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TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTESEn Aparté avec… Mathieu Sommet (Salut les geeks)

C’est dans le cadre du Toulouse Game Show 2013, que nous avons eu l’occasion de rencontrer Mathieu Sommet, youtuber animant l’émission Salut les Geeks depuis quatre saisons. Entre plusieurs séances de dédicaces auprès des fans, c’est armé d’un café qu’il nous a accordé quelques instants. Rencontre avec une personnalité atypique.

Mathieu Sommet
Mathieu Sommet

Aparté.com : D’où t’es venu le concept de Salut les Geeks (SLG) ?

Mathieu Sommet : L’émission SLG a été créée en mars 2011 et je m’étais inspiré à la base d’une émission américaine, celle de Ray William Johnson ; « Equal Three ». C’était du review de vidéos virales, et mon but était d’adapter ça  en mode frenchy comme d’autres concepts réadaptés pour le public français par d’autres youtubeurs. Le but n’était pas de faire du copier-coller de Ray William Johnson. C’est à cette fin qu’en terme de fond et de forme, les personnages que j’ai ajouté ne sont pas traités de la même façon. La seule chose qu’on a en commun c’est que nous faisons du review de vidéos.

A. : Sachant que tu réalises tout de A à Z, combien de temps te prend un épisode ?

M.S. : Depuis la saison 4, ça me prend beaucoup plus de temps, le format qui était avant de cinq minutes est passé à dix minutes environ.  Vu que je fais un épisode toutes les deux semaines, ça me prend entre trente et quarante heures sur une semaine pour un épisode. De la recherche de vidéo, au montage, jusqu’à la mise en ligne.

A. : Le format plus long que tu proposes depuis le début de la saison 4, c’est pour aller plus loin ou pour faire plaisir à tes fans ?

 M.S. : Pour aller plus loin justement, parce que depuis les premières saisons de SLG, ça a toujours été un programme léger. C’était le but, que ce soit facile d’accès, et donc c’est pour ça que le format était court, il fallait que ça aillait très rapidement et que je creusais pas énormément. Depuis la saison 4, j’ai pris un tournant car ça fait du bien de changer, dans la manière d’écrire par exemple.  Il y avait déjà du second degré auparavant, et même un peu de dénonciation, mais maintenant  c’est largement axé là dessus. Le texte peut être pris au premier degré, mais pour un public un peu plus aguerri il y a du second degré partout.

A. : Du fait de la variété des personnages que tu interprètes dans SLG, as-tu été amené à faire du théâtre ?

M.S. : J’ai effectué du théâtre mais j’ai commencé très tard, sur le coup des vingt ans. Ma mère m’a encouragé là dedans, j’ai essayé et ça m’a plu tout de suite. C’est allé crescendo, car à l’époque je ne faisais pas encore de vidéos, j’ai fait du théâtre amateur durant cinq ans, puis j’ai effectué des projets cinématographiques avec des amis et ça m’a donné envie de lancer SLG. J’avais surtout envie de continuer sur cette lancée, mais avec un modèle que je connaissais bien, internet. Je vais digresser, mais internet me plait vraiment, c’est un média relativement nouveau et libre.

Différents personnages de SLG
Différents personnages de SLG

A. : Justement on parle de plus en plus de privatiser internet, qu’en pense-tu ?

M.S. : Il y a toujours eu des tentatives pour endiguer la liberté sur Internet, souvenons-nous de megaupload par exemple. Le site megaupload est fermé, mais il y a eu des relèves, ça paraît difficile, ACTA par exemple n’a pas réussi à faire grand chose. La population d’internet cherche toujours à contourner la chose, il ne peut pas y avoir de législation mondiale. Sur le thème de YouTube et des youtubeurs et des programmes qu’on réalise, c’est libre dans les propos, dans le fond et la forme de l’émission. On n’est pas obligés de se calquer sur modèle précis, par exemple télévisuel, celui des émissions, obligés de choisir nos mots de crainte que le CSA nous censure par exemple.  Les seules règles à respecter sur YouTube, relèvent du copyright, images/sons.

A. : Quels sont tes projets à venir ?

M.S. : J’ai des projets sur la chaîne YouTube, j’ai un projet d’autre émission qui est en cours de création, j’ai déménagé entre temps, donc j’attends d’être bien installé dans ma nouvelle vie pour lancer ce projet, pas faire ça à la va-vite.

 A. : Le rapide engouement qu’il y a eu autour de SLG, ça a occasionné beaucoup de changements dans ta vie et est-ce que tu t’y attendais ?

