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TEMPS DE LECTURE : 8 MINUTESCrash test : mannequin pour la Fashion Week Toulousaine

Le 17 janvier dernier, à l’occasion de la Fashion Week toulousaine orchestrée par l’ESC, j’ai eu l’occasion de jouer les mannequins. Arpenter les podiums en a certainement fait rêvé un grand nombre d’entre nous mais la vérité est là : vous ne savez pas marcher.

Je ne mesure pas 1 mètre 75 et même dans le noir il est impossible de me confondre avec Lara Stone. Par chance, deux amies étudiantes en design de mode m’ont entraîné il y a un peu moins d’un an dans l’aventure Mumpish, décidant au passage, qu’en plus de m’occuper de leur présence sur le Web je ferai partie de leurs multiples égéries, les Mumpish Girls. A l’origine une marque de bijoux, il a fallu 10 jours et 10 nuits blanches pour créer de toute pièce une collection de huit robes destinées à révéler le potentiel des jeunes créatrices.

Ce que l’on ne sait pas c’est que le travail d’une mannequin commence dès ces fameuses nuits sans sommeil. Le mannequin est un « porte-manteau » de luxe, un brave support qui ne doit craindre ni le froid, ni l’ennui. Début janvier, il neige, le salon transformé en atelier est mal isolé et si Cendrillon pouvait faire son ménage en paix pendant que les souris s’activaient, je n’ai pas ce loisir.

Pour les incultes : Lara Stone (pas contente)

A peine arrivée, je me retrouve en culotte au milieu de la pièce avec interdiction formelle de m’habiller avec autre chose qu’une robe Mumpish. Pendant que l’une s’active avec un ourlet récalcitrant, l’autre est chargée de me faire enfiler les robes pour me faire prendre la pose perchée sur une petite valise en métal et 13 centimètres de talon instables. « Bon en fait on en a fini que deux, mais on va toutes te les faire essayer pour voir. » Visiblement ce n’est pas un mythe, l’esprit créatif à besoin d’urgence (suis-je en train d’écrire 24h après la deadline…).

Chaque nouveau modèle enfilé est aussi l’occasion d’un défilé improvisé dans le couloir de l’appartement. Test de musique, d’accessoires, j’enchaîne les allez-retours, incapable de garder mon sérieux tant chaque pose au bout du couloir me semble improbable.

Mais je n’ai pas le temps de m’en préoccuper bien longtemps, je dois servir à vérifier l’avancée des retouches. J’enfile et enlève donc sans arrêt des robes taillées tellement près du corps que je dois me faire aider à chaque fois. Chaque retouche est l’occasion pour chacune des créatrices de faire entendre son petit tic de langage favori. Ainsi pendant que l’une me préconise gentiment « recule, ou je t’encule » avant de chantonner qu’elle a perdu sa « couille au fond du ravin », l’autre se torture l’esprit et frôle l’hystérie pour savoir comme resserrer la taille sans que j’aie l’air « quichée » dans la robe. Glamour toujours.

Quelques nuits et un bon million de changement d’avis plus tard, c’est décidé, je porterai la seule robe qui n’est pas terminée à 2 jours du défilé. Mais avant de penser à la retoucher, c’est l’heure de la répétition générale à l’ESC, où aura lieu le défilé. C’est à ce moment là que nous découvrons la horde de mannequins — principalement des élèves de l’ESC — appelée à défiler le même soir. Un peu refroidies à l’idée de nous faire scruter et corriger sur notre démarche sous tant de regards à la fois, nous nous isolons pour répéter à part. J’ai ainsi la chance de pouvoir m’entraîner avec ma robe qui menace de s’échapper à tout moment car trop grande pour moi, de quoi me sentir toujours plus à l’aise !

Le professeur de stylisme de l’école Esimode, venu « apprendre à marcher » aux mannequins nous rejoint pour conseiller ses deux protégées. Et croyez le ou non, marcher ça ne s’improvise pas. « Moins vite », « Fais quand même des grands pas », « Ne balance pas trop les bras, non un peu plus, sinon ça fait figé », « On déhanche mais pas trop », « Pas de sourire ! », « Plus longtemps la pose », « Met la main plus haut sur ta hanche », « Regarde haut devant toi »…

Sous l’avalanche de conseils contradictoires et précis, aucune n’arrive à vraiment garder son sérieux, à la fois amusée et stressée à mesure qu’augmentent les exigences. Marcher n’est en réalité par donné à tout le monde, m’voyez.. ?

Heureusement, notre conseiller est à mille lieux du cliché du professionnel de la mode snob et dédaigneux. Il est même plutôt proche de l’idée que l’on se fait de la personne la plus gentille du monde. Grâce à lui, l’ordre de passage (autre détail qui paraît anodin mais peut tout changer), les coiffures, le maquillage et les bijoux sont fixés. A 24 heures du défilé, un seul « détail » reste à régler : ma robe, le final du défilé, ne me va pas. Une paille.

Pour les curieux : le défilé Mumpish (pas contente non plus)

A tel point qu’une heure avant de devoir partir pour l’ESC le jour-J, je suis encore dans l’atelier-salon à laisser la plus stressée des deux créatrices retoucher la robe sur moi. Tandis que l’autre en est encore à faire la liste de ce qu’il faut emporter, je me laisse planter des aiguilles un peu trop près du corps. Cela étant, le stress n’empêche nullement l’angoissée des mannequins « quichées » dans leur robe de prendre le temps de changer 3 fois de gilet, de chaussures et de se maquiller. Comprenez bien elle « va pas arriver moche à mon défilé ! ». Oui, la mode reste un univers superficiel même en plein rush.

En bonnes stars nous arrivons les dernières avec une bonne heure de retard. A peine posées dans une salle que c’est la panique : 3 mannequins manquent à l’appel. L’angoisse monte encore d’un cran quand on apprend que 2 d’entre elles sont en réalité parties au maquillage sans attendre les instructions des créatrices. Le monde s’écroule, quelque part un génocide de bébés phoques a lieu, nous ne en relèverons pas. Je n’ai pas le temps d’assister au massacre, il faut que j’aille me coiffer moi-même dans des toilettes à minuterie qui me laissent dans le noir, les cheveux en l’air et des épingles plein la bouche toutes les 30 secondes. Je passe plus de temps à agiter les bras comme une idiote pour faire revenir la lumière qu’à me coiffer. J’ai encore la moitié des cheveux en l’air quand on m’annonce qu’il faut que j’aille de toute urgence au maquillage pour… faire la queue. Le mascara à peine sec, les cheveux toujours en pétard je dois ensuite courir enfiler ma robe et mes talons pour la répétition générale. Nous nous retrouvons alors à peine couvertes à patienter dans les courants d’air que tout le monde cesse de piailler pour que les instructions puissent être données.

Nous découvrons alors un podium très étroit, en croix, sur lequel, non seulement nous devons éviter de lamentablement trébucher, mais en plus nous ne devons pas nous percuter, puisque jusqu’à 3 mannequins peuvent s’y trouver en même temps. Ce paramètre ne poserait pas de problème s’il ne nous était pas strictement interdit de regarder où l’on met les pieds…

La répétition se déroule sans encombre mais la configuration de la salle fait monter le stress. Enfin je trouve du temps pour finir de me coiffer, d’autres filent au maquillage, 20 minutes avant certaines vont enfin se faire coiffer. L’urgence étant synonyme de productivité, la décision de faire un final est prise environ 5 minutes avant de descendre prendre place.

Le moment fatidique approche, nous avons toutes plus envie de nous enfuir en courant que d’aller poser devant un public qui s’avère nombreux. On frôle la crise de nerf chez les créatrices lorsqu’un soucis d’organisation fait que la musique de notre défilé est lancée pour la marque d’avant sans que l’on puisse rien faire. Mais le cliché est vrai « The show must go on ». Nous finissons par nous élancer sur le podium une par une, concentrées sur tous les paramètres de notre démarche. Lorsque c’est mon tour, j’ai tout en tête, je suis prête. Enfin tout… J’oublie évidemment de relever les pans de voile de ma robe très longue et manque de me prendre les pieds dedans en montant les deux marches du podium. Moi qui avait peur de ne pas réussir à m’empêcher de sourire autant vous dire que la chute avortée de justesse m’en a largement passé l’envie. Finalement tout se passe aussi bien que possible. L’adrénaline (oui mannequin est un sport extrême) semble nous avoir toutes collées sur un petit nuage. A quand le prochain ?

» Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, le reste du dossier sur la mode est accessible par ici.

Article rédigé par Victoria Bach

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