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TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTES[Interview] International Hyper Rythmique distille sa dream pop atmosphérique

C’est il y a quelques mois, lors de la soirée marquant l’anniversaire de Radio FMR organisée par le Mix’Art Myrys, que nous les avons découverts. Tapi dans l’obscurité d’une salle, à l’abri du grabuge sonore qui régnait, International Hyper Rythmique est parvenu à envelopper son public de ses vapeurs mélodiques singulières. Jean Martial Guilhem a accepté de nous raconter les dessous de cette formation atypique. 

-1International Hyper Rythmique, une histoire de famille pour eux aussi – Photos Aparté.com, DR

International Hyper Rythmique, c’est un savant condensé de dream pop à l’éther qui distille avec élégance ses influences new-wave dans les notes aériennes de la basse, de la guitare, des claviers et du synthé. A l’origine de la formation, une affaire familiale: deux soeurs, Claire (synthé/voix) et Laurence (voix/basse/percussion) ainsi que leur frère Jean (guitare/claviers/synthé) composent ce groupe atypique aux sonorités lunaires. On s’est laissé convaincre par l’atmosphère teintée de spleen de leur dernier album, Below Sea Level, où s’entremêlent dans une harmonie brumeuse la noirceur du rock et les envolées musicales lancinantes d’une pop mélancolique.

Aparté.com: Raconte-moi la genèse d’International Hyper Rythmique ? Comment le groupe s’est-il formé?

Jean Martial Guilhem: Au départ, c’est plus un nom qu’un groupe. Avec Claire, on a commencé à jouer dans des groupes au collège et au lycée, on a monté autant de groupes qu’on a eu d’années scolaires. Chaque année est un recommencement quand on a seize ans, on change de classe, on change de petite amie et on monte un nouveau groupe, etc. Au bout d’un moment, c’est frustrant ce manque de constance.

La musique a toujours été quelque chose de fondamental et d’essentiel pour moi. Ce qui pouvait consister à jouer deux notes obsessionnellement sur un piano, une ritournelle qui dessine la forme de l’intime, qui maintient la présence de ce qui est perdu, quelque chose qui fait monde, qui rassure, deux notes qui montent et qui tournent, une signature, une forme à soi. Et chaque chose, chaque être possède sa petite ritournelle, sa tournure, sa manière d’être, sa nécessité d’existence, son insistance, son petit rythme. Et chacun de ses petits rythmes se conjuguent et s’accordent dans le rythme plus grand et universel des lunes et des marées, des saisons et des menstrues. C’est ce qu’est sensé évoquer le nom.

« Pour Below Sea Level, j’ai été très marqué par la littérature américaine de la beat génération « 

J’ai alors commencé à expérimenter des petites mélodies, des sons etc. J’ai travaillé avec un ami de lycée Cyrille Poumerie qui vit à Paris et qui a écrit trois des textes du premier album, Uncity Nation. Puis, c’est posée la question du live, Claire qui faisait de la batterie dans les différents groupes qu’on avait pu monter, et Laurence, qui chantait déjà dans diverses formations, se sont ralliées au projet et on a commencé à mettre tout ceci en forme. On a très vite commencé les concerts, et aussi rapidement enregistré notre premier disque.

Ce second album s’inscrit-il dans la lignée du premier, avec ses sonorités pop-mélancoliques, ou apporte-il quelque chose de différent ? 

Je pense qu’il y a une grande cohérence esthétique et émotive entre les deux disques, même si le dernier est plus complexe et peut-être plus noir. Les moyens n’ont pas été les mêmes. On a enregistré Uncity Nation dans ma chambre, Below Sea Level a été enregistré en studio, je pense que ça fait une différence.
3610153707724_600Below Sea Level est le deuxième opus de la formation toulousaine International Hyper Rythmique – Photos Aparté.com, DR

Pour cette nouvelle production, vous avez cherché à vous entourer de pointures telles que Julien Barbagallo (Tame Impala, Tahiti 80), ou Marek Hunhap. D’autre part vos performances scéniques donnent une tonalité plus rock aux titres de Below sea level notamment grâce à l’intervention de Stéphane Ziegler…

Effectivement. Pour l’enregistrement, nous avons travaillé avec quelques amis. Ce qu’on avait déjà fait sur le premier disque avec Cyrille Poumerie. La conception du premier disque m’a permis de rencontrer Marek Hunhap qui travaillait en tant que graphiste pour le label sur lequel nous étions mais qui excellait aussi dans la composition de musiques électroniques, et avec qui j’ai retravaillé les rythmiques synthétiques. Et comme pour cet enregistrement, on avait les possibilités techniques d’un studio, dont celle d’enregistrer correctement une vraie batterie, j’ai demandé à Julien que je connaissais depuis longtemps s’il voulait bien apporter son savoir faire sur certains morceaux qui pouvaient prendre plus de sens et de puissance avec le feeling  et l’acoustique d’une vraie batterie. Ce qui c’est fait avec une facilité merveilleuse.

