nous envoient directement des films. Il y a également des films LGBT au marché du film du Festival de Cannes. Les films proposés sont divers et variés. Il peut s’agir d’une comédie légère et grand public dans l’après-midi et d’un documentaire plus pointu et moins abordable le soir même. La thématique principale est l’homosexualité et la trans-identité.

 

Aparté.com : Qu’est-ce qui fait vivre le festival ?

 

Laure Faghol : Depuis 10 ans, nous tissons un réseau avec un ensemble de partenaires (festivals de cinéma de la ville : Ciné Latino, Cinespaña, Rencontres du Cinéma Italien, Institut Cervantes, ABC, American Cosmograph, Cinémathèque). Malgré des ressources limitées, le financement de ce festival se fait grâce aux subventions des collectivités territoriales, des financements privés (publicités) et la billetterie.

 

Bande d’annonce du Sociologue et  l’Ourson, un des films proposés au festival

 

Quels ont été les retours du public au cours des 10 années du festival ?

 

Laure Faghol : Les retours ont été très positifs et encourageants. En effet beaucoup de personnes se sentent directement concernées par les thèmes évoqués dans les films. Il y a un besoin d’identification et de reconnaissance pour les individus de la communauté LGBT à travers le cinéma, un besoin de voir une histoire d’amour qui nous ressemble. À Toulouse il y a un public plutôt communautaire, contrairement au cadre régional où le public est plus varié. Il y a une réelle diversité dans les échanges.

 

Les films proposés sont divers et variés. Il peut s’agir d’une comédie légère et grand public dans l’après-midi et d’un documentaire plus pointu et  moins abordable le soir même

 

Est-ce que vous pensez que la vision portée sur les LGBT en France est moins affirmée que dans d’autres pays comme l’Angleterre ou les pays nordiques ?

 

Laure Faghol : Je situerais la France à mi-chemin, on a quand même une forme de protection par la loi et une reconnaissance largement supérieure à pas mal de pays comme les pays asiatiques, africains, et de l’Europe de l’Est. Par rapport à l’Europe de l’Ouest, la France est un pays conservateur avec des avancées timides. Il y a retour de flamme des mouvements catholiques, religieux qui ré-émergent alors qu’on les pensait disparus. Mais la société française a quand même évolué alors que le monde politique semble être en retard par rapport à l’opinion générale, c’est une société encore mitigée.

 

Si vous deviez décrire l’ambiance générale de festival en un mot ?

 

Laure Faghol : Je dirais la convivialité, c’est un moment de partage, d’échanges. Nous offrons des moments de rencontre avec la projection des films, les débats et les vernissages. Certains films nécessitent un accompagnement, comme ChemSex (par William Fairman et Max Gogarty) dont la projection été suivie d’un débat avec le sociologue Romain Amaro et les associations LGBT toulousaines comme AIDEs ou Act up. Nous voulons montrer des choses et pouvoir en parler, le titre de notre festival Des Images aux Mots exprime, à travers le jeu de mots, la volonté de partir des images (films, photos) pour aller vers les mots grâce à la discussions, aux échanges, aux débats et à la dynamique de partage.

 

/ / / Des Images aux Mots se poursuit dans la région du 13 au 26 février :

 Pour en savoir plus, c’est par ici 

 

par Alexis Cabrit et Lucie Combes

Rédigé par Lucie Combes

Attendez, (A)partez pas si vite !

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