TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESEn Aparté avec… Moodoïd

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

La très théâtrale formation parisienne emmenée par Pablo Padovani, fils de Jean-Marc Padovani, grand saxophoniste de jazz français installé à Toulouse, était de passage au Connexion Live mardi 24 septembre en première partie de Connan Mockasin. Une occasion en or de discuter d’un projet musical qui s’est fait remarquer pour sa « folie pure ».

MoodoïdMardi 24 septembre au Connexion Live, Moodoïd réalisait un « rêve »: faire la première partie de l’artiste néo-zélandais psyché Connan Mockasin – Photos Aparté.com, Florian Bardou

Moodoïd, c’est en quelque sorte le petit Ovni de la scène émergente française actuelle, grâce à un univers musical pop-psychédélique bien à eux qui emprunte des sonorités au jazz, à la world music et au rock. Formé en 2011, le groupe vient de sortir son EP Moodoïd le 2 septembre dernier grâce au tout jeune label Enterprise, qui vient tout juste de fêter son premier anniversaire.

Le quartette, qui a osé ramener la contrebasse et les paillettes dorées sur scène, est emmené par Pablo Padovani, talentueux guitariste de Melody’s Echo Chamber, repéré par Kevin Parker de Tame Impala, et fils de Jean-Marc Padovani, saxophoniste de jazz français reconnu depuis les années 1970-80, installé à Toulouse depuis quelques années.

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Assis bien confortablement dans les fauteuils molletonnés du Connexion Live, le jeune leader des Moodoïd a accepté de jouer le jeu de bout en bout de l’interview.

Aparté.com : Moodoïd, c’est quoi ?

Pablo Padovani : MoodoÏd, c’est un projet que j’ai créé il y a deux ans. C’est une sorte d’alien, un virus émotionnel, comme si tu marchais dans la rue et que tu ressentais quelque chose de fort et soudain.

Vous avez un côté très théâtral, burlesque, voire peut-être cabaret, c’est venu comment et pourquoi ?

J’avais un côté un peu glam quand j’étais ado. Je me déguisais souvent. Avec Moodoïd, ça s’est stabilisé. En parallèle, je fais une école de cinéma : j’écris des scénarios. Mon univers dans le cinéma est très burlesque. Je suis hyper attiré par la figure de Charlie Chaplin notamment. Ça se transpose dans nos clips naturellement.

« Vers les 16-17 ans, j’étais déjà attiré par la musique psyché: je haïssais le format pop classique en quatre temps et 3 min 20 s »

Dans vos clips comme « Je suis la Montagne » ou « De folie pure », pourquoi cette obsession pour la bouffe ?

J’adore la nourriture et je suis passionné par l’esthétique culinaire, le packaging, etc. J’aime aussi beaucoup l’idée des natures mortes : mettre en scène la bouffe dans nos vidéos de façon pop art.

Moodoïd2Sur scène, on retrouve Pablo Padovani (guitare, chant), Clémence Lasme (basse), Lucie Antunes (batterie) et Lucie Droga (clavier) – Photos Aparté.com, Florian Bardou

Le psychédélisme, ça s’est imposé naturellement ?

Vers les 16-17 ans, j’étais déjà attiré par la musique psyché: je haïssais le format pop classique en quatre temps et 3 min 20 s. Ce qui me faisait vibrer, c’était écouter des chansons longues, qui ne s’arrêtent jamais. Le côté pop s’est greffé par la suite, et j’ai eu envie de produire ce format psyché-pop.

«« De folie pure », c’est une chanson que j’ai imaginée en me baladant sur mon scooter dans Toulouse »

Est-ce que ton père, Jean-Marc Padovani, et le jazz ont influencé les sonorités Moodoïd ?

Mon père a eu une carrière très atypique à mélanger les musiques du monde comme le flamenco, les musiques berbères et le jazz. Enfant, j’étais noyé dans le jazz et la discothèque de mon père que j’ai beaucoup écouté. Il m’a dégoté quelques disques entre le rock et le jazz. Par exemple, un disque de Heavy metal bebop, Gaucho de Steely Dan. J’ai découvert les disques de Gong ou de Weather report aussi.

C’est déjà la deuxième fois que vous passez au Connexion Live. Est-ce que tu entretiens une relation particulière avec Toulouse puisque ta famille vit ici ?

Depuis que j’ai 18 ans, j’ai découvert Toulouse en me promenant par-ci par-là. J’ai besoin de venir régulièrement. Par exemple, « De folie pure », c’est une chanson que j’ai imaginée en me baladant sur mon scooter dans la ville. Aquaserge, ici, c’est un peu ma famille musicale.  Je suivais pas mal Hyperclean également quand j’étais plus jeune.

La prochaine étape, c’est quoi ?

On va d’abord co-réaliser un nouveau clip pour « La chanson du ciel de diamant ». Mais la vrai étape, c’est l’enregistrement du premier disque en janvier. On joue aux Transmusicales aussi en décembre : ça va être important pour nous.

Propos recueillis par Florian Bardou

Bonus – le clip « De folie pure » par Moodoïd:

Cet article a été publié il y a 9 ans. Il commence à dater mais n'est pas forcément obsolète.

Article rédigé par Florian Bardou

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