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En Aparté avec… ANT-1

Retour de la tant attendue X-Arts Party pour la 6ème édition ce jeudi 23 au Connexion Live. Des artistes sont venus se prêter au jeu des portraits d’Aparté… Voici : ANT-1, un artiste à écouter sans modération.

 

 

Un thème « Urban Jungle » détonnant pour cette nouvelle édition. Au programme, une atmosphère allant du gris anthracite au vert bouteille. Le pôle événementiel d’Aparté prévoit une sélection éclectique mêlant pop-électro, DJ sets disco, soul, hip-hop, un défilé de mode et de nombreuses expositions.

/ / / Pour en savoir plus sur les X-Arts c’est par ici !

 

Aparté.com : Pour les petits nouveaux, ANT-1 quand, où et comment est-ce que cela a commencé ?

 

ANT-1 : C’est compliqué, même si ce n’est pas récent, au final c’est ma première date publique au Connexion. Depuis environ deux ans maintenant je fais de la prod, des scratchs, de la musique perso, en underground avec mes potes. Un de mes potes fait du beat hip-hop. J’ai commencé un peu avec lui avec des logiciels tous pourris qu’on trouve sur internet, comme Frutilup.

 

 De mon côté, je fais plutôt de la musique au feeling et pas forcément contre une chose ou une autre.

 

Depuis j’ai acheté mon propre matériel et je me suis vraiment lancé là-dedans. Finalement, c’est mon boulot à la radio qui a été le plus formateur. Cela prend énormément de temps on touche à tout, aux vinyles, à la programmation. Je m’occupe aussi du site internet, et des émissions en plus. En fait, « on m’a lancé » plus que je ne me suis lancé. Un peu par hasard, un peu par connaissances et  grâce ma copine surtout. En vérité, j’attends beaucoup de cette soirée, pour enfin avoir un retour.

 

Aparté.com : Sans forcément spoiler tout le line-up de la soirée de jeudi, une soirée « Urban Jungle » cela te parle ? Qu’est-ce que cela t’inspire musicalement parlant ?

 

ANT-1 : La jungle urbaine, ça me parle personnellement. Je l’interprète surtout avec le hip-hop et la house garage anglo-saxonne un peu contestataires des années 80s et 90s. En fait, par « contestataire », j’entends qu’après les années 70’ et particulièrement dans les années ‘80s s le hip-hop américain a vachement évolué et pris un tournant différent. C’est devenu le vecteur d’un message qu’on ne trouvait pas auparavant et qui dénonçait ce qui ne fonctionne pas dans la société. De mon côté, je fais plutôt de la musique au feeling, et pas forcément contre une chose ou une autre. Je considère plutôt que c’est le rôle du graphisme ou de la photo, comme on pourra en voir jeudi.

 

Justement, d’où est-ce que tu tires ton influence ?

 

En réalité, quand j’étais gamin le hard-rock et métal me branchaient plus.  Mon père en écoutait pas mal, Metallica en tête. Il y a longtemps je suis allé au Hellfest. Pour moi, c’était de loin la meilleure ambiance que j’ai pu voir jusque-là, vraiment humaine et conviviale. Ensuite, je me suis tourné vers un rock un peu plus progressif, plus cheper et moins bourru, mais c’est seulement au lycée et à la fac que je me suis mis à tout.

Pendant 3, 4 ans, je me suis ouvert à tous les styles, grâce à des amis j’ai découvert le hip-hop des années 80’s-90’s. Ils m’ont fait redécouvrir ce style et j’ai complètement accroché. Ma première écoute, c’était The Parcyde, un groupe Américain de hip-hop formé dans les années 90’s à Los Angeles. Ils ont fait deux premiers albums particulièrement incontournables, en 1992 Bizarre Ride II the Parcyde et en 1995 Labcabincalifornia. Ensuite, des histoires et des séparations ont un peu brouillé leur musique. Il n’a fallu que d’une chanson pour que mon groupe de potes et moi restent bloqués dessus.

 

Passin’ me by, The Pharcyde (mars 1993)

 

Aujourd’hui, selon toi, le old-school est toujours possible ?

