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TEMPS DE LECTURE : 20 MINUTESEn Aparté avec… Florence, transexuelle

Elle s’appelait François. Cela fait plus de quatre ans qu’elle est devenue Florence. Opérée à Bangkok en 2009, elle mène un combat permanent avec les juges pour obtenir plus de droits et plus de reconnaissance, devant une justice qui range, aujourd’hui encore, le transsexualisme au rang des maladies mentales. Alors, on l’a rencontrée à Toulouse. On a discuté de sexe, de genre, et de lutte sociale. Grand entretien.  

Aparté.com : Qu’est-ce qui vous a poussée à effectuer cette transformation ?

Je ne pense pas que l’on se transforme. Le mot « transformer » met les choses sur le terrain du magique. On ne vit pas au pays de Merlin l’enchanteur ! La notion de transformation renvoie beaucoup au corps, or c’est dans les sociabilités que tout se joue. On parle plutôt de « transition », un terme qui a l’avantage de recouvrir tous les aspects de la vie.

En ce qui me concerne, la raison première est que je me suis toujours sentie fille aussi loin que remontent mes souvenirs, précisément à cinq ans et demi. Ce constat est très commun chez les trans. Aujourd’hui, il est très courant que des jeunes soutenus par leurs parents réalisent des transitions à l’âge de 10-12 ans Pour ma part, je suis partie à Bangkok pour me faire opérer à l’âge de 50 ans.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Je suis née en 1959, j’avais 15 ans au milieu des années 1970, 20 ans dans les années 1980. C’était une époque où les trans étaient représentés comme des personnes menacées par le cabaret, la marginalité, la prostitution. On était dans la caricature. Je faisais des études d’ingénieur à l’époque. J’étais très intégrée dans la société, je voulais un métier et des enfants. L’univers trans relayé dans les médias m’effrayait.

« Les juges considèrent que le transsexualisme est une maladie mentale »

J’ai donc renoncé à une démarche que j’aurais eue dès l’adolescence si j’avais vécu aujourd’hui. Je me suis interdit de faire une chose qui me paraissait effrayante dans ses conséquences sociales. On n’a pas d’identité de rechange. On reste une fille ou un garçon suivant ce qu’on est dans sa tête. Les personnes trans qui refoulent leur identité restent dans des dynamiques d’échecs. J’ai une trajectoire familiale, sentimentale amoureuse et professionnelle extrêmement déstructurée jusqu’à ma transition.

Vous estimez-vous chanceuse au final ?

Oui, beaucoup. J’ai une petite anecdote. Quand j’ai pris mon billet d’avion pour Bangkok, j’ai du demander si je pouvais bénéficier de mes miles Air France. La carte était au nom de Mr Bertocchio François. Or, on ne peut pas voyager avec un nom qui ne correspond pas aux papiers. Je suis très militante et décomplexée donc ça ne m’a pas posé de problème d’expliquer ma situation à l’employé au guichet. Souvent, les gens ont un choc et c’est très fréquent qu’ils répondent « excusez-moi » parce qu’ils ont l’impression de faire irruption dans ma vie privée. Je leur dis que c’est les lois qui sont comme ça, qu’ils n’ont pas à s’excuser et je les rassure. Là, ce monsieur m’a surprise en me répliquant : « Mon dieu vous avez cette chance ! ».

J’ai vu alors toute ma vie défiler dans ma tête. J’ai repensé en une fraction de seconde à un film grec, Strella, qui raconte l’histoire compliquée d’une jeune femme trans à Athènes. Elle a une forte personnalité, elle est dans l’empathie par rapport aux autres et aide plein de gens à s’en sortir. Et j’ai répondu : « oui, on peut dire que c’est une chance ».

Avez-vous réussi à changer d’identité ?

Je n’ai pas encore changé officiellement d’identité. La situation en France est compliquée car il n’y a aucune loi qui fixe un cadre. En 1992, la France a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme car elle refusait d’accorder le changement d’état civil pour les personnes trans. Petit à petit, une jurisprudence à laquelle les juges s’efforcent de se référer s’est mise en place. Une circulaire de 2010 essaye de mettre à plat cette jurisprudence mais ce n’est pas suffisant.

L’attitude constante des juges est de refuser le changement d’état civil à des personnes mariées. Or, quand j’ai voulu demandé le changement, j’étais encore mariée. La procédure de divorce, qui a duré deux ans, s’est terminée en 2010.

