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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESOn a testé pour vous… le Festival de BD de Colomiers

Du 18 au 20 Novembre se tenait la 30ème édition du festival de bande dessinée de Colomiers. Aparté.com présent sur les lieux se remémore pour vous l’expérience, non sans nostalgie. 

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Après un long périple, nous posons les pieds à Colomiers. Durant trois jours, s’y déroule un festival de bande-dessinée. Plusieurs espaces de la ville sont investis par des ateliers, expositions, performances, rencontres et autres séances de dédicaces.

Géants ternes dans un monde débordant de couleurs

Dans la médiathèque en forme de baleine, une fresque géante nous saute aux yeux. « Le nom d’une île » a été réalisée par trois dessinateurs d’horizons différents associés à une écrivaine. Nous découvrons ensuite avec amusement les animaux en carton cachés tout autour des rayonnages. Dehors, une toute petite cabane nous attend. Elle accueille l’exposition Minus de Junie Briffaz. Face à ses minuscules personnages débordant de couleurs, nous nous sentons comme des géants bien ternes.

Nous continuons notre route. Au milieu des arbres et des canards, nous tombons nez-à-nez avec les grandes planches contemplatives d’Etienne Chaize, à qui l’on doit l’affiche du festival. Nous aimerions ne rien vous en dire et vous laisser vous y noyer. Ce dessinateur hybride ses dessins, entre papier et numérique, et crée des mondes gigantesques et féeriques à base de grandes forêts, de grottes et de personnages colorés. Dans la journée, dans une salle de conférence bien remplie, il nous déclarera que le numérique lui ouvre d’énormes perspectives en lui permettant de « faire apparaître des choses qu'[il] n’aurait jamais imaginé sur un format papier ». Définitivement, un de nos gros coups de cœur. Un essentiel à déposer sous le sapin de Noël.

Planches tirées d’Helios, d’Etienne Chaize – Photo par Valentin Chomienne / Aparté.com

Terre en vue

Nos cœurs s’emballent à nouveau lorsque nous entrons dans l’exposition consacrée à La Fille Maudite du Capitaine Pirate, de Jeremy Bastian, venu d’Outre-Atlantique pour l’occasion. Dans une toute petite salle que les décors ont transformée en cale de bateau sont exposées les planches fourmillantes du jeune Américain. Une longue vue, du bois qui grince, des bruits diffus : immersion garantie.

Immersion garantie dans la cale de la fille maudite – Photo par Julie Perrot / Aparté.com 

La diversité de la bande-dessinée

Entre les stands du Hall Cominges vadrouillent une flopée de connaisseurs, de curieux, de jeunes et d’anciens lecteurs, d’habitués du festival, et de là-par-hasard. La bande-dessinée est défendue comme un art noble par ces éditeurs et éditrices indépendants. Certains fuient l’industrie du livre, cherchant à rendre leurs productions aussi belles que possible. Nous découvrons un univers de recherches et de tentatives. Sérigraphies, impressions à la main, tirages limités, ou encore livres-objets. Nous rencontrons ainsi les membres de la maison d’éditions Polystyrène qui nous parlent de leur volonté de réaliser des livres qui se déplient, qui se tournent, qui se tordent… qui se manipulent.

Un accès universel à la bande-dessinée est revendiqué. De nombreux stands jeunesse sont présents sur le site et beaucoup d’ateliers de création sont proposés au grand public. Il y a également une grande diversité dans les thèmes abordés : nous errons donc entre bandes-dessinées historiques, politiques, humoristiques, et d’autres indéfinissables.

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Christian Quesnel, en train de réaliser une fresque murale – Photo Julie Perrot / Aparté.com

Cette année, le festival se veut international comme en témoigne une ouverture forte sur la bande-dessinée québécoise. Au milieu de planches et de personnes, nous rencontrons ainsi Christian Quesnel, dessinateur venu de cette lointaine contrée, qui réalise sous nos yeux une fresque murale.

 

« Alliant la force du texte et celle du dessin, ce genre est inépuisable »

Nous nous laissons embarquer au gré des stands et des visages qui s’ouvrent à nous. Nous découvrons un monde vaste et complexe. Adrien Démont (Feu de Paille, Buck) nous confie que le fait que la bande-dessinée ne soit pas considérée comme un art « est un mal pour un bien car ça lui permet de n’appartenir à rien et d’être en perpétuelle évolution ». « Alliant la force du texte et celle du dessin, ce genre est inépuisable », poursuit-il. Ici, tous les a priori sur la BD éclatent. Divertissements ? Pamphlets ? Œuvres noires ? La BD se faufile partout et nous empêche de lui imposer un cadre.

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Photo Julie Perrot / Aparté.com

La bande dessinée est un art à part entière. Auteurs et dessinatrices y distillent leurs souvenirs, images mentales, et craintes. Guillaume Trouillard, dont les planches vrombissantes nous ont plaqué au sol, nous déclare que Colibri est « né de [son] voyage en Chine, d’où [il est] revenu traumatisé par la disproportion du progrès. Les traits de Colibri sont à l’image de ce que j’ai ressenti là-bas ».

La nuit tombe déjà sur Colomiers. Sourires remontés jusqu’aux oreilles, nous nous dirigeons, rêveurs, vers l’arrêt de bus le plus proche. Tels des dialogues de bande-dessinées, nous resterons dans notre bulle toute la nuit.

Article co-écrit par Julie Perrot et Valentin Chomienne.

Article rédigé par Julie Perrot

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