 

Parfois je trouve des trucs un peu old-school sympas, mais jamais égalables à ce que le hip-hop des années 90’s a pu faire, à certains beats mythiques. Par exemple, 1.9.9.5 a d’énormes influences de cette période-là, mais ils proposent aussi de grosses innovations. C’est le jeu, ils s’adaptent au public. Je fais ma propre musique aujourd’hui probablement pour ça. Un jour je me suis dit : « Si personne en fait, autant la faire moi-même, comme ça j’en profite un max ! ».

 

À la X-Arts de jeudi vont se croiser un certain nombre d’artistes, des expositions, un DJ, des danseurs et même le défilé de la marque DOPE’N’LOUD. Pour toi, est-ce plutôt un mélange inhabituel ou une rencontre comme une autre ?

 

Plutôt une alliance que je connais, mais toujours aussi intéressante. En effet, avec mon travail dans la radio, chaque année, j’ai l’habitude de me rendre au Festival d’Avignon où tous les arts se rencontrent. Du théâtre, de la danse, de la musique… C’est très enrichissant !

 

On a aussi vu émerger un grand nombre d’associations pour prendre en charge le milieu culturel. Toulouse, ça bouge toujours.

 

Ce soir, on verra un défilé de mode d’une marque branchée street wear, le DJ et surtout disquaire Pierre Bardoux et d’autres. Je l’ai déjà entendu mixer, il va nous sortir plein de pépites exotiques et jazzy. Pour ma part, ABS&CO vont rapper sur mes sets, je les ai rencontrés par hasard à une soirée et ils sont vachement cools. Je ne pensais pas qu’on allait collaborer ensemble. Ça s’est fait par hasard et je pense qu’ils vont bien gérer.

 

Aparté multiplie son influence à Toulouse, d’une part un webzine et de l’autre de l’évènementiel. En quoi c’est important aujourd’hui de faire vivre la scène locale selon toi ?

 

Ce n’est pas un phénomène nouveau, on s’est toujours intéressé à ce qui se fait au niveau local. La scène toulousaine est particulièrement mouvante, de nombreuses influences se côtoient puisque c’est l’une des premières villes étudiantes de France. Malheureusement, depuis trois-quatre ans, la culture indépendante se réduit.

 

Si personne en fait, autant la faire moi-même, comme ça j’en profite un max !

 

Le nouveau maire a fermé de nombreux lieux pour cause de tapage sur les riverains. C’étaient des bars, des cafés où des petits groupes toulousains avaient l’habitude de se produire. La Dynamo, par exemple, était un bar branché dans le centre-ville avec une grande salle connue par tous. Depuis janvier, l’organisation des soirées se complique, on doit s’y prendre quatre mois à l’avance et non deux ! Mais on a aussi vu émerger un grand nombre d’associations pour prendre en charge le milieu culturel. Toulouse, ça bouge toujours.

 

Avant d’arriver tu m’as parlé d’un enregistrement : un projet musical est en route ?

 

Pas pour tout de suite, j’enregistre pour la radio. J’anime mon émission de hip-hop “Light Pop” avec des potes sur Radioradiotoulouse que vous pouvez entendre le samedi soir après 23h. J’en profite pour passer mes prod, mes potes rappent dessus, c’est l’occasion de se retrouver. Disons qu’avec la soirée de jeudi c’est véritablement un test de réception du public. J’attends des retours, des critiques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Je suppose que ça ne peut-être qu’encourageant.

 

Les X-Arts en sont désormais à leur 6ème édition… Un thème pour la prochaine édition, une soirée à proposer ?

 

Rien d’autre qu’une Block Party à l’ancienne ! Juste derrière l’Arsenal dans cette cour complètement abandonnée aux murs couverts de graffs. Ça serait génial d’organiser cela en été, peut-être pas une soirée, mais une après-midi avec pleins d’artistes, des grapheurs, des danseurs, des artistes qui se mélangeraient… Enfin, je rêve, on ne nous laisserait jamais faire ça…

 

Chiche ?

Retrouvez ANT-1 et tous les invités de la X-Arts # 6 ce soir au Connexion Live !

8 rue Gabriel Peri Toulouse
Métro ligne Ⓐ et Ⓑ Jean Jaurés 
PAF: 5€ avant 22h (8€ ensuite)

Rédigé par Sonia Chabane

From Nice to Sciences Po Toulouse, writing on my way to somewhere else.

Attendez, (A)partez pas si vite !

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