M.S. : Je ne m’y attendais pas du tout, mais maintenant je vis avec. Après, ça n’a pas vraiment fait de changement dans ma vie personnelle et heureusement, je n’ai pas envie de changer de groupe d’amis. Dans ma vie professionnelle par contre oui, j’ai pu arrêter de travailler pour me mettre à 100% sur SLG.

A. : Comment tes parents ont vécus cette prise de popularité ?

M. S. :Ils ont très bien compris la chose, je pense qu’ils ont même été les premiers surpris au début. Je leur avais parlé du projet,  que je faisais des vidéos sur internet donc ils sont allés voir.

A. : À l’instar de nombreux youtubeurs, un passage à la télé serait envisageable ?

M.S. : Le problème du média télévisuel, j’en parle beaucoup avec d’autres youtubers, qui ont vraiment cette culture de l’internet et qui ont un rejet profond pour la télé, même certaines chaînes qui se veulent ostentatoires où les sales gosses de la télé. Il y a quelques émissions que j’aime beaucoup, comme le petit journal par exemple. J’adorais l’esprit Canal quand j’étais petit, maintenant je ne m’y reconnais plus. A tous les youtubeurs on parle de Canal maintenant, comme quoi on va finir dessus. Et c’est vrai, ils sont nombreux actuellement comme l’équipe du Bagel.  Après, je ne connais pas le média télévisuel en interne, je peux juger de l’extérieur,  mais mon jugement est forcement biaisé vu que je ne connais pas tous les tenants et aboutissants. Je pense malgré tout que la télé est nettement moins libre qu’internet.
Tu as des comptes à rendre à des personnes, un format d’émission à tenir, et tu ne dois pas t ‘éloigner des lignes C’est dommage car à la télé il y a des équipes, des scénaristes, des moyens. Pourtant, je vois des programmes sur internet qui sont beaucoup  mieux fait que ceux à la télé alors que les équipes sont divisées par trois, voire quatre et les moyens par cinquante. Et justement la télé a pris à mon sens dix ans de retard sur internet. Les chaînes s’en mordent les doigts et maintenant elles cherchent à ouvrir des chaînes YouTube. Certaine de ces chaînes ne sont pas officiellement affiliées à une chaîne TV, mais ça se ressent au niveau de la ligne éditoriales,  elles touchent des subventions, mais c’est trop tard, ce n’était pas la réponse à donner.
Ils cherchent à transposer des programmes type télévisuel sur internet. Je pense par exemple aux noobs du FPS, patine avec les stars. Le problème c’est que ce n’est pas le même public, celui d’internet est plus jeune, de plus, à la télé le public est passif, sur internet on est actif, on choisit qui on regarde, on commente…

C’est ce en quoi ces chaînes n’ont pas réussies, on ne peut pas transposer ce qui se fait à la télé sur internet, ça ne marchera pas.

A. : As-tu la curiosité d’aller sur Twitter et de taper ton nom pour savoir ce que les gens disent de toi ? 

 M.S. : Non, ça ne m’obsède pas, je pense que ça arrive à tout le monde qui est un peu dans le milieu, de googliser quelque chose. Par exemple ça m’est arrivé, car dans la vie de tous les jours, je suis un bringueur et j’ai eu peur de me retrouver bourré sur internet. Et la recherche que je fais à peu près tous les mois et demi, c’est Mathieu Sommet bourré et je regarde si il y a pas une vidéo qui tourne, c’est ma hantise. Après, j’ai une parade si jamais un jour je me fais avoir. Je ferais une auto-review de la vidéo en question de moi bourré dans SLG.

Pour en revenir à Twitter, la plupart des gens te mentionnent quand ils parlent de toi donc il suffit de regarder dans la rubrique connecté. Twitter est le réseau social que j’utilise le plus, parce que je trouve que Facebook est complétement dépassé par les événements. Facebook était très bien quand j’étais un lycéen ou un étudiant et que j’avais soixante/cent amis et que je me baladais sur leurs murs.
C’est pas du tout la même chose quand tu es un personnage public, Facebook il n’y aucun moyen de répondre, la boîte mail est pourrie, tu peux pas passer d’un message à un autre sans revenir en arrière. Sur Twitter, tu vois les messages tout de suite, tu réponds en 140 caractères et  je trouve justement que pour suivre des personnalités publiques, Twitter est beaucoup mieux.

Propos recueillis par Jordan Meynard et Rémy Vaganet

Article rédigé par Rémy Vaganet

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