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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESTapons du pied entre amis: Conférence sur les musiques électroniques

Guillaume Kosmicki s’est exprimé ce mercredi 14 octobre lors d’une conférence sur les musiques électroniques : une petite histoire sociale. Le public du Grand Auditorium de la médiathèque José Cabanis a ainsi eu le plaisir de décortiquer ce monde obscur de la house, de la techno et des rave party.

Guillaume Kosmicki nous présente Kraftwerk, extrait sonore à l'appui.
Guillaume Kosmicki nous présente Kraftwerk, extrait sonore à l’appui.

 

Tout d’abord, une des premières qualités de cette conférence : son accessibilité, grâce à une vulgarisation sans prétention. Elle était en effet plutôt destinée à un public novice qu’à un public connaisseur car elle présente les grandes lignes de la naissance des musiques électroniques, de ses genres et de ses «papas». On peut regretter le fait que certains points ne soient pas plus approfondis, mais l’objectif de cette conférence est bien de permettre à un public plus large d’apprécier la musique électronique bien trop souvent caricaturée dans les médias.

 

Guillaume aura écumé les home studio pour regrouper une belle archive de photographies.
Guillaume aura écumé les home studio pour regrouper une belle archive de photographies.

 

Et si on y voyait plus clair ?

Avant d’être derrière des contrôleurs et des mac, les musiques électroniques sont construites dans des home studio (voir photo ci-dessus). Je dis construites, car faire de la musique électronique ce n’est pas seulement appuyer sur un bouton ; il n’y a pas de «recette parfaite» et pré-faite, avec un cocktail d’instruments obligatoires. Dans le rock par exemple, on a ce triptyque d’instruments (guitare-basse-batterie) qui garantit un effet immédiat. Dans ces home studio, on forme son orchestre à sa guise. On se le façonne. Et ensuite on assemble le tout.

Le protocole «midi» est l’une des principales avancées du monde de la musique électronique : c’est lui qui crée une interface commune permettant l’échange de données entre tous les instruments. Aussi est-on musicien mais aussi luthier, technicien, producteur.

Guillaume nous a présenté notamment la naissance de la house à travers la ville de Chicago, et de ses grands précurseurs : Steve Silk Hurley, Marshall Jefferson, Keith Farley ainsi que Larry Heard. Le tout en musique, évidemment ! Pour la petite anecdote, l’appellation vient du club Warehouse qui a hébergé les premières soirées house dans les années 80. On parlait alors de Warehouse sound puis de House sound qui a donné plus simplement House.

On s’est ensuite téléporté à Détroit, pour mieux écouter l’acid house et la techno de Jeff Mills, Mad Mick et Kevin Sanderson. Nous avons ainsi retracé un petit panel de l’évolution house et techno des années 80. Nous avons également fait un tour des principaux instruments, avec l’explication du fonctionnement des boîtes à rythme.

«La techno t’amène la base où tu peux rajouter les ingrédients, c’est-à-dire tes origines, ce que tu veux. La techno, c’est vraiment prendre un tournevis, construire des caissons, apprendre à savoir comment marche le son, se donner du mal, aller voir à l’intérieur, étudier.»

Josy.

 

Attention, il n'est pas interdit d'écouter de la techno. Il est interdit d'écouter un beat répétitif.
Attention, il n’est pas interdit d’écouter de la techno. Il est interdit d’écouter un beat répétitif.

 

« Papa, je suis allée à une rave ce week-end »

Une petite pensée pour les détracteurs des rave party : Guillaume faisait du classique, a écumé les raves et est aujourd’hui encore sur pied. On n’en meurt pas, je dirais même qu’on en devient plus vivant !

En parlant de détracteur, il faudrait qu’on dise en chœur un grand merci à la personne qui a permis l’émergence des raves, dans les années 80 : Margaret Thatcher. La dame de fer a promulgué moult mesures en vue de faire taire ce mouvement de jeunes décadents (fermeture des bars à 2h, interdiction d’être plus de 10 personnes à se rassembler autour d’un beat répétitif (cf photo ci-dessus)). Sauf qu’à 2h du matin, quand la musique nous a bien enivrés et que l’on se retrouve à la rue dans le silence, que fait-on ? On va danser dans des friches ou des spots abandonnés ! C’est là qu’on a vu apparaitre cette contre-culture devenue véritable mode de vie. C’est là qu’on a pu sentir les bonnes vibes de Spiral Tribe.

 

Ce tableau nous permet de décortiquer temps par temps la musique de Laurent Garnier ainsi que ses cut qui nous enivrent tant.
Ce tableau nous permet de décortiquer temps par temps la musique de Laurent Garnier ainsi que ses cut qui nous enivrent tant.

 

Leçon de beat avec Laurent Garnier

Et histoire de finir cette conférence sur une touche sympathique, nous avons tous ensemble décortiqué le morceau Astral Dream de Laurent Garnier. Guillaume nous a montré que, non, les musiques électroniques ce n’est pas que ce «boom boom» répétitif. Il y a un grand nombre d’éléments qui convergent avec justesse, ensemble, pour faire vibrer nos murs et nos cœurs à corps perdu.

 

Et sinon ?

Il ne fait pas encore trop froid pour aller joyeusement taper du pied dans la forêt. D’ailleurs, voici deux petits reportages vraiment très très (très !) intéressants pour conclure cet article (qui sont disponibles dans leur entièreté sur Youtube, aucunes excuses !).

Heretik / We had a dream

 

Bienvenue au club / 25 ans de musiques électroniques

 

 

Article rédigé par Floriane LBTY

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