Je ne suis donc pas allée devant le tribunal sans avoir terminé ce divorce. L’autre obstacle majeur est que la procédure est longue et couteuse. On doit faire un recours systématiquement contentieux, on assigne l’Etat. Il y a beaucoup d’arbitraire selon les tribunaux.

« L’univers trans relayé par les médias dans les années 70 m’effrayait »

A Toulouse, ça se passe bien mais dans certaines juridictions, ils s’autorisent à demander des conditions supplémentaires comme l’obligation de présenter 3 expertises différentes : l’avis du psychiatre, de l’endocrinologue (spécialiste des hormones) et du chirurgien. Les assos trans et LGBT luttent pour l’abolition de cette demande de conditions médicales  pour changer d’identité.

En Argentine, une loi qui est passée début 2012 a institué une procédure administrative sur demande et sans condition. C’est le seul pays au monde à l’avoir fait pour l’instant.

Les personnes trans sont donc toujours considérées par la loi comme des personnes malades ?

Oui, l’homosexualité a été déclassifiée des maladies mentales en 1992 alors que la transidentité ne l’a pas été. Pour les juges français, c’est implicitement considéré comme une maladie puisqu’ils sont amenés à se référer à la notion de transsexualisme qui est un trouble référencé dans les maladies.

Il y a déjà une sorte d’exclusion dans la loi. Cela nous met dans une situation de minorité juridiquement, à la place de l’exception, du malade mental. Pour la justification légale de notre identité, on est placé sous la tutelle des juges et des médecins qui ont le dernier mot.

« La procédure de changement d’état civil est longue et coûteuse : c’est un obstacle majeur »

Une fille trans s’est suicidée à Limoges récemment parce que bien qu’ayant rempli toutes les conditions nécessaires, les juges là-bas refusent systématiquement. C’est bien là le problème de la jurisprudence. Localement, les juges font ce qu’ils veulent puisque rien n’est établi.

A présent, il commence à se créer des réseaux de solidarité. Il y a des psychiatres qui délivrent certificats nécessaires sans considérer que c’est une maladie. On n’a donc pas besoin de passer par la procédure qui veut la personne soit suivie pendant un an pour décider si elle est malade ou non !

Avec la loi sur le mariage pour tous, pensez-vous que la situation juridique va évoluer ?

J’ai eu beaucoup d’espoir mais le mouvement anti m’a fait très peur. Cela m’a fait prendre conscience de la difficulté que ça allait être de changer les choses. Je pense que ça risque de rendre compliquée toute autre évolution pour l’instant, comme la PMA notamment. Contrairement au mariage de personnes de mêmes sexes qui est aujourd’hui légal dans une douzaine de pays et un certain nombre d’États au USA, il n’ y a que l’Argentine qui est à la pointe sur la question du changement d’état civil. J’espérais que le France serait le 2ème pays à le faire, j’espère toujours. Il suffirait d’une loi qui fixe un cadre protecteur pour les personnes trans car elles ont réellement besoin d’être protégées.


Quelles nouvelles relations entretenez-vous avec vos enfants depuis que vous êtes une femme ?

J’ai trois enfants. Sur le plan familial, la transition a été assez douloureuse, surtout pour mon ex épouse. Elle s’est radicalement opposée à ma transition, ce qui fait que c’est devenu très compliqué avec les enfants.

Continuez-vous à exercer l’autorité parentale ?

Les juges ne se hasardent pas à suspendre l’autorité parentale du parent trans, ce n’est pas systématique. J’ai plusieurs amies trans qui continue à garder leurs enfants. Mais nous sommes aussi nombreuses à être dans une situation de conflit parental autour du divorce avec des jugements défavorables, des suspensions de droit de visite…etc.

Comment caractériseriez-vous l’actualité médiatique et culturelle autour des questions trans ?

Elle très hétérogène. Un des constats du travail de Karine Espineira (spécialiste de l’audiovisuel) qui a fait sa thèse sur les personnes trans dans les médias (La construction médiatique des transidentités : une modélisation sociale et médiaculturelle) est que les personnes trans sont souvent représentées de manière assez caricaturale. Elle a étudié les archives de l’INA depuis 1947 de façon très exhaustive. Pour accéder aux images, elle a tapé les mots-clés suivants : travesti, transexualité, transexuel, transexuelle, transgenre et trans. Il en est ressorti que « travesti » et « transexuel » sont les deux mots qui reviennent le plus souvent dans les médias. Par exemple, au début des années 1990, il y a eu des sujets répétés sur « les travestis du bois de Boulogne ».

