Le Mercredi 13 février 2013 - 13:23 par Mari Goicoechea dans À la une, En Aparté avec

En cette chaude après-midi de février, Tété est venu à la maison. Enfin, à La Maison, rue Gabriel Péri à Toulouse… En pleine tournée nationale pour la promotion de son nouvel album Nu là-bas, le chanteur mondialement connu pour sa célèbre A la faveur de l’automne se balade de ville en ville, à la rencontre de son public. Après avoir écouté en avant-première l’intégralité de son album et eu l’honneur d’assister à un concert très privé en acoustique – « parce que c’est de plus en plus rare d’entendre de vrais sons de voix et de guitare », selon l’artiste -, il est temps d’en savoir un peu plus. Installé dans un fauteuil, à la lueur rassurante d’un feu de cheminée, Tété se livre au jeu des questions-réponses avec modestie et générosité. Rencontre.

Aparté.com: Le nom de ton album est énigmatique…

Tété: En fait, j’ai réécouté mes précédents albums, ce que je n’avais pas fait depuis longtemps, et j’ai eu l’impression d’entendre la voix d’un type qui se cachait derrière des formes, des tournures de phrases. Je me suis demandé : « ce type qui se cache, c’est qui ? ». Je me suis donné un cadre pour le découvrir, en me disant, « si tu partais sur une île déserte avec seulement 13 souvenirs, lesquels prendrais-tu ? » Pour la première fois, j’ai parlé de mes débuts de chanteur à Paris. Finalement, j’allais nu dans mes souvenirs, d’où le titre Nu là-bas.

Déjà cinq albums studio depuis 2000, tu t’attendais à parcourir un tel chemin ?

Non, je m’y attendais pas du tout. J’ai commencé dans les bars en faisant tourner le chapeau. C’est vraiment une histoire de rencontres. On m’a fait confiance, j’ai sorti un premier album, qui a été apprécié au Canada, pays où j’ai composé A la faveur de l’automne, chanson qui est allée jusqu’au Japon ! Là-bas, j’ai rencontré André Manoukian, qui m’a proposé de faire avec lui une émission de musique à la télé (« Tété ou Dédé », sur Arte). Ça s’est vraiment passé comme ça, de fil en aiguille.

«Mes grands-parents se sont rencontrés sur une chanson de Marley.»

Justement, les rencontres que tu as pu faire grâce à cette émission de reportages musicaux à travers le monde t’ont-elles influencé dans ton travail ? 

Disons que j’ai toujours été inspiré par la culture pop américaine, et ça tombait très bien, notre première destination était les États-Unis. Là, on revient de Jamaïque, moi qui ait toujours été un grand fan de Bob Marley, surtout à l’époque où sa musique était considérée comme du rythm and blues. Mes grands-parents se sont rencontrés sur une chanson de Marley. J’ai toujours beaucoup d’inspiration quand j’écoute des sons venus de Martinique, Réunion ou Nouvelle-Orléans, etc. J’assimile tous ça à un territoire créole, avec une forte présence française. Ça me correspond.

Les titres de tes précédents albums, et la multitude de personnages qui y sont contés (dans Le sacre des Lemmings, ou Par monts et vallons, entre autres), seront-ils repris sur ta prochaine tournée ou as-tu envie de tourner la page ?

Pas du tout, cet album n’est pas un prétexte pour faire table rase, au contraire, les anciens titres seront réintégrés dans mes concerts. Nous venons juste de finir les répétitions de la nouvelle tournée, avec pleins d’anciens morceaux, réarrangés. Je vois la musique comme une bande-son, mes morceaux me renvoient à des souvenirs, des moments de ma vie. Dans le titre Le magicien, j’étais en période de grande découverte, je commençais tout juste à être connu, j’étais un peu perdu. Je n’oublie pas tous ces personnages, je crois que l’idée c’est de s’autoriser à être soi.

L’année s’annonce chargée, quels sont tes projets et dates pour 2013 ?

Principalement, nous partons en tournée dans toute la France avec l’équipe. Je serai à Toulouse (au Bikini) en mars. Et je viens de commencer une véritable histoire d’amour avec l’Australie et le Japon, pays dans lesquels je ferai aussi une tournée.

Cet album paraît plus adapté aux grands salles que tes précédents, plus « intimistes ». Tu as une préférence ?

J’ai appris à aimer les deux. Avant, c’est vrai, je préférais les petites salles, qui se prêtaient bien à la guitare folk. Puis j’ai écouté du blues, avec des sons plus forts et profonds, j’aime que la musique m’emmène. Il me tarde autant de monter sur des petites ou grandes scènes. Les petites salles ont la particularité de me renvoyer à mes origines.

«A Lille, le film making-of de mon album a été projeté dans un bar, j’ai pu réaliser mon rêve : chanter debout sur le comptoir.»

Un morceau de ton nouvel album s’intitule, La bande son de ta vie. Quelle est la tienne aujourd’hui ?

En ce moment, j’écoute en boucle l’album American Idiot de Green Day.  Le chanteur a une voix incroyable, il dure sans se perdre et arrive toujours à se renouveler. J’ai vachement de respect pour lui.

Tu termines à Toulouse ton tour des grandes villes de France, quels moments retiendras-tu ?

Il y en a tellement…. A Lille, le film making-of de mon album a été projeté dans un bar, j’ai pu réaliser mon rêve : chanter debout sur le comptoir. A Nantes, nous étions dans un lieu temporaire en hauteur appelé « Le Nid », avec une vue sur toute la ville, c’était magique. A Marseille, un DJ set qui reprenait mes chansons a été organisé, tout le monde a fini la soirée en dansant. Je suis retourné à Bordeaux, où ma mère a grandi, ville pour laquelle j’ai composé A l’ancienne, c’était très émouvant. Et enfin à Toulouse, je passe de l’ambiance de La maison à un concert au Connexion, je vous le dis, la journée n’a pas fini de s’écrire.

 

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