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Toulouse a demandé Odezenne

Après le Connexion Live en 2013 et le Metronum l’année dernière, le groupe Odezenne s’est emparé du Bikini le 24 novembre dernier. Intégré à la tournée “à la demande”, le film documentaire Subland à été projeté à l’American Cosmograph de Toulouse. Rencontre avec Noël Magis, réalisateur et ami du groupe.

 

Photo Le Bikini

 

Lancée en avril dernier, la méthode de booking participative « Odezenne à la demande » a encore frappé et rassemblé les internautes de toute la France pour faire venir le trio bordelais dans la ville de leur choix. Fort du succès croissant de « Toulouse à la demande », Odezenne a rapidement confirmé une date dans la Ville rose, ouvert la billetterie au mois de juin sans pour autant arrêter de lieu. Après le Connexion Live en juillet 2013, c’est la salle du Bikini qui a été retenue et annoncée en juillet pour cette nouvelle édition OAD. Odezenne ne s’y est pas trompé, les toulousains étaient au rendez-vous ce jeudi 24 novembre dans une ambiance survoltée. Après Equipe de Foot en première partie, c’est un public conquis qui a repris en cœur les paroles engagées et sulfureusement poétiques du groupe.

 

« ❤❤❤❤❤TOULOUSE❤❤❤❤❤
C’était incroyable!!!!
#-2kg #45° »

Maryvonne Odezenne

 

Cette tournée a également mis en avant le film-documentaire Subland produit par Dublin Films, sorti début 2016 après deux ans de tournage. On y retrouve Alix, Jacques et Mattia dans leur quotidien d’artistes indépendants. Ce reportage de 53 minutes les suit au moment où ils partent à Berlin pour écrire, composer et enregistrer leur troisième album, Doltiziger Str. 2. Parallèlement on les retrouve dans le défi qu’ils se sont lancé en 2015, autoproduire et remplir l’Olympia. Plusieurs projections ont été programmées dans les villes de la tournée dont trois à l’American Cosmograph (ex-cinéma Utopia) à Toulouse.

 

Récap’ du film

Aparté.com a aimé le film qui attise l’impatience de les retrouver en live. Bluffé par le naturel du groupe, le public est plongé dans le quotidien de la débrouille et du système D des musiciens indépendants. On y retrouve le trio à la fois sur les réseaux sociaux pour faire leur auto-promotion, mais aussi dans des tâches plus artisanales comme l’emballage de leur nouvel album.

Cette immersion fait surtout prendre conscience des difficultés du statut de groupe indépendant en France. À cause de leur voyage de 5 mois à Berlin, le groupe perd son statut d’intermittent, comment alors concilier création et manque de revenus ? C’est un film critique qui pose des questions et soulève des problèmes.

Pourtant, le documentaire ne manque pas d’humour. Mention spéciale à cette scène surréaliste où Jaco  peste contre un scrabble allemand qui ne possède qu’un seul Q et un seul P. Difficile de comprendre de prime abord son agacement, mais quelques minutes plus tard la salle est amusée. Sur la table basse du salon, les lettres du jeu forment une phrase :

“En effet June un chowchow dodu pisse des zigzags tremblants sur la défunte barrières”

Le seul bémol est peut-être la durée du film, mais c’est parce que l’immersion est réussie qu’on aimerait qu’il dure plus longtemps. En résumé, c’est un film-documentaire à voir pour tous les amateurs du groupe. Les spectateurs curieux peuvent en apprendre plus sur la détermination et l’énergie d’un groupe indépendant.

 

Petit entretien avec le réalisateur

À cette occasion on a posé quelques questions à Noël Magis, le réalisateur du film, qui travaille déjà depuis plusieurs années avec le groupe. Il a notamment produit deux de leurs derniers clips « Souffle le vent » et « Boubouche » grâce à sa société de production Mamalova Productions et réalisé la pochette de leur premier album « Sans. Chantilly » sorti en 2008.

 

Aparté.com : Pourquoi Odezenne ? Comment vos chemins se sont-ils croisés ?

Noël Magis : Je connais les membres du groupe depuis plus de 20 ans. J’étais au Lycée avec Alix et Mattia. Sans cette proximité je n’aurais jamais fait le film. Je voulais évoluer avec eux en tout liberté. Je voulais une caméra de l’intime qui donne tout sa place au cinéma du réel. Il me suffisait de prévenir la veille et je venais tourner quelques images, ou pas. Ma présence importait peu. À Berlin je dormais dans le même appartement que le groupe. Du coup ma présence dans le film est très discrète. Dans l’histoire qui se raconte je crois qu’on sent très peu la caméra. Et en même temps je capte des moments de l’intime qui suppose d’être omniprésent au tournage.

 

Le processus de création est omniprésent dans le film, surtout pendant le séjour berlinois des garçons. C’était l’idée de départ ou une évidence qui s’est révélée pendant le tournage ?

L’idée a toujours était de faire de la création berlinoise le cœur du film. Un moment à la fois précieux et fragile pour le groupe. Mais Subland parle aussi de l’indépendance artistique. Il fallait contextualiser cette création en montrant le développement du groupe : les relations avec les tourneurs, les réseaux sociaux, les salles… c’est la confrontation de ces deux univers qui m’intéressait.

 

Et si on a raté Subland à l’American Cosmograph … on va ?

On va sur le Facebook de Subland. Il y a toute l’actualité du film.

En attendant, on se console avec “Souffle le vent” réalisé par Noël Magis et qui débute dans la Doltziger Straße (Berlin) où le trio a séjourné pendant 5 mois.

Rédigé par Estelle Bourlaud

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