TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESUne présence brésilienne remarquée au Cinélatino 2015

Dans la cour de la Cinémathèque, les conversations en Espagnol fusent, mais de temps à autre un peu de Portugais se mêle à l’effervescence joviale de cette grand fête des cinématographies d’Amérique latine. Cette année, une dizaine de réalisateurs et réalisatrices brésiliens étaient présents et participaient aux trois compétitions officielles. Certains très jeunes, d’autres moins, certains habitués du festival et d’autres découvrant l’Europe pour la première fois, mais tous se connaissant de près ou de loin étaient ravis d’être sur ce festival familial qu’on ne présente plus.

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A Era de ouro © de Leonardo Mouramateus et Miguel Antunes Ramos

Dans la section court-métrages, on a pu voir A era de ouro, « l’âge d’or » en Français, des jeunes réalisateurs brésiliens Leonardo Mouramateus et Miguel Antunes Ramos. Le premier, originaire de Fortaleza (une ville du nord du Brésil), étudie actuellement aux beaux-arts de Lisbonne. Ce film déchirant, il l’a écrit et réalisé après une rupture difficile, il y a de ça un an. Assez naturellement l’histoire mêle réalité et fiction très subtilement. Le tout dans un décor urbain où Sao Paulo est le lieu des retrouvailles douloureuses d’amants qui se sont connus plus jeunes dans la ville natale du réalisateur et qui ont aujourd’hui pris des chemins opposés. Affaire à suivre puisque le jeune Leonardo a raflé le prix du court métrage au festival international de films documentaires pour son film A festa e os caēs.

C’est un autre Brésilien, Neco Tabosa qui a gagné le prix Signis lors du festival Cinélatino pour son western déluré tourné dans la petite ville de Caruaru dans l’état de Pernambuco. Les bains de sang et la violence tournés en dérision font penser à Quentin Tarantino, qui lui même s’est inspiré de réalisateurs japonais nous rappelle Neco Tabosa lors de la cérémonie de remise des prix. Fortement ému, il a tenu à rappeler que c’était la première fois qu’il présentait son film à des non-Brésiliens et que c’était un grand honneur d’avoir été sélectionné parmi les 750 courts-métrages reçus cette année.

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João Heleno Dos Brito © de Neco Tabosa

Tudo vai ficar da cor que você quiser, un documentaire qui ne vous laissera pas indifférent

Dans Tudo vai ficar da cor que você quiser, qui a reçu le prix documentaire des rencontres de Toulouse, Leticia Simões, documentariste bahianaise vivant à Rio présente un documentaire original, qui se distingue par son esthétique très digitale. Elle dresse ici le portrait de Rodrigo de Souza Leao, un poète carioca touche à tout et mort en 2009. Ce dernier peignait, écrivait de la prose et créait de la musique électronique. Avec beaucoup d’humour et de lucidité il a essayé de communiquer avec le monde qui l’entourait malgré une schizophrénie avancée dont il avait pleinement conscience.
Pour son travail de recherche, Leticia Simões s’est vue confiée l’ordinateur du jeune homme qui y passait beaucoup de temps. Avec bienveillance et tendresse, les témoignages de la famille viennent rythmer un documentaire qui fait figure d’OVNI. Son montage frénétique y est sûrement pour quelque chose, les images sont souvent brouillées et entrecoupées de vidéos tournées à la webcam par le poète.
À la sortie de la projection, la réalisatrice nous confie que dans son film, personne ne finit jamais une seule de ses phrases ! Tel est peut-être le secret de ce documentaire génial qui mérite d’être vu.
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Tudo vai ficar da cor que você quiser © de Leticia Simões

Et enfin un peu de foot !

De manière peut-être plus attendu enfin, le documentaire sur le foot, Campo de Jogo (« ballon du dimanche), d’Eryk Rocha dépeint avec émotion la passion du peuple brésilien pour son sport national. Jouant lui même au foot depuis l’âge de 5 ans, le réalisateur désirait célébrer ici ses deux passions, ces deux arts qui lui sont essentiels. Les images d’une grande beauté traduisent bien la dimension artistique de ce jeu, sur fond d’opéra et de percussions, on se laisse emporter par la ferveur des coachs et la joie des spectateurs. Affirmant avec enthousiasme que ce sont les noirs qui, au Brésil ont fait accéder le foot au rang de manifestation culturelle en y incorporant des postures de samba et de capoeira, le réalisateur a dédié son film aux communautés qu’il a filmées, lors du championnat de Sampaio, le championnat des favelas de Rio de Janeiro.
Bien que consensuel par certains aspects voire parfois un peu attendu, ce film rend un bel hommage au foot de rue brésilien. Le film sortira dans nos salles à l’automne prochain.
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Campo de jogo © de Eryk Rocha

Et pour connaitre tout le palmarès, c’est par ici.

 

// Lire aussi toute notre couverture du festival Cinélatino 2015

• En Aparté avec… Jayro Bustamante, réalisateur de Ixcanul, primé à Cinélatino
• En Aparté avec … Oscar Ruiz Navia, réalisateur de « Los Hongos » présenté à Cinélatino
• Le plus grand festival de cinéma d’Amérique latine fragilisé

Article rédigé par Neïth Assogbavi

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