« Le paradoxe que représente Marilyn Monroe est pour moi fascinant »

Ce sont de très bons musiciens. Maintenant la difficulté consiste à rendre la même intention sur scène sans batterie. De manière générale, on transforme pas mal les morceaux pour la scène. On a un nouveau guitariste qui joue avec nous, Stéphane Ziegler, ce qui permet d’élargir les dimensions soniques et d’apporter un côté plus rock aux concerts. L’alchimie se passe plutôt bien entre nous quatre sur scène.

Raconte-moi une anecdote, un moment qui a particulièrement marqué l’un de vos concerts.

Peut-être la première fois où l’on a joué au Bikini à Toulouse pour un festival organisé par Friends of P. On existait depuis quelques mois seulement, c’était notre troisième concert, et ça reste un de mes meilleurs souvenirs de scène. On avait monté une chorale pour l’occasion, du coup on s’est retrouvé à 13 sur scène pour le dernier morceau du set. Pour moi, en tout cas, ça a été assez émouvant. L’épreuve de la scène oblige parfois à revoir la structure de certains morceaux, voire à les modifier radicalement.

« Cowboy », extrait de Below Sea Level, deuxième album d’International Hyper Rythmique :

Quelle chanson prenez-vous le plus de plaisir à jouer sur scène ?

Par principe: toutes! En ce qui me concerne, ce qui n’est peut être pas le cas pour Claire, Laurence ou Stéphane, je ne sais pas. Mais quand ça se passe bien dans le son, quand on est tous sur scène dans le bon et même « mood » tout devient plaisant à faire.

« Ce qui inspire, c’est ce qui affecte, et l’affect est polymorphe dans ses objets. Il y a des inspirations formelles et des inspirations nécessaires, celles-ci seules font sens et peuvent être très variées « 

Venons-en à la question fatidique, mais inévitable : dans la vie comme dans la musique, quelles sont vos principales sources d’inspiration?

C’est une question toujours difficile qui devrait être posée à ceux qui écoutent la musique, je n’ai pas une grande connaissance musicale, je suis assez obsessionnel dans mes écoutes,  et il arrive souvent que l’on nous rapproche de groupes que je ne connais pas. Il peut arriver que des influences nous traversent inconsciemment, sans que l’on s’en rendre compte. Objectivement, je pense pouvoir dire qu’Interpol a été un groupe qui m’a marqué, tout comme The XX, le premier album de Still Corners. Mais on pourrait aussi citer le Velvet Underground, quelques albums de Talk Talk, Arab Strap, voire encore Fugazi, Ennio Morricone, Brian Eno. Au-delà de la musique, le cinéma ou la littérature peuvent être de grandes sources d’inspiration.
Pour Below Sea Level, j’ai été très marqué par la littérature américaine de la beat génération. Cette esthétique et cette éthique-là m’ont beaucoup inspiré. Essayer de trouver la richesse dans le dénuement, le sentiment d’éternité dans la destruction. Le paradoxe que représente Marilyn Monroe, par exemple, est pour moi fascinant. Du coup, on a mis un de ses poèmes en musique pour le titre « Norma Jeane ». C’est un texte assez beau et obscur, et intime aussi, ce qui permet de donner un peu de chair au mystère qu’elle peut représenter. Ce qui inspire c’est ce qui affecte, et l’affect est polymorphe dans ses objets. Il y a des inspirations formelles et des inspirations nécessaires, celles-ci seules font sens et peuvent être très variées. Je pense qu’il est important de savoir quelle émotion on veut donner avant de savoir comment on va la donner.

Quelles sont vos dates à venir après la sortie du disque ?

Pour la sortie du CD, on fait une petite Release party à la Maison Drôle à Toulouse le 1er décembre à 19h. On joue la veille dans le Lot à Beauregard. C’est le lieu où l’on répète où vivent des gens très dynamiques pleins de projets et d’activités. Ensuite, on joue au Connexion Live avec Juveniles le 6 décembre. Les 13 et 14 décembre, on joue à Paris à L’international et à Lyon au Kraspek Mysik.

>> Retrouvez International Hyper Rythmique dans le catalogue hyperarty.

Article rédigé par Julie Lafitte

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