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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESEn Aparté avec… Azad Lab

Ils ont fêté la sortie de leur nouvel EP là où ils étaient montés pour la première fois sur scène à Toulouse : à la salle du Cap, sur le campus de Paul-Sab. Groupe au nombre de 11, on ne peut pas les rater. Quant à leur musique, elle est inimitable, et reste longtemps en tête. Focus sur un groupe toulousain qui étonne et détonne…

Azad Lab ©Célia Coudret

Au début, ils étaient deux au lycée Bellevue, à Albi, à jouer ensemble. Puis au gré des rencontres musicales, un groupe se forme. Le projet Azad est monté, les répétitions et les petits  concerts s’enchaînent. Ils sont montés sur la plupart des scènes de leur ville d’origine, si ce n’est le Connexion Live, le Cri de la Mouette (trop petit) et le Zénith (trop grand)… Mais le Bikini, tant pour l’accueil que l’acoustique ou encore la rencontre avec Biga Ranx reste leur meilleure souvenir de presta à Toulouse.

Azad Lab : Un laboratoire musical

Dans ce qu’ils appellent l’« exploration hip-hop », ils partent d’une base hip-hop sur laquelle ils greffent d’autres styles. Groupe (presque) touche-à-tout qui fusionne les genres, ils surprennent chaque fois de nouveaux publics. On les imaginerait explorer de nouveaux styles, pourtant ils tendent désormais à se restreindre. « Le projet du début avec « Azad », ça partait dans tous les sens. Au final, on avait du mal à se créer une identité musicale. Ce à quoi on fait plus attention aujourd’hui ». Le groupe avance, se donne de nouvelles contraintes pour mieux se transformer. En mouvement, tout comme l’est leur musique, en évolution.  Il n’en reste que leur genre, c’est de ne pas en avoir. « On s’autorise un peu tout. Il y a peut être quelques genres, comme le métal, le punk…  auxquels on est encore réticents, mais nos horizons restent larges. ». Pas de limites, mais quand même.

Et avec l’arrivée des machines, le nouvel Azad Lab part sur plus d’électro, quelque chose qu’on ne trouvait pas dans le premier EP  Ebullition  est de ce point de vue bien plus poussé.

De la vie de groupe à la démocratie directe

Dans un groupe aussi nombreux, (9 musiciens, sans compter les techniciens), la répartition des tâches est un sujet clé. Comment maintenir un cap, une ligne directrice,  de la cohérence dans le temps, quand on est aussi nombreux et différents ? « Un de nous centralise tout, un peu comme un manager… Mais le principe étant qu’il n’y a pas de chef, on est toujours dans le débat, on applique la démocratie directe et on vote souvent. ». Chacun a ses envies, sa volonté, mais le compromis est la règle. « Chaque partie de chaque instrument est parfois votée… C’est la concertation qui prend le plus de temps ». La composition des morceaux peut prendre parfois un mois, donner du fil à retordre au groupe, donnant au final quelque chose de riche et inattendu. L’idée peut venir de l’un des membres du groupe puis elle sera débattue collectivement.

« On essaye d’être indépendants au maximum, on se répartit les tâches : composition, vidéo, comm’… La difficulté, c’est la mise en commun. La démocratie, c’est compliqué »

Beaucoup de réunions, de concertation, pour un groupe de jeunes qui passent finalement une grande partie de leur vie ensemble (quatre d’entre eux vivent d’ailleurs en colocation).  Et entre les étudiants et ceux qui travaillent, c’est autant d’emplois du temps à concorder… Une vie de groupe très prenante, intransigeante mais finalement passionnante.

De la musique au scénario d’une web-série

Sans faire de la scène une pièce de théâtre, ils veulent du moins peaufiner la mise scène, les chorégraphies, les décors, pour mieux illustrer leur univers durant les concerts. Ainsi est venu l’idée de créer de vrais interludes entre chaque morceau, avec des petites scénettes. Un univers qu’ils tentent d’amener également par la vidéo, à l’instar de la web-série qu’ils ont lancé : un laboratoire expérimental où se mêlent fiction et mystère : une « métaphore filée » du chemin parcouru par le groupe. « L’idée principale est fixée mais c’est encore en cours d’écriture… On ne raconte pas notre passé en tant qu’individus : c’est le passé d’ Azad Lab et la vie des personnages qui font le projet qu’on essaye de représenter ». L’internaute quant à lui, comprend au fur et à mesure des épisodes ce qui se passe réellement.

« La web série permet d’aller plus loin dans ce qu’on appelle « l’exploration ». Elle reflète notre façon de travailler : la recherche des styles, des moyens de les jouer, d’expérimenter les mélanges d’influences… C’est là notre projet à travers une fiction »

Un des membres, ancien étudiant en BTS image (aux Arènes) est dévoué à la tâche. Et en multipliant les supports, le projet devient, au-delà du musical, la création de tout un univers, ensemble.

Si l’on cherche quelque chose qui pourrait leur manquer, il n’y a que la visibilité, à étendre. Et le graphisme peut être « s’il peut rentrer dans la même dynamique que nous ». Et s’il est difficile d’élaborer un tel projet que celui d’Azad Lab avec autant d’individualités, c’est pourtant autant de possibilités, de capacités et d’idées… Indépendant et complet, le groupe a un potentiel (et un talent) qu’il est rare de rencontrer.

Article rédigé par Célia Coudret

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