« Quant à l’actualité culturelle, il y a aujourd’hui une filmographie qui met de plus en plus en scène des personnes trans. Je suis persuadée que le fait qu’Hollywood ou la télévision française (je pense à Plus belle la vie, par exemple) mettent en scène les homos dans des séries ou des films a beaucoup contribué à banaliser l’homosexualité. »

Quelles différences et quels rapports y a-t-il entre les travestis et les transsexuels ?

Travesti et transsexuel sont deux mots qui posent problème car ils sont très connotés. Le mot « travesti » renvoie à l’idée de déguisement tandis que le mot « transsexuel » renvoie à tout un contexte médical de pathologisation. Je n’aime pas beaucoup ce mot. On revendique le mot « transgenre » parce qu’il fait sens. On ne change pas sexe, mais de genre. C’est grammatical !

« En 1992, la France a été condamnée car elle refusait d’accorder le changement d’état civil pour les personnes trans »

Les travestis et les transsexuels se trouvent dans une même communauté, réunie sous la même appellation englobante de « trans ». Bien sûr, on fait la différence entre une personne qui dit : « je suis un homme, je me travestis occasionnellement en femme » et celui qui prend une forme d’engagement en prouvant la réalité du processus et son irréversibilité en s’opérant. Mais la frontière peut être plus mince que cela. Beaucoup de personnes ne sont pas opérées pour des raisons financières, médicales ou parce qu’elles ne veulent tout simplement pas mais elles aspirent tout même à vivre avec une identité féminine sans pour autant avoir un corps typique de femme et inversement. On estime d’ailleurs qu’une minorité souhaite être opérée aujourd’hui.

Il y a une identification qui n’est pas souhaitable, non pas entre travesti et transsexuel, mais entre certaines personnes transsexuelles qui sont vues comme des travestis et les personnes qui se travestissent occasionnellement mais qui sont hommes en terme d’identité. Dans ce cas-là, je parle principalement des hommes vers femmes, dits MTF pour utiliser un langage que l’on reconnait davantage dans la communauté trans. En effet, pour désigner les deux grands sens de circulation, on aime bien employer les acronymes anglo-saxons MTF (male to female) et FTM (female to male).

Pensez-vous que l’on pourrait parler aujourd’hui d’un « troisième sexe » ?

Le mouvement récent des plus jeunes met de plus en plus en exergue le droit de ne pas se définir en employant les termes de MTX et de FTX. Ce qui est tout à fait respectable ! Ils revendiquent le fait de ne pas appartenir à un sexe ou un autre, cela correspond à leur sentiment. Ce que je revendique en tant que militante des droits humains et non en tant que personne trans, c’est le respect de ce que la personne dit d’elle, de la façon dont elle se perçoit et dont elle souhaite se situer par rapport aux autres.  Pour des raisons qui leur appartiennent, certaines personnes aujourd’hui ne souhaitent pas se situer sur une identité féminine ou masculine. Cela peut être pour des raisons politiques mais aussi pour protester contre la mise en avant systématique de l’identification du sexe au sens social et de celle du genre au corps. Désormais, les très nombreuses personnes qui vivent dans des corps non typiquement mâle ou femelle sont très dérangées d’être obligées de se mettre en correspondance avec une catégorie homme ou femme.

Comment la communauté trans toulousaine s’intègre-t-elle dans la ville, socialement et culturellement ?

L’association Arc en ciel, dont j’ai été présidente et pour laquelle je suis trésorière depuis quelques années, a créé une commission trans avec une triple ambition :

Travailler sur les droits et formuler des revendications (passer du simple fait de respecter les personnes trans à la création de conditions juridiques qui font qu’elles sont protégées par la loi), faire connaitre les questions trans au grand public et recevoir des gens qui sont parfois en très grandes difficultés.

Même si la Gay Pride a pu sentir le soufre, c’est quand même une institution aujourd’hui. On l’organise chaque année en Juin avec Arc en ciel. Un collectif toulousain organise également chaque année le festival Cabaret Trans qui réunit des danseurs, des comédiens, des musiciens…etc. Arc en Ciel soutient cette initiative.

Comment décririez-vous cette communauté ?

On a d’un côté des personnes trans plutôt âgées (40-50 ans) qui sont dans des schémas d’intégration sociale classique. Je suis ingénieure et j’ai des amies qui sont retraitées, professeur, webmestre, informaticiennes. Il y a aussi des personnes qui touchent le RSA, des sans emploi touchés comme d’autres par la crise économique. Toutes ces personnes restent très impliquées dans le tissu associatif.

