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TEMPS DE LECTURE : 2 MINUTESRoosevelt : une disco-pop contemporaine assumée

Les Virgins sont morts, vivent les Virgins : Roosevelt entre de plain-pied dans la pop moderne avec un déhanché ringard, mais ravageur.

Roosevelt - Elliot EP

En 2010 sortait le premier album éponyme des Virgins, emmenés par le tout pété Donald Cummings. Leur point fort : ressusciter le groove, voire carrément le funk, que le hip-hop s’était accaparé depuis le début, pour la coller sur une structure pop avec des guitares qui claquent. Ajoutez à ça une gouaille de branleurs new yorkais, et vous obteniez alors une machine à tubes, que les pauvres vieux en question n’ont jamais su réitérer – le chiant Strike Gently, sorti l’année dernière, en est la triste preuve.

« Restez cool : y a des jeunes qui ont su grandir avec leur temps. Les gars de Roosevelt en font partie »

Si ce n’était très certainement pas les premiers, les Virgins ne seront pas non plus les derniers, loin de là : combien de fois avons-nous subi, de cette période-charnière jusqu’à nos jours, des groupes indés qui, tentant de nous faire comprendre qu’ils assumaient enfin leurs références disco, claquaient des grooves de basse chan-mé sur des nappes sonores limite inaudibles ? Est-ce que vous verriez Faris Badwan faire le moonwalk, vous !? Bah moi non plus. Et cette pop identitaire des années 2010, stéréotype inavoué de la musique à hipsters avant que celle-ci ne (re)devienne la techno lounge, on en a tellement bouffé que l’overdose est très proche.

Mais voilà, sorti de nulle part, Roosevelt débarque : au diable l’historique chiante, je sais même pas d’où viennent ces types mais putain, quelle classe ! Les mecs sont clichés, le savent, et n’en ont rien à battre ; miracle, ils ont compris que tout artifice pop ne sert à rien si on n’a pas la mélodie qui va avec (la pop sans mélodie… ils sont cons tous ces jeunes ou quoi ?). Alors oui, la voix « reverbe » à mort, oui le son est disco, mais c’est bien fait. Ça groove sans jamais plonger tête la première dans des océans paumés d’un post-punk hors sujet. Non, c’est juste entraînant et super efficace.

Cerise sur le fusil, c’est un EP, quatre titres propres, très bien produits (un peu trop d’écho sur la voix quand même, on ne se refait pas), dont Montreal, symptomatique d’une pop qui, malgré les dires des grands observateurs, ne cesse de se mouvoir. Vous avez pris un coup de vieux en réalisant que Rich Girls avait quatre ans ? Restez cool : y a des jeunes qui ont su grandir avec leur temps. Les gars de Roosevelt en font partie.

Article rédigé par Matthias Haghcheno

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