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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESQui se cache derrière le slogan «GO VEGAN» ?

«GO VEGAN». Vous avez sans doute déjà croisé ces sept énormes lettres noires placardées sur les panneaux d’affichage libre dans les rues de la ville. «Stand d’information le dimanche matin de 11h à 13h au marché de la place St-Sernin à l’angle de la rue St-Bernard» indiquent les feuillets. On a donc décidé de s’y rendre.

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Ici, à Basso Cambo – Photo Marie Desrumaux, Aparté.com

 

Au vu du nombre d’affiches et de graffs «Go Vegan» qui peuplent les murs, les boîtes aux lettres et les rues de Toulouse, on s’attendait presque à rencontrer sur la place Saint-Sernin un régiment de militants ultra motivés et mobilisés. Il n’en a rien été. Derrière ce stand d’informations se cache en réalité un homme, un seul, Philippe, 45 ans, et déjà 23 ans de végétalisme à son actif.

Remettre le couvert chaque dimanche depuis 1998

Avant toute chose, un petit point de vocabulaire : être végétarien consiste à ne pas manger de viande ni de poisson, tandis que le végétalien écarte tout produit d’origine animale de son alimentation (viande et poisson donc, plus laitages, miel, oeufs…), et le végane supprime tout produit ou loisir reposant sur l’exploitation animal (cuir, laine, certains produits cosmétiques, visite de zoo…). «Le terme végétalien est ancien, il est apparu en France au début du XXe siècle, alors que le mot vegan est anglo-saxon et date de la fin de la Seconde Guerre mondiale», explique Philippe.

Lui s’est converti au végétarisme en 1991 puis au régime végétalien un an après. Mais c’est depuis 1998 qu’il est présent tous les dimanches au marché de Saint-Sernin, à l’époque où les tables d’information avaient pignon sur la place. «Avec d’autres militants on s’est dit « Pourquoi pas nous ? » La première table a été un succès, donc on est restés». Pourtant, les stands d’information sont plutôt rares en ce dimanche ensoleillé de septembre, pour ne pas dire inexistants entre les étalages de vêtements, montres et parfums. «Le militantisme et l’information se font maintenant beaucoup sur Internet», reconnaît le quadragénaire, qui avoue être désormais seul à tenir la table, même s’il habite à une heure de route du centre ville.

Effet de mode ou réelle prise de conscience ?

Chaque semaine, Philippe colle lui-même ses feuillets blancs et noirs sur les panneaux d’affichage. «Pendant longtemps on pouvait afficher librement, mais il y a à peu près 5 ans, les autorités municipales sont devenues plus répressives. Du coup j’ai eu l’idée d’utiliser une grosse typographie pour plus de visibilité» explique-t-il. Et qu’en est-il des graffs «Go Vegan» qui pullulent sur les murs et les boîtes aux lettres un peu partout ? «Ce n’est pas moi. D’autres mouvements se sont développés, des gens militent aussi à leur manière…»

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Et c’est même décliné en graff ! Photo Marie Desrumaux, Aparté.com

 

Il faut reconnaître que le végétarisme, le végétalisme et le véganisme semblent faire de plus en plus d’adeptes en France, en témoigne le succès de l’épicerie exclusivement végane Le Cri de la Carotte, ouverte depuis décembre 2013 avenue de Muret. Plusieurs mouvements défendant un traitement éthique des animaux ont également éclot et pris racine à Toulouse ces dernières années, comme Animal Amnistie ou le Mouvement pour la cause animale, très présent sur le marché de Saint-Aubin. Plus qu’un phénomène de mode, Philippe estime qu’il s’agit d’une progression réelle et durable, «même si la France reste encore un peu en retard par rapport à l’Allemagne ou au Royaume-Uni». Les reportages écœurants de l’association L124 dans les abattoirs et la prise de conscience de l’épuisement des ressources ont sans doute joué dans ce changement de comportement.

De la viande et du fromage plus vrais que nature

Quand on lui demande si tout le monde peut devenir végétarien, le militant répond évidemment par un grand «oui». «Économiquement les produits transformés sont plus cher que les produits bruts, que l’on peut cuisiner ensuite, et physiologiquement, il ne faut pas hésiter à prendre des compléments alimentaires si besoin, comme de la vitamine B12». L’important étant de se renseigner avant de se lancer dans une modification de son alimentation, souligne-t-il. Et pour les amoureux de viande ou de fromage, il paraît que l’industrie des simili-carnés et des simili-fromages arrive désormais à développer des produits à base de végétaux dont la consistance et le goût n’ont rien à envier à leurs cousins d’origine animale.

Article rédigé par Marie Desrumaux

Beaucoup de Sciences Po Toulouse, un peu d’Aparté, d’Ouest France et de Boudu. Je traîne mes Stan du côté des mouvements sociaux, des minorités et des cultures alternatives.

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