TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLe plus grand festival de cinéma d’Amérique latine fragilisé

Il y a de ces habitudes qu’on voudrait garder encore des dizaines d’années… La fin de l’hiver , le début du printemps à Toulouse rime avec le festival Cinélatino depuis plus de 25 ans. A partir du 19 mars les Rencontres du Cinéma d’Amérique Latine débarquent à Toulouse. Zoom sur l’ARCALT et présentation de cette nouvelle édition.

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« Depuis ses débuts, le festival se donne comme objectif de faire émerger les nouveaux talents de l’Amérique latine, continent aux identités multiples mais aussi de proposer des cinématographies singulières, laissées parfois de côté par les réseaux de distribution français et européens ». Avant l’ouverture de cette édition, on peut dire que l’œuvre du festival est couronnée de réussite. Grâce à son action, la France est le premier pays au monde en terme de distribution de films provenant de cette région, devant les États-Unis ou l’Espagne. Ces rencontres, devenues familières dans le paysage culturel toulousain, se sont développées autour de la notion de solidarité cinématographique. À bientôt 27 ans, Cinélatino ne manque pas de rappeler qu’il est aujourd’hui le plus grand festival d’Europe dans sa catégorie.

« C’est bien ce festival parce que ça fait voyager… après faut pas que ça soit tout le temps sur la guerre… ». Ce fragment de conversation entre deux journalistes, entendu à la conférence de presse, témoigne de l’attachement du public toulousain, bien que sa représentation soit ici réductrice.

Le festival s’est un peu éloigné du militantisme de ses premières éditions. À la sortie des années 80, la production cinématographique latino-américaine est balbutiante, dans une Amérique encore choquée par les périodes de dictatures et par les crises qui ne lui laissent que peu de répit. Depuis, elle a foisonné et a vu émerger de nombreux auteurs dont certains ont atteint les sommets hollywoodiens (Inarritu, Cuaron). Cinélatino a suivi le mouvement sur les chemins de la diversité, de la  pluralité des visions et des expressions. Sans pour  autant  rentrer dans le rang et ménager son esprit critique.

L’adolescence à l’honneur

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Los Hongos de Oscar Ruiz Navia

Tout au long de cette dizaine de jours  120  films seront programmées dans la plupart des salles toulousaines. 60 invités, parmi lesquels des membres des équipes techniques des films, des acteurs et écrivains feront le déplacement pour présenter les films et animer des rencontres avec les publics.

27 films seront en compétition dans les catégories Longs métrages de fiction, Documentaires et Court-métrages, tous tournés vers les acteurs émergents du cinéma latino-américain. Les films présentés en compétition sont inédits en France, une aubaine pour le public toulousain. Six d’entre eux étaient présentés à Berlin cette année. Le film de Pablo Larrin, réalisateur chilien,  y a été récompensé du grand prix du jury !

Ces compétitions seront accompagnées d’autres sélections, les Panoramas, qui se consacrent à la présentation des meilleurs films de l’année. La Muestra, porte d’entrée thématique mise en place par le festival il y a trois ans, développera le thème de l’adolescance. Cette sélection L’âge des possibles sera consacrée aux représentations du monde des adolescents à travers une trentaine de films anciens et récents.

En plus d’être un moment de célébration de la richesse culturelle latino américaine, en plus des projections, des rencontres et des soirées, Cinélatino se définit comme un acteur de coopération culturelle et commerciale et soutient de nombreux films en les accompagnant dans leur démarche de post-production et de distribution hors du sous-continent américain. Cette initiative, en partenariat avec le festival de cinéma de San Sebastian, a facilité la distribution en Europe de 67 films depuis 2001 dont 21 ont été sélectionnés au Festival de Cannes ces dernières années !

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Las horas muertas (Palma real motel) de Aaron Fernandez

 Action culturelle et mise en relation des acteurs

Ces actions culturelles, complétées par d’autres dispositifs comme sa plate-forme professionnelle, destinée à tisser des liens entre les projetsou des ateliers de sensibilisation des jeunes publics à l’image et aux cinématographies sud-américaines, n’ont pas suffi à convaincre l’Union Européenne de maintenir les subventions qu’elle consacrait au festival toulousain. Cette décision prise par l’institution de se recentrer sur la promotion de la production européenne se fait au détriment des idées de pluralité et de diversité, et fragilise l’équilibre financier de l’association. Pour combler ce manque à gagner, l’ARCALT a lancé cette année une campagne de mécénat à destination d’entreprises ou d’acteurs désirant s’engager dans le développement du festival.

Mais cette situation économique précaire, partagée par d’autres festivals toulousains comme Séquence courts-métrages, ne risque pas de ternir les festivités qui s’annoncent.

La grande soirée d’inauguration du festival  se déroulera le jeudi 19 mars au Square Charles de Gaulle à partir de  19 heures, avec une projection en plein air d’une sélection de courts-métrages des réalisateurs invités. En attendant que la cour de la Cinémathèque, point névralgique du festival, s’éveille pour une dizaine de jours exceptionnels.

Soirée d'inauguration 2014 crédit studio bianchini photographie
Soirée d’inauguration 2014 Crédit studio bianchini photographie

Le programme du festival est disponible ici, ainsi que dans toutes bonnes salles de cinéma. D’ici là hasta luego, boludos.

Article rédigé par Paul Thiry

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