TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLe vintage est-il seulement un effet de mode ?

Depuis 3 ou 4 ans, le vintage comme mode de consommation revient en force. Chiner relève du « cool », du « tendance », et le nombre de boutiques vintage a décuplé dans l’hypercentre toulousain. Ce sont une dizaine de friperies, chacune développant sa propre identité . Reportage au pays des vieilles étoffes et des bonnes affaires.

The Vintage Family, de la fripe pour papa, maman et même leurs enfants ©FlorianBardou
The Vintage Family, de la fripe pour papa, maman et même leurs enfants - ©FlorianBardou

Pas d’odeur de renfermé ni de désordre apparent, mais plutôt des objets et des vêtements bariolés de toutes les couleurs. En boutique environ 2000 pièces, essentiellement des années 1930-1950, jusqu’aux années 1970. Solenne George, pomponnée à l’ancienne, vêtue d’une robe noire des années 1940, un châle rouge grésille sur les épaules vous accueille, experte en la matière des pièces chinées. Vous êtes chez The  Vintage Family, au 28 rue Lakanal, à l’angle de la rue Pargaminières. L’échoppe vintage a ouvert en septembre 2012, à l’instar de Jet rag vintage, courant octobre. Et ce ne sont pas les deux seuls exemples ces dernières années.

Faire les fripes, par effet de mode ou par nécessité économique ?

« Je viens chez Groucho pour le prix. Je cherche  la meilleure qualité. Il y a un effet mode bien sûr. Mais j’aime bien mêler un élément de fripe avec un vêtement moderne par exemple. Je ne m’habillerais pas de la tête aux pieds en vintage par contre ». Agnès a 21 ans.  Elle est étudiante en Histoire de l’art au Mirail et pointe du doigt un tailleur kaki à la forme très singulière de marque Fabrice Karel, style années 1970. Elle commente: « On trouve de petite perles! Tu vois les créateurs modernes, ils ne font pas mieux ». Un avis partagé par Manuel, étudiant espagnol à Toulouse qui a découvert les boutiques de « seconde main » à Londres il y a 3 ans, puis à Bangkok, en Thaïlande. « Je trouve que les vêtements sont plus intéressants. Ils ont du caractère et plus d’identité, même si parfois c’est un peu plus cher… Et puis il y a des pièces de collection ». Il essayait justement des pulls rétro’ chez Jet rag.

"Aller faire les fripes, c’est entrer dans les mœurs pour les plus jeunes", Solenne George - ©FlorianBardou

Allier l’utile à l’agréable. Pour beaucoup désormais, à l’aspect économique d’un samedi après-midi à chiner rue Cujas ou rue Peyrolières, s’ajoute le côté « cool » et « branché ». Pour Aurore, vendeuse chez Jet rag vintage: « Toute un mentalité « fripe » s’est développée depuis quelques années, et aujourd’hui, c’est un phénomène « cool ». Par exemple, agencer un élément de fripe avec d’autres mais aussi s’habiller à moindre coût. Il y a des gens qui découvrent les friperies: des néophytes ». Des clients de 7 à 77 ans donc. Une multitude de profils, beaucoup de jeunes de moins de 25 ans et puis des touristes.

A ce titre, plus besoin de présenter le très emblématique Groucho Vintage, ouvert depuis plus d’une vingtaine d’années. Digne d’un musée, la boutique d’Hervé Langelotti recèle de trésors en tous genres, plastrons et autres queue de pie, porte cigarettes et haut de forme – la plus vieille pièce est un corsage de 1820. Les maîtres mots de l’enseigne: qualité et passion. Passion du vêtement, amour des belles pièces et qualité que l’on ne saurait reproduire aujourd’hui. Pas question de vous refourguer de la pacotille, chez Groucho, toutes les pièces passent par un atelier de restauration –restauration qui peut prendre jusqu’à 8 heures, à ce stade-là, ça en devient du travail d’orfèvre- avant d’être présentées en boutique. Un choix et une qualité hors pair, à en faire baver Jean Paul Gaultier (véridique).

Déjà 25 ans d'existence pour Groucho rue Peyrolières - ©FlorianBardou

La fripe une affaire d’écologie

Les fripes peuvent également prendre une dimension éthique et durable. Ainsi que ce soit pour Hervé de chez Groucho ou pour Solenne de chez The Vintage Family, les friperies sont bien plus qu’une passion et représentent une véritable façon de consommer. Responsable et durable, de par la réutilisation et la revalorisation de pièces anciennes (qui sont bien souvent de meilleure qualité que les vêtements actuels) mais aussi engagée de par la vision portée à notre douce société de consommation. Ce n’est pas un rejet total que l’on a pu constater mais plutôt une alternative. Une forme de «recyclage» pour Hervé Langelotti.

Consommer certes, mais avec modération. Ce n’est pas dans l’excès que trouvent leur bonheur les amoureux du vintage, mais au contraire dans l’unicité et dans l’authenticité. Chez Jet Rag Vintage, tenu par JD et assisté par Aurore, la boutique présente un large choix de haut. Aussi étrange que cela puisse paraître, si vous cherchez des jeans, vous ne trouverez pas votre bonheur là bas. A charge de revanche, teddys et autres pièces US, fourrures, cachemire ou encore chemises sont au rendez-vous.

Ici aussi l’on retrouve cette notion de qualité où seules des pièces dignes de ce nom sont présentées prouvant une fois encore qu’occasion et qualité peuvent aller de pair. C’est d’ailleurs sous cet angle qu’Aurore, vendeuse chez Jet Rag Vintage voit la fripe. L’histoire, la symbolique d’une pièce et bien sûr son coté unique sont sans doute les éléments qui suscitent un tel engouement et ce sont eux qui vous rendent si fière d’arborer ce renard roux autour de votre cou.

Jet rag vintage, le Kilostock "haut de gamme"

*Par Esma Mekraoui et Florian Bardou

Et parce qu’Aparté.com a également essayé pour vous…

» Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, le reste du dossier sur la mode est accessible par ici.

Article rédigé par Esma Mekraoui

(A)parté pas si vite !

Germaine Chaumel: une photographe à l’oeil humaniste

Le conseil départemental de la Haute-Garonne met à l’honneur, dans une double-exposition gratuite, le travail …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *