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TEMPS DE LECTURE : 6 MINUTESLe boom scientifique en URSS de 1922 à 1991

Lorsqu’on pense « sciences » en URSS, on imagine tout de suite des bases secrètes grouillant de scientifiques à l’accent moscovite, encartés au Parti Communiste et tous cachés sous un épais manteau de neige, au fin fond de la Sibérie. On pense aussi à la conquête de l’espace, avec ce fameux Spoutnik et Yuri Gagarine. Entre imaginaire et réalité, nous allons faire un petit voyage dans le temps, nous allons nous mettre dans la peau d’un scientifique imaginaire et voir un peu ce qui s’y passe.

Pour l’occasion notre personnage s’appellera Dmitriev Povolski, il voit le jour en 1920 à Moscou. Comme beaucoup de scientifiques de sa génération, il va aller étudier la physique à l’université de Moscou. En 1941, il obtient son diplôme avec mention, rentre au parti, côtoie les leaders et parvient à se trouver une place dans une usine d’armement, sur les rives gelées de la Volga. Comme beaucoup de ses confrères, il conçoit de nouvelles armes de plus  en plus performantes et solides. Pendant ce temps-là, un de ses amis, Mikhaïl Kalachnikov s’amuse à esquisser quelques armes depuis son lit d’hôpital où il est en convalescence. En 1949, il donnera son nom à l’une des plus célèbres armes russe. A la veille des années 1950,  pour Dmitriev et ses amis, la guerre se refroidit, la course à l’armement et à la dissuasion est lancée. L’URSS se transforme en vaste terrain de jeu et d’expérimentation pour ces astrophysiciens, physiciens, chimistes, ingénieurs.

Des rats de labo et des hommes

En 1955, Dmitriev et ses camarades sont environ 220 000. Certains se penchent sur les sciences humaines, d’autres se passionnent pour les sciences pures et dures. Près de 100 000 d’entre eux sont alors employés à la recherche. Tous ont fait des études prestigieuses. L’URSS est alors le pays qui compte le plus de scientifiques hautement diplômés (35% d’entre eux le sont, tandis qu’aux USA seulement 18% le sont). Autant dire que les moyens mis en œuvre sont spectaculaires et vont aboutir à un nombre impressionnant d’innovations.

En Sibérie, dans les années 1950, les soviétiques vont bâtir un impressionnant centre de recherche scientifique sous le nom d’Akademgorodok. Informatique, chimie, physique, mécanique ou encore mathématiques vont se rencontrer dans ce complexe qui compte plus de 60 000 habitants. Dmitriev va y côtoyer Mikhaïl Lavrentiev, célèbre mathématicien, qui perfectionnera l’utilisation de l’explosif dans les travaux publics.

Dans les années 1930, Frédéric Joliot-Curie, français nobélisé, se rendit à Leningrad où se tenait une conférence sur la physique nucléaire. Il définira les scientifiques soviétiques comme des « hommes parvenus à sortir de l’obscurantisme grâce à la science ». C’est en effet lors des évènements de 1917  que la Russie va voir en la science un moyen de mieux comprendre le monde. Lénine lui-même sera un fervent défenseur de la cause scientifique jusqu’à sa mort en 1924.

Ainsi notre Dmitriev Povolski ainsi que tous les hommes de science de sa génération sont les héritiers directs de ce passé en quête de vérité.

 

Vers l’infini et l’au-delà !

Dès le début du XXème siècle, Constantin Tsiolkovski, scientifique russe, va se mettre à imaginer une machine capable de se mettre en orbite toute seule, comme une grande. Mais les moyens techniques ne sont pas encore au point. C’est  alors qu’en 1931, le Grouppa Izoutcheniïa Reaktivnovo Dvijeniïa (ou GIRD pour Groupe d’étude du mouvement à réaction) contrôlé par les organisations paramilitaires soviétiques, va être le premier institut du genre à concevoir des fusées. Ainsi, en 1933, la première fusée soviétique, qui répond au charmant nom de GIRD-9, est lancée à plus de 400 mètres d’altitude, soit un exploit pour l’époque.

Les scientifiques ayant participé au projet de GIRD-9 vont travailler ensemble sur un projet plus ambitieux : le satellite Spoutnik. Il y en aura dix au total. En 1957, Spoutnik-2 amènera pour la première fois dans l’espace un être vivant, une chienne au doux nom de Laïka. Entre parenthèse, l’animal est mort 7 heures après le lancement du satellite dans des conditions assez pittoresques puisqu’elle a surchauffé.

Notre aimable Dmitriev aurait très bien pu nous parler de son ami Youri Gagarine, premier homme à avoir effectué un vol dans l’espace. En 1961, il embarque à bord du vaisseau spatial Vostok 1 conçu par l’un des plus brillants ingénieurs de son temps, Serguei Korolev. Gagarine va passer 89 minutes en orbite qui vont changer la face du monde. Les soviétiques ont ouvert la voie de l’espace à l’humanité.

Guerre et Paix

Il est en effet impossible de nier les avancées scientifiques russes. Mais il faut garder à l’esprit l’ambiance électrique qui anime cette période de l’histoire. La guerre froide suit son cours et l’URSS entame un programme de recherche militaire impressionnant. En 1976, l’URSS entreprend un vaste chantier de constructions maritimes. L’océan doit être sous contrôle à tout prix. Ainsi, le sous-marin de classe Typhoon va émerger des eaux russes avec ses 170 mètres de longueur. Il est alors le plus gros sous-marin jamais construit. Doté d’une portée de 10 000 kilomètres, il emporte avec lui plusieurs missiles comportant plus de dix têtes nucléaires chacun. Autant dire que les soviétiques ont vu gros et aiment la démesure.

Dans le même temps l’URSS se dote d’une flotte de croiseurs de guerres, tous plus impressionnants les uns que les autres. Ces monstres d’aciers au blindage infranchissable, transportent jusqu’à 800 hommes.

Mais le véritable « exploit » militaire réalisé par l’URSS et le projet de la Tsar Bomba. Elle va être à l’image de la course aux armements et déclencher dans l’opinion publique une remise en cause qui va faire peur. Avec 57 mégatonnes, c’est l’arme la plus puissante jamais construite. En 1961, les russes la font exploser sur l’archipel de la Nouvelle-Zemble. Une gigantesque boule de feu de 7 kilomètres de diamètres se dessine dans le ciel. Après l’explosion, le sol s’apparente à une patinoire géante, plus rien ne subsiste.

 

L’URSS a connu une période de chamboulements scientifiques touchant à tous les domaines. Espace, sciences exactes, armement, etc. Autant de domaines qui ont explosé dans ce contexte si particulier. Ce sera la Bomba Tsara qui réunira tragiquement tout le savoir accumulé de cette URSS au dessein grandiose. Ce sera aussi elle qui entamera la Détente, période où la guerre froide commence à se dissiper. Entre folie et grandeur, l’URSS aura marqué le XXème siècle de son indéniable génie.

» Retrouvez la suite de notre dossier complet sur la Dominicale Back in the USSR par ici.

Article rédigé par Yoann Solirenne

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