Le Dimanche 24 février 2013 - 12:58 par Célia Coudret dans À la une, En Aparté avec

A la rencontre de Sakya, un petit groupe alternatif venu faire la première partie du concert de Zenzile (pour la 3ème fois) au Connexion. Découverte.

©Martin Clément - de gauche à droite: Saulène, Yan, Alexandre

Groupe originaire d’Aquitaine né en 2005, Sakya est aujourd’hui constitué de cinq musiciens, Yan Renaut (compositeur principal, batterie, programmation ), Fredéric Warmulla (guitare), Alexandre Boireau (basse et ms 10), Thibault Laisney (guitare) et Laurène Magnani (chant).

Un nombre incalculable de termes différents existent pour décrire leur musique… et si on leur demande où est-ce qu’ils se situent eux-mêmes, la réponse est toute aussi claire que leur musique est inclassable: « c’est pas du funk, c’est pas du jazz ni du métal… mais une logique de post-rock progressif avec une esthétique électro. « Musique illustrative », c’est le terme qu’on aime bien employer.» (Yan) Ce qu’ils cherchent à illustrer ? Ils ne le savent pas vraiment eux-mêmes, et laisse libre le spectateur de se faire son trip musical, imaginatif et personnel. En somme, chacun y perçoit ce qu’il veut. « Allez où vous voulez, profitez du concert, chacun ses rêves » (Yan). Pas de refrains ni de couplet mais une histoire racontée au fil du morceau. Et si les albums ont si peu de titre à écouter, c’est que chacun dépasse bien largement le temps d’un morceau classique.

Exception faite de la chanteuse, fraîchement arrivée il y a 1 an, ils jouent ensemble depuis près de 8 ans: des potes qui ont formé un groupe de reprise. Arrive la vague Dub et alors qu’ils sont un groupe tourné plutôt rock : deux guitares, une basse, une batterie, ils suivent la piste d’Hightone et des premiers Ez3kiel en fusionnant les deux genres. Chacun vient d’un univers différent, pourtant lié par une même sensibilité.

Laurène: « D’une formation soul-funk-jazz, j’avais envie de faire autre  chose depuis un petit moment : le côté hyper typée musique noire alors que j’écoute du métal et du rock progressif ça commençait à me peser. Les garçons sont venus me chercher j’avais plus qu’à dire « Ok c’est parti ! « . Au départ, je devais juste faire du featuring, deux interventions sur l’album mais après le premier enregistrement, c’était déjà décidé, on était dans le même groupe. On a tous des styles de prédilection différents mais à chaque nouveau morceau qu’on va amener, c’est toujours de nouvelles choses qui sont abordées, même si chacune n’est pas vraiment approfondie ».

Ce qui donne une couleur particulière à l’intervention des guitares: le fait qu’ils soient composés par le batteur du groupe. « D’ailleurs, les guitaristes se plaignent, ils ont plus de repères quand ils doivent apprendre les rythmes » (Yan).

Ils aiment le métissage des genres « c’est le seul avenir de la musique » et assume le fait d’être à contre-courant.

« La prise de risque, elle y est, c’est sûr. Comme on le dit souvent, on fait une musique d’image, mais on sait qu’on passe à côté de tout ce qui est dansant, par exemple… Aujourd’hui on ne recherche absolument pas à faire danser, bouger les gens. On est plus la recherche d’une esthétique musicale et j’ai l’impression que ça va continuer ainsi. »

« Musicalement, on a tous envie de continuer à avoir du mal à se vendre, faire notre musique et rester intègre. Avoir une musique toujours plus poussée dans son aspect illustratif. » (Yan)

 

Le projet VENTILO 
(en tournée sur le printemps et l’été 2013)

Le concept : un dôme, fermé sur 6 mètres de haut, dans lequel le groupe joue atour du public en multidiffusion, ce qui permet au son de tourner. Son but ? Plonger les gens dans leur bulle musicale, quasi littéralement. Perdu le repère d’une scène normale : on peut, pendant le concert, se retourner d’un coup et tomber sur quelqu’un qui regarde une autre membre du groupe en face. Déstabiliser le public : un choix pris, au risque d’être oppressant, mais qui laisse la marque d’une expérience hors du commun. « Si tu veux passer un sale moment, viens nous voir (rires). Non, au bout d’un moment les gens se lâchent et oublient ce côté étrange… Ils perdent leurs repères mais finalement nous font des retours très positifs » (Laurène) - Ils en parlent dans le dôme lui-même dans cette vidéo.

Un projet qu’ils souhaiteraient développer, en s’exportant de villes en villes malgré la contrainte de la structure, mais pas seulement.

Yan : « On voudrait développer un objet entre la Wii et le DVD, avec port de lunettes qui donneraient la sensation d’être dans le dôme, que le son nous tourne autours. Concept en totale cohérence avec l’idée du Ventilo. »

Laurène : « Mais pour l’instant, nous devons encore développer tout l’aspect scénographie du dôme : Une chose totalement improbable qui finalement a pris vie ! »

Yan : « Maintenant, on aimerait faire ça dans un théâtre, avec un public assis, des intervenants qui viendraient de milieux musicaux complètement différents : du jazz, de la musique improvisée, un violoncelle, un accordéon, une chanteuse du pays basque incroyable. On est là pour la musique et parce que les gens sont assis, ils plongent dedans… »

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