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TEMPS DE LECTURE : 2 MINUTESThe Horrors éblouissent les foules

Toujours attendus au tournant (surtout pour savoir s’ils vont encore changer de style), les Horrors poignardent une nouvelle fois leur sombre héritage pour aboutir à un album moins atmosphérique que l’immense Skying, mais tout aussi éblouissant.

The Horrors - Luminous

 Il en va de la survie du krautrock britannique, à l’heure où des groupes aussi importants que Primal Scream n’ont toujours pas trouvé leur héritier direct. Sans donner des ambitions démesurées à un seul album, les Horrors se dessinent une des plus belles carrières de synth-pop des années 2010. Se jouant de leurs origines gothiques sur des intros qui ne durent pas plus de quelques secondes (celle, inquiétante, de So Now You Know notamment), guitares et claviers ont définitivement fusionné pour perpétuer cette persistante tradition synthétique – un comble dans la carrière des Horrors. On a presque envie de danser sur First Day of Spring, et on se rappelle, le sourire aux lèvres, ce à quoi ressemblait la bande il y a de ça quatre ou cinq ans : des enfants prodiges de Joy Division, qui ne se prenaient pas vraiment au sérieux. Aujourd’hui, ce qu’ils ont gagné en premier degré, ils l’ont perdu en obscurité. Lampe à la main, l’exploration post-punk a changé de cap, droit dans le rock fiévreux dont le Royaume-Uni s’est fait le spécialiste dans les années 80 – Primal Scream en tête.

« La vraie question, c’est pourquoi dénoncer un groupe qui devient populaire, pour une fois que c’est bien fait et cohérent ?« 

La surpuissante Chasing Shadows rappelle que le rock de stade de Screamadelica peut briller sans se fourvoyer, un fait que tous les critiques semblent avoir oublié, obsédés qu’ils sont par un pseudo-minimalisme élitiste et carrément ridicule en 2014 (qui croit encore en la blague « indie rock » ?). Il y a une tradition du rock de stade, d’un rock dansant et aguicheur, taillé pour les masses et rejoignant, de fait, l’essence même de la pop music. En ce sens, s’il n’est pas leur album le plus stylisé, Luminous est une belle preuve de la pluralité du rock’n roll, à l’heure où il est à la mode de le fustiger dès qu’il met le pied dans une arène de plus de 10 000 personnes ; merci Muse et les Kings of Leon. Éloge funèbre d’une musique tiraillée entre ses origines populaires et la densité de son univers, l’album renferme pourtant suffisamment de surprises pour ne pas sombrer dans une linéarité qu’on pourrait reprocher au genre (la crépusculaire Change Your Mind, ballade particulièrement réussie). Tellement brillant, de quoi rendre jaloux le soleil.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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