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TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLa Belle et la Bête : nouvelle métamorphose

Vincent Cassel. Léa Seydoux. Christophe Gans. L’annonce que ce trio reprendrait les rênes de ce conte incontournable avait tout pour nous excité. Treize ans après le triomphe du Pacte des Loups, Gans tente de ressusciter une nouvelle fois le film fantastique populaire en France. Si la démarche était ô combien réjouissante et salvatrice, l’exécution se révèle discutable.

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Tout était si parfait. Trop parfait. Un réalisateur brillant qui fût le seul avec son formidable Pacte des Loups à exploser le box office français -plus de 5 millions de spectateurs-  avec un film fantastique. Un couple d’acteurs sulfureux : Vincent CasselLa Haine, Irréversible, Mesrine- était une évidence et Léa SeydouxLa Belle Personne, La vie d’Adèle Chapitres 1 et 2- un choix surprenant. Enfin, la volonté de ne pas refaire le chef d’œuvre expressionniste de Jean Cocteau sorti en 1946 avec Jean Marais et Josette Day mais un grand film populaire et original.

La Belle et la Bête n’est pas un mauvais film

Que les choses soient claires, La Belle et la Bête n’est pas un mauvais film. Il n’est, malheureusement pour nous, que l’esquisse du fantasme que le projet avait suscité. La faute à un scénario qui, sans vouloir prendre de grands risques, part dans plusieurs directions sans jamais s’engager.

À la fois grand public et merveilleux, chargé en symboles érotiques, le film aborde les thèmes de la rédemption et de la découverte de l’amour définissant la pierre angulaire du conte.

On est alors partagé entre toutes ces thématiques, tous ces champs des possibles qui nous empêchent d’être emportés par l’émotion, à ce titre l’amour naissant entre les deux intéressés ne grandit jamais mais explose soudainement.

Cela est d’autant plus frustrant tant les acteurs sont impeccables. Cassel sans être sauvage, incarne une Bête calme, envoutante et placidement puissante. Léa Seydoux, quant à elle, arrive à rester fleur bleue sans être ridicule, une prouesse en soi qui nous attache dès le début à son personnage.

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(..) plusieurs directions sans jamais s’engager

Visuellement le film nous emporte totalement, Gans s’impose comme un synthétiseur génial. Lorgnant vers du Del Toro -Le labyrinthe de Pan- avec une imagerie mélancolique et merveilleuse autant que vers le jeu vidéo avec un final qui ravira les joueurs de Shadow of the Colossus. Le maquillage numérique de la Bête, conceptualisé avec la même technique utilisée sur The curious case of Benjamin Button, est fascinant. Les costumes sont d’une beauté rarement vu dans le paysage cinématographique français et la musique de Pierre Adenot -publicité de Cartier : L’Odyssée– à la fois onirique et ensorcelante relève du sublime.

En définitive, le film nous renvoi à plusieurs idées non exploitées, à des chemins différents que le métrage aurait pu -dû ?-  prendre. Sans être un tour de force total, La Belle et la Bête dépoussière un cinéma français engoncé dans ses drames d’auteur et comédies ternes. Un axe bien défini manque, dommage -encore-.

 

Article rédigé par Maxime Forgues

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