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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Koralie et Supakitch, artistes graffeurs

Perchés à quelques mètres de hauteur sur la place Esquirol, Koralie & Supakitch ont peint du 14 au 17 octobre une gigantesque fresque dans le cadre du WOPS!. Aparté est allé leur poser quelques questions, un soir, au moment où ils redescendaient sur la terre ferme.

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Supakitch et Koralie étaient à Toulouse pour le WOPS! – Photo Koralie

Pas facile d’entrer en contact avec les artistes du WOPS!. Tous ont passé près d’une semaine dans les airs au bout d’une nacelle élévatrice, occupés à peindre leur mur avant l’inauguration du week-end. On a donc décidé d’attendre le moment propice, en fin de journée, pour discuter quelques minutes avec Koralie et Supakitch. Ils devaient commencer à peindre mardi 13 octobre, mais suite à un problème de nacelle la fresque a pris un jour de retard et n’a pu être commencée que le lendemain.

Koralie et Supakitch se sont rencontrés en 2001, sur un projet de fresque. C’est le coup de foudre amoureux et artistique, tous deux ne sont pas quittés depuis. Elle, passionnée de peinture et dessin depuis toute petite, expose pour la première fois à 19 ans, au moment de se lancer dans des études d’art. Ses peintures au pochoir, tout en géométrie et en symétrie, témoigne de son passage par la mode et les cabinets d’architectures. Lui vient du graff. Il imagine un monde coloré, doux et poétique inspiré du graphisme des mangas japonais. Ancien directeur artistique, il a troqué ses pinceaux pour les aiguilles et se consacre désormais essentiellement au tatoo. Mais Koralie et Supakitch continuent à travailler ensemble et à mêler leurs deux univers, d’une expo ou d’un projet à l’autre. Pour le WOPS! ils ont ainsi peint à quatre mains un oiseau voleur de lune qui a fait son nid sur la place Esquirol.

Supakitch étant reparti pour un petit tour à 5 mètres de hauteur, c’est Koralie qui répond à nos questions, toujours souriante, même après 10h de travail en plein air.

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Work in progress.. Koralie et Supakitch en train de peindre sur la place Esquirol.

Aparté.com : Ça va, vous n’avez pas trop froid à peindre dans les airs toute la journée ?

Koralie : Si, il fait vraiment froid le matin, mais le reste de la journée notre mur est exposé plein soleil, donc on a plutôt de la chance ! J’ai même pris quelques couleurs sur les joues hier !

A : Quel message vouliez-vous transmettre à travers cette fresque ?

K : On part du principe que les gens interprètent nos peintures comme ils le souhaitent. Supakitch peint plutôt des oiseaux façon chimères anthropomorphiques, en mélangeant les corps de différents animaux. Et moi je mélange les cultures, les motifs, les époques.

« On est partis sur un oiseau chimérique très Art déco »

Là on est partis sur un motif très Art déco qui s’inscrit dans le paysage façon vieilles enseignes des années 30, surtout avec les couleurs noire, dorée, crème… En plus ça se mélange bien avec la brique rouge de la ville.

A : Est ce que vos projets de dessins ont dû être validés par les organisateurs du WOPS! ou par la mairie ?

K : Pas du tout ! On est des artistes avec un univers très défini. Quand on fait des collaborations, on envoie jamais de croquis : les gens qui font appel à nous nous connaissent, ils savent quel est notre univers, et on ne va pas changer de style du jour au lendemain… Ils nous font confiance. Avec Supakitch on travaille souvent ensemble, surtout pour les fresques. En général, si seul l’un de nous est appelé il demandera à ce que l’autre fasse partie du projet.

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La fresque de Koralie & Supakitch, peinte sur du papier, restera accrochée jusqu’à ce que les intempéries l’abîment – Photo Koralie

A : Si je vous dit « Toulouse » et « graffs » ça vous évoque quoi ?

K : J’ai commencé ici il y a dix-sept ans ici, c’est à Toulouse que j’ai fait mes premiers dessins, même si je suis originaire de Montpellier à la base. A l’époque, Toulouse c’était LA ville du graff, de la peinture urbaine.

« Dans les années 90, Toulouse c’était LA ville du graff »

Plein de personnes aujourd’hui reconnues dans le monde du street art viennent d’ici. C’était le berceau du graff en France, avec Paris mais dans un autre genre. Ensuite un maire a décidé de tout effacer… Ça a déçu pas mal de monde. C’est vraiment bien que Fafi (l’artiste à l’origine du festival, ndrl) soit revenue avec de vrais projets urbains !

A : Savez-vous combien de temps vont rester les fresques du WOPS! ?

K : Tous les autres murs vont rester, mais celui sur lequel nous peignons est classé et le propriétaire ne voulait pas que l’on mette de la peinture directement dessus, car il est déjà recouvert d’une peinture spécifique à base de chaux. Du coup on a essayé de trouver une solution et on a collé un grand papier, mais ce n’est pas très pratique pour peindre, ça se décolle… On ne sait pas exactement combien de temps notre fresque va rester, peut-être trois mois, voire moins si la fresque s’abîme et devient trop moche. Certains disent que c’est dommage mais ça fait partie de la culture urbaine, quand on peignait illégalement dans la rue, on ne savait jamais combien de temps nos graffs pouvaient rester.. un jour, deux mois, dix ans… Mais on gardera de belles photos et un beau souvenir. La place Esquirol c’est quand même l’un des meilleurs spots qu’on puisse avoir !

Koralie sera chez South Painters le vendredi 20 novembre à partir de 18h, pour la sortie de son « Carnet de dessin (à colorier ou non) ».

Article rédigé par Marie Desrumaux

Beaucoup de Sciences Po Toulouse, un peu d'Aparté, d'Ouest France et de Boudu. Je traîne mes Stan du côté des mouvements sociaux, des minorités et des cultures alternatives.

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