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TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLIVRE/ Le Diable, Léon Tolstoï

Titre : Le Diable

Auteur : Léon Tolstoï

Date de sortie : 1911

Pays : Russie

Le livre en un tweet : « Désolé, j’ai pas pu m’en empêcher @DSK »

Commentaire :

Une nouvelle qui pénètre le cœur de l’homme et qui le sonde jusqu’à la mort. Voilà en quelques mots ce qu’est « Le Diable », courte nouvelle publiée par l’écrivain russe Léon Tolstoï en 1911, à titre posthume.

L’histoire est simple. Irténiev, honnête propriétaire terrien russe, à une vie bien réglée. Son vaste domaine l’accapare. Le dur labeur qu’il exerce cache, momentanément, d’un voile de terre ses amours. Un beau jour, alors que ses pulsions sexuelles le rongent, Irténiev décide d’aller les assouvir auprès d’une belle paysanne impudique au nom de Stépanida. Mais il est bien loin de se douter du piège dans lequel ses irrépressibles envies l’ont jeté. Honteux de lui-même, il prend la décision de ne jamais plus revoir cette fille méprisable et décide de se marier à une femme. Il épouse alors la douce et sensuelle Lise, au romantisme exacerbé. Mais toujours cette Stépanida qui le pousse à la tentation. Irténiev n’a alors plus qu’une chose en tête : ne pas céder à la tentation même.

La tentation de la chair plus forte que la raison ?

Au fil du récit, c’est cette irrépressible envie qui tourmente et déstabilise le lecteur mal à l’aise, sans doute gêné de se regarder de trop près dans ce miroir de feuilles et d’encre. Cet homme qui devient faible devant l’envie sexuelle qui déshonore, est en perpétuelle lutte avec lui-même. C’est cette opposition permanente entre le sexe sans amour et l’amour sans sexe, qui dirige la trame du roman, non sans tension.

Une nouvelle qui pénètre le cœur de l’homme et qui le sonde jusqu’à la mort.

L’homme dans sa bestialité, dans sa laideur, tel est le portrait cruel que dresse Léon Tolstoï de l’espèce humaine. D’autant plus cruel qu’il est réaliste. Plongé au cœur du vice et de la tromperie, l’auteur parvient à réveiller le diable qui sommeille en nous. Répondre à ses envies, c’est oublier sa raison. C’est ce que va faire Irténiev, qui après avoir maintes fois tenté de rejeter ses pulsions bestiales, va se livrer au pêché de la chair en retrouvant sa maîtresse qui l’obsède. L’homme est donc faible, incapable de dominer la nature. Tout ceci conduira le pêcheur au suicide. Une histoire sombre qui peint l’être humain sous des traits noirs et cruels.

On peut appliquer à cette nouvelle deux analyses distinctes. La première est celle évoquée plus-haut. L’homme est un faible qui, comme un vulgaire animal, ne peut aller à l’encontre de ses pulsions.

Mais on peut aussi lire cette nouvelle comme une fable d’Esope empreinte d’un mystique catholicisme. Aussi l’auteur montre ce à quoi conduit le pêché : la honte et pire encore, la mort dans le sang. On peut mettre en évidence la morale chrétienne qui s’en dégage, la nouvelle peut être comprise comme une longue métaphore du: « Tu ne commettras pas d’adultère ».

En tout cas, Léon Tolstoï parvient à s’adresser directement à la partie la plus obscure de notre âme. Même l’homme le plus vertueux peut céder à la pire des choses et gare aux conséquences.

Morale : L’homme ne serait-il qu’un animal doué de parole ?

Ce qu’en diront les autres : Attention, le diable sommeille en nous tous.

Avis du conseil : Si vous vous identifiez à Irténiev, votre compagne a du souci à se faire.

Suite logique : Les Liaisons Dangereuses.

Pourcentage : 80 %

Article rédigé par Yoann Solirenne

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