Accueil >> Culture >> Critiques >> [cinéma] Irène Frachon, seule contre tous

[cinéma] Irène Frachon, seule contre tous

La fille de Brest est le nouveau film d’Emmanuelle Bercot. Ce dernier long-métrage de la réalisatrice française retrace le combat d’Irène Frachon —pneumologue à l’hôpital de Brest— qui a milité pour l’interdiction du Médiator, médicament soupçonné de la mort de plusieurs centaines de personnes en France.

 

 

Les raisons pour lesquelles il faut aller le voir :

–Connaître le combat d’Irène Frachon.

–L’interprétation de Sidse Babett Knudsen, l’actrice qui joue le rôle de la lanceuse d’alerte dans le film.

–La réalisatrice, Emmanuelle Bercot, et sa façon de nous raconter des histoires.

–Si vous avez aimé le film Erin Brockovich, seule contre tous de Steven Soderbergh.

 

Les raisons pour lesquelles il ne faut pas aller le voir :

–Pour les âmes sensibles, il y a des scènes crues qui se déroulent au bloc opératoire ou lors d’autopsies.

–Parce que le scandale sanitaire du Médiator ne vous intéresse pas.

–Parce que vous détestez les lanceurs d’alerte.

 

L’anecdote qui te fera passer pour un cinéphile et briller pendant un repas de famille :

Le film a été réalisé dans les locaux du CHU de Brest alors Emmanuelle Bercot a proposé au personnel de jouer les rôles secondaires. Nous pouvons citer l’équipe de chirurgie ou encore le médecin légiste.

 

La réalisatrice, Emmanuelle Bercot, sous le conseil des productrices de Haut et Court, a lu le livre Médiator 150MG : Combien de morts ? racontant le combat Irène Frachon qui a duré 5 ans, contre le laboratoire Servier et précisément le Médiator. Prescrit entre 1976 et 2009 le médicament avait pour but de traiter le diabète, ce que l’on sait moins c’est qu’il a également été utilisé pour de la perte de poids. S’en est suivi une rencontre avec Irène Frachon et la réalisatrice où elles sont sorties convaincu dans l’envie d’en réaliser un film. De plus, l’angle du film était également tout trouvé, un film centré sur la personnalité d’Irène Frachon.

 

Mise en scène intimiste et crue

Si le film a comme trame de fond l’affaire du Médiator, il se focalise avant tout sur Irène Frachon. C’est pourquoi, la réalisation est très intime, il y a beaucoup de plan serré. Nous nous sentons proche du personnage principal, durant le film nous ressentons toutes ses émotions.

La mise en scène utilise également, l’une des passions Irène pour la natation. En particulier pour les scènes d’allégorie sur l’histoire qui va nous être contée. Nous pouvons citer, la scène d’ouverture, nous voyons le personnage d’Irène Frachon seule dans l’océan atlantique. La caméra se rapproche jusqu’à entendre le cœur d’Irène. D’autres allégories sont parsemées dans le film, l’un avec Irène qui se bat contre un l’océan déchaîné, ou encore une autre dans la troisième partie du récit où elle sort de l’océan une sorte de représentation de la victoire.

En revanche, des scènes sont plus crues et sans artifice comme la scène de l’opération du cœur pour montrer les dégâts sur la valve aortique. Ou encore, la scène de l’autopsie de Corinne Zacharria, où nous pouvons voir les organes anormalement gros, et surtout nous pouvons entendre le médecin légiste briser les os de la cage thoracique.

 

Scénario, 5 années résumées en deux heures

L’équipe du film a enquêté pendant plus de 3 ans. Après avoir rencontré les différents protagonistes de l’affaire, elle a épluché des milliers de mails et de documents pour essayer de comprendre l’ampleur de l’affaire. Le scénario résume une histoire qui a duré 5 ans à un récit qui dure 2h08.

Dans l’intérêt du spectateur, des parties de l’histoire ont été modifiées pour rendre compréhensible l’histoire. Comme celle des scènes d’audition, réalisées dans le cadre de l’enquête, entre les avocats de Servier et l’équipe de recherche du CHU de Brest.

Par ailleurs, pour tenir en haleine les spectateurs, des éléments ont été modifié. On peux citer, les relations entre la pneumologue et le reste de l’équipe de recherche, dans le film ont été modifié. Ainsi, dans le long-métrage Irène Frachon et ses collègues rencontrent une phase de tension alors qu’en réalité, l’équipe est resté soudé pendant toute l’enquête. Ce changement voulu par Emmanuel Bercot vise à isoler le personnage principal.

 

Casting, une équipe qui sonne juste

Côté casting, le rôle principal est détenu par une actrice méconnue en France. C’est Catherine Deneuve qui lui a soufflé le nom de Sidse Babett Knusden connue au Danemark pour son rôle dans la série politique Borgen, une femme au pouvoir. De plus, le choix a été approuvé par Irène Frachon car elle connaît la série Borgen et elle en est fan.

Emmanuel Bercot décrit « Irène comme ayant un tempérament de clown ». Dans le film, Sidse Babett Knusden arrive parfaitement à nous le retranscrire. Elle arrive à nous emporter et à nous transmettre toutes les émotions. Dans ce film, les femmes ont des rôles forts, sans de nouveau évoquer le talent de Sidse Babett Knusden. Nous pouvons citer Lara Neumann qui joue le rôle de la journaliste Anne Jouan. Elle la joue avec un tempérament de feu.

Ou dans un autre registre, Isabelle de Hertogh qui interprète le rôle de Corinne Zacharria l’une des patientes d’Irène Frachon. Cette interprétation est touchante et est exécuté tout en douceur.

En revanche, les rôles masculins sont moins présents mais tout aussi justes. Par exemple, il y a Benoît Magimel interprète Antoine Le Bihan, un docteur d’une grande humanité. Ou encore Patrick Ligardes qui joue le rôle du mari d’Irène, Bruno Frachon. Puisqu’il arrive, avec son interprétation, à nous faire ressentir l’amour qui est présent dans cette famille.

 

 

 

 

On peut aisément dire qu’Emmanuel Bercot a réussi le défi de raconter cette histoire comme un thriller. Par ailleurs, cette prouesse a été possible grâce à l’équipe qui l’entoure ainsi qu’à un casting qui sonne juste.

Rédigé par David Dupas

Attendez, (A)partez pas si vite !

[PORTFOLIO] Exposition M.CHAT au Museum de Toulouse

Thoma Vuille aka M.CHAT expose jusqu’au 2 juillet une série d’oeuvres au premier étage du Museum …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *