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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESSplash, l’émission qui fait Tash’

Si j’avais réellement voulu bien faire, j’aurais regardé le nouveau programme de TF1, Splash, en entier. Sachant vaguement, par avance, ce à quoi j’aurai droit, j’ai dû me préparer une semaine durant avant de regarder ce nouveau « concept » où des guignols plongent du haut d’un sautoir afin de remporter quelques dizaines de milliers d’euros. Retour sur cette pêche à pognon, où l’individu est prêt à perdre sa dignité pour quelques liasses.

@TF1 Christophe Chevalin

Samedi matin, je décidai de me faire épiler intégralement le corps d’athlète olympique qui m’a gracieusement été livré par le créateur. Torse, abdos, aisselles, entrejambe, sourcils, tout y passa. Naturellement, je versai quelques larmes.

Le lendemain, je décidai de passer à une tout autre torture, psychologique celle-là. Je ne sais pourquoi, un vieil ouvrage de Bernard-Henri Lévy traînait au fond de ma bibliothèque. Je le saisis, et m’infligeai sa lecture. Naturellement, je dus pleurer afin de ne pas me jeter à la mer, les pieds lestés à une bûche.

Lundi. Quoi de pire pourrait s’offrir à moi ? Je me dirige vers mon armoire à films, oui j’en ai une, et regarde lequel de ces abrutissoirs a le plus grand pouvoir lobotomisant. Comme par miracle, je tombe sur un bon Fabien Onteniente. Camping, Disco, hmmm, quand même j’hésite. Finalement mon choix se tourne vers Camping, son meilleur film, c’est pour dire… Après plus d’une heure, mon cerveau semble s’être rétréci. Je ris bêtement à la moindre blague. J’ai envie de m’acheter un coussin péteur. Une folle envie de lancer des tartes à la crème sur de petits enfants innocents. Ma longue route vers l’abrutissement final ne faisait que commencer pourtant.

Mardi. Il fait gris dehors. J’ai envie de musique pour me remonter le moral. Toujours dans cette logique implacable qui vise à me faire supporter « Splash », je me dois de m’imprégner de basses conneries. Je me dirige donc vers mon étagère à CD, oui j’en ai une, et y jette ma main au hasard. Tombé par hasard sur un album de Patrick Sébastien, je sors le CD de sa boîte et l’insère dans mon lecteur de compact disc. Je tourne ma pochette et découvre les titres. Le petit bonhomme en mousse, La Sardine, On fait tourner les serviettes… Mais vers quel chef-d’œuvre mon choix va-t-il s’orienter ? Allez, je me les fais tous ! Je règle le volume sur 20, ni trop fort ni trop faible, et appuie sur la touche « Play ». Ça commence. Dès les premières notes de trompette et de tuba, je me sens comme embarqué par la folle farandole de Patrick. Pris d’un élan de bonne humeur, je cours vers mon placard à boissons, j’en ai un, et me saisis de la bouteille de Ricard la plus proche de ma paluche. J’en verse 4 cm dans un verre, y jette nonchalamment trois glaçons qui crépitent aussitôt et comble le vide par de l’eau fraîche. J’emporte avec moi un saucisson à l’ail et en avant la fiesta ! Patrick chante, je danse, je bois, mange, rote, je m’approche de l’Anapurna.

Mercredi. Que vais-je bien pouvoir faire de ma journée ? Le soleil semble comme se lever à l’horizon. Cela me met de bonne humeur. Je vais me regarder un DVD d’un humoriste, tiens ! Lequel ? Je me dirige vers mon armoire de DVD d’humoristes, oui j’en ai une, et contemple le large choix qui s’offre à moi. Jean-Marie Bigard, Patrick Timsit, Bernard-Henri Lévy, Dany Boon, Kev Adams. Étant donné ma relative bonne humeur joviale, rien que ça, je me saisis du DVD de Jean-Marie Bigard. Je le fourre dans mon lecteur de DVD relié à mon écran plasma gigantesque, sur lequel même je regarde le 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, passons, là n’est pas le sujet, et je balance mon corps dans le canapé, où quelques chips craquent sous l’effet de ma masse. Play ! Je passe plus d’une heure à me fendre la poire, à rigoler à gorge déployée, à me déféquer dessus. Ce Jean-Marie alors !

Jeudi. Avant-dernier jour avant le jour J. Il faut que je m’administre la plus grande des conneries, si je veux survivre à ce qui m’attend demain. Soudain, c’est la révélation. C’est Las Vegas dans ma tête. Le nom de Carole Rousseau clignote à tous les étages. En bleu, en rouge, en jaune, en vert, son patronyme illumine mes sens. Je décide de consacrer ma journée à une diffusion continue de tous les programmes qu’elle a animés. J’en profite au passage pour regarder ceux de Daniela Lumbroso, autre championne incontestée de présentatrice potiche de navets télévisuels. Ca y est, je crois que je suis fin prêt !

Vendredi. C’est le jour J ! Je m’installe tranquillement devant ma télé. Les pubs n’en finissent pas de défiler. Je règle avec précision le volume de mon écran plasma gigantesque afin d’apprécier au mieux le délicieux programme que je ne cesse d’attendre. Ca commence, je tremblote, suis pris de spasmes violents. Permettez-moi de vous dire une chose et voyez plutôt la semaine que je viens de passer : Bernard-Henri Lévy, Jean-Marie Bigard, Patrick Sébastien, Fabien Onteniente, Carole Rousseau, épilation totale. Eh bien, malgré tout cela, Splash se classe championne toutes catégories de la connerie humaine et télévisuelle. TF1 parvient, une nouvelle fois, à réaliser un véritable tour de force et à se placer en tête du championnat de l’imbécillité humaine à l’échelle galactique. Chapeau bas TF1. Splash, l’émission qui fait Tash !

Petit jeu, retrouvez l’original de la copie :

Article rédigé par Yoann Solirenne

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