Et d’un autre côté, il y a une population plus jeune, qui est dans des modes de vie alternatifs et communautaires, qui vit dans des squats, des colocations…etc. Ils sont assez reliés à ceux qui se revendiquent FTX ou MTX et aux modes de contestation du genre. C’est les jeunes, c’est l’avenir, c’est la maturation du mouvement. Il n’ira peut être pas complètement vers là. Je fais partie des gens qui travaillent à ce que ces deux catégories s’entendent le mieux possible.

Comment votre transition a-t-elle été accueillie dans votre cadre de travail ? A-t-elle eu des répercussions sur votre vie professionnelle ?

Je travaille pour l’aviation civile et on ne peut techniquement pas me licencier puisque j’appartiens à la fonction publique. J’ai toujours dit à ma hiérarchie : ne prenez pas de risque pour moi et tout s’est bien passé dans l’ensemble car j’y suis allée en douceur.

J’ai accepté de continuer pendant plus d’un an et demi à travailler avec mon badge et mon mail au nom masculin. J’ai pris sur moi et je l’ai géré toute seule. J’ai ajouté au bloc de signature un astérisque pour expliquer que cela ne correspondait pas à la réalité : « je vous prie de m’excuser pour cette incohérence ». Je vis toujours une idylle avec mon cadre de travail mais j’ai beaucoup pris sur moi tandis qu’une amie à moi qui est aussi dans l’aviation civile à Brest a rué dans les brancards pour obtenir rapidement tous ces changements et cela a créé quelques tensions avec sa hiérarchie. Ces situations où on est mis en position de faiblesse sont difficiles. Il peut y avoir des licenciements à la limite. Mais la boite perd devant le tribunal des Prud’hommes lorsqu’elle invoque la transition comme seul motif. Beaucoup de personnes pensent qu’elles doivent changer de vie lors de leur transition. Pourquoi devrais-je changer de boite parce que je change de genre ?

Comment a réagi votre entourage ?

Le vrai challenge est d’être capable de vivre collectivement et relationnellement la transition. La vraie normalisation est sociale. Quelque soit l’âge, cela implique de faire une transition sociale. C’est l’affirmation d’une personnalité, d’un certain rapport à l’autre. C’est une situation qui impose de faire une déclaration.

Je ressens personnellement une différence de réaction entre les hommes et les femmes. Il y a eu d’emblée une adhésion profonde chez les femmes. Une de mes copines m’a prise dans ses bras et m’a dit : « bienvenue ! ». Chez les mecs, il y a un peu plus de malaise sensible. Beaucoup ont mis la distance en disant : « oui je respecte, c’est ta vie privée ». Mais justement, c’est aussi public puisque cela implique une facette sociale. Le point dur, c’est le travail et les voisins aussi. Au début de ma transition, dans le quartier où j’habitais, la petite des voisins a dit un jour à sa mère : « j’ai vu le voisin, je crois qu’il se travesti ! » A un moment,  je suis allée expliquer à tout le monde. Et ma voisine très amusée m’a dit : « Ah mais c’était donc ça ! »

J’ai fait un pot à mon travail en 2009. Je sortais déjà en fille depuis plusieurs mois et j’avais commencé à prendre un traitement hormonal. C’était surtout pour poser une nouvelle façon de fonctionner et rassurer les gens sur ce que cela impliquait. Mon intuition c’était de leur dire qu’il y aurait trois règles : je me définis au féminin, je n’oblige personne à me considérer comme une femme (c’est mon crédo personnel) puisque la liberté que j’ai de me définir en terme de genre implique celle des autres. J’y mets bien sûr la limite du mépris et de l’insulte. Et pour finir, je sentais qu’il fallait rassurer les mecs alors j’ai dit que je ne ferais pas la bise à ceux que je connaissais d’avant. En effet, ça fait partie des sociabilités ! Je me suis dit que cela pouvait en inquiéter certains d’être obligés de reconnaitre ma féminité de façon sociale.

Au travail, un collègue m’a dit : « Arrête tes conneries, je te fais la bise ! ». Un autre a cherché à savoir où j’en étais en terme de sexualité lorsque l’on a échangé de bureau en me conseillant de regarder à travers la fenêtre la jolie voisine. Ce à quoi je n’ai pas répondu parce que même si j’ai le sens de la répartie, je me suis amusée à le laisser dans le doute !

Qu’en est-il des FTM (Female to Male) ?

Pour les garçons trans, la question du corps est compliquée. En effet, on n’a pas tous la même vision du corps intime dans notre représentation du masculin et du féminin. Je constate que beaucoup de personnes nées fille (FTM) n’ont pas forcément une référence très forte au corps intime, en particulier au pénis, dans leur représentation personnelle du corps.

Il y a ensuite la question de la technologie. J’ose ce mot parce qu’il ne me fait plus peur. La technologie, opératoire en l’occurrence, marche très bien pour les MTF mais moins pour les FTM. Ils préfèrent donc être dans un rapport avec le corps qu’ils connaissent plutôt que de se hasarder à des opérations compliquées et très couteuses. Cela est surement lié au fait que le corps des femmes a été très mal connu jusqu’à aujourd’hui.

Les chirurgiens n’ont pas les mêmes performances technologiques pour les garçons et les filles. Il n’est pas question ici de l’apparence. Cela concerne la personne elle-même et la fonctionnalité de son sexe. Certains disent qu’ils ne vont surtout pas aller se faire opérer seulement pour avoir l’apparence requise par les autres pour être considéré comme un homme ou une femme.

Quel est votre rapport à la sexualité suite à votre transition ? Le sexe et la sexualité sont-ils liés selon vous ?

J’ai tendance à dire : on a des vies qui nous ouvrent des espaces. Personnellement, j’ai découvert que depuis toute petite j’ai été attirée par des garçons. L’avant transition peut être dans le refoulement des attirances. Une fois ma transition commencée, j’étais persuadée que j’étais toujours attirée par les femmes et je le dis aujourd’hui : je ne serais pas étonnée de finir ma vie avec une femme. Pourtant, au quotidien, j’ai une relation avec un homme depuis deux ans.

Beaucoup de gens hétéros sont dans un rapport de crainte ou de répulsion par rapport à l’homosexualité, de l’ordre du dégout. Je pense au contraire que les personnes trans sont dans une certaine liberté par rapport à tout ça. La bisexualité est un vaste sujet. C’est la grande absente des problématiques LGBT. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes se déclarent bisexuels. Il y aura peut être de nouvelles définitions à l’avenir de la part des générations suivantes.

Beaucoup de personnes trans disent que la sexualité avant la transition ne dit rien sur celle d’après. Le fait d’être hétéro avant la transition ne signifie pas qu’on va le rester après et inversement.

Avant, il y avait une vision très normalisatrice chez les médecins. La situation était forcément l’hétérosexualité quand on passait de la situation normale A à la situation normale B. Je dirais que j’ai traversé ma transition un peu comme le personnage du film Laurence Anyways de Xavier Dolan. Malgré la rupture, j’étais toujours attirée par ma femme.

Pour moi, la sexualité n’est pas une préoccupation au sens d’un souci mais au sens d’une chose importante. Je vais regarder ce que j’éprouve, de quoi j’ai envie. Ainsi, on peut être homo avant, hétéro après…etc. Toutes les possibilités existent. Il faut oublier l’idée de lien entre les deux.

Propos recueillis par Anna Ezequel

Article rédigé par Anna Ezequel

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2 commentaires

  1. Coucou
    Je viens de te lire sur le web.Je me présente Stéphanie âgée de 41 ans hormonee depuis 3 ans je suis suivie par andro a Lille psy a Corbie ma région je vais bientôt être opère a Gans Belgique vaginoplastie je travail pour un société de sous-vêtements féminin Chantelle Passionata mon parcourt a commence quand j ai dévoile mon secret a ma direction au niveau familiale tous le monde est au courant je parle beaucoup avec ma mère mon père ne m en parle pas du tout,je vais bientôt commencée épilation au laser mon médecin traitant a demande un ALD qui a été renouveler jusqu en 2016 mon bilan hormonal est enfin normal traitement 1 androcur 100 par jours et estravagel 4 pressions tout les soir le début a était bizzard mon humeur mon moi intérieur très sensible et beaucoup DE fatigue tous les 6 mois bilan hormonal et verif du foie.Avec ma direction a chantelle nous somme d accord que je doit y aller progressivement je porterai jupe quand mon état civil aura changer ma direction et de tout coeur avec moi cho fut le début quand je porte bague et que je maquillee maintenant quand je suis pas comme t elle on me demande sije suis malade le personnel masculin m avait tourne le dos au début puis mon directeur a mis les haut la ils reviennent un par un me parle ou me dire bonjours….
    J aimerai dialogues avec toi car mon parcourt n est pas encore fini mais presque.
    Bise
    Stéphanie delaune

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