À la une| En Aparté avec | par Florian Bardou | le 11 janvier 2013

Après la sortie de leur deuxième album The Fight, début novembre, Lilly Wood & The Prick – duo Pop/Folk formé par Nili Hadida et Benjamin Cotto -, était de passage à Toulouse au Connexion Live pour un afterwork/DJ mix. Ils débuteront leur tournée nationale au Bikini le 20 janvier prochain. Interview.

Lilly Wood & The Prick - Benjamin Cotto (à gauche) et Nili Hadida (à droite) - ©Gaëtan Ducroq

Un froid glacial, les fauteuils dépareillés du Connexion, deux petits cafés, une Nili Hadida enthousiaste: quoi de mieux pour débuter un entretien avec le duo désormais incontournable de la scène pop française?

Aparté.com : Votre dernier album s’intitule The Fight. Pourquoi ce nom ?

Benjamin Cotto (Ben) : Si tu veux, le deuxième album comme beaucoup de gens le pensent et le disent à juste titre, c’est difficile. Donc il y avait déjà cette idée-là : se battre, continuer à se battre pour notre musique. Ensuite, on est un duo, donc c’est vrai qu’aussi on peut se prendre la tête entre nous, en tout cas faire des concessions. Ça arrive, c’est normal. Et puis nous-même on se pose plein de questions…

Nili Hadida (Nil) : Quand t’as ni 20 ans ni 30, t’es un peu paumé, t’es un peu entre deux âges. Ça peut être un combat aussi.

Comment avez-vous vécu l’engouement suscité par votre premier disque Invincible Friends ?

Ben : On ne s’y attendait pas. Du coup, ça s’est fait petit à petit. Les choses se sont rajoutées les unes après les autres. On a commencé en faisant des premières parties. Après l’album est sorti, on a commencé à faire des dates à notre nom comme tête d’affiche. Et puis il y a eu les Victoires (ndlr. Ils ont remporté une victoire de la musique dans la catégorie «révélation du public» en 2011).

Nil : C’est quand on a aussi commencé à faire notre tournée, qu’on s’est rendu compte que les salles étaient pleines et qu’on s’est dit: «Ah ouais d’accord! En fait c’est que ça va, ça marche un petit peu». Et c’est vrai que c’est ça qui m’a interpellé. Ça te fait hyper bizarre de voir qu’il y a des gens qui se déplacent…

Ben : … Avoir les médias qui viennent te poser des questions sur la longueur et pas que sur la sortie de l’album aussi.

«Si un jour on a envie de se faire une année sabbatique, on va attendre d’avoir 50 balais pour le faire. Là, on a la chance de vivre et de faire ce qu’on aime.»

Entre ce premier album et  The Fight, peu de temps s’est écoulé. Qu’est-ce qui vous a motivé à retourner en studio si vite ?

Nil : Je pense qu’on avait pas envie de rien faire pendant 6 mois ou un an. Ce que Ben disait très justement hier, c’est qu’on est hyper jeune. Si un jour on a envie de se faire une année sabbatique, on va attendre d’avoir 50 balais pour le faire. Là, on a la chance de vivre et de faire ce qu’on aime. Notre passion est devenu notre boulot donc ça me paraît logique d’avoir envie de travailler tout le temps. Et après on a cette petite angoisse : peut-être que les gens nous oublient. On avait besoin d’exister. Après ce qui est un peu différent c’est qu’on a fait une musique de film pendant qu’on enregistrait l’album. C’est un film qui s’appelle Ouf et c’est le premier film de Yann Coridian. Dedans, il y a Eric Elmosnino qui a gagné le César pour Gainsbourg, vie héroique. Il y a Anémone, Valéria Golino, etc.  On a fait toute la B.O. et on est très fier de nous.

Ben : On a fait une tournée qui a duré 1 an et demi, deux ans. Mais bien souvent, elles ne peuvent durer que 6 mois. Du coup, t’as 6 mois peut-être pour enregistrer un album. Nous ça fait longtemps qu’on est sur la route, donc on s’est dit qu’on allait sortir l’album 3 ans après.

J’ai regardé un peu ce que disait Les Inrocks. Eux parlaient d’un album plutôt universel, et moins personnel. Je ne sais pas comment vous le voyez… Comment vous qualifieriez votre album ?

Nil : C’est une belle façon de le dire. Mais je pense qu’il est plus intemporel que le premier. Je pense que le premier album, il est le stigmate d’une époque à laquelle on l’a sorti. Il y avait ce côté un peu « bricolo-samplé », qui est très cool, mais très marqué. Là je pense qu’il est vachement plus accessible, plus sobre… Mais en même temps vachement plus lourd et conséquent avec des vrais lignes de basse. On a utilisé une vraie batterie alors que c’était que des samples sur le premier album… (silence).

Ben : Bein vas–y… (rires).

Nil : Non mais je parle trop…

Ben : Universel ? Dans le bon sens, ça voudrait dire qu’il devrait toucher tout le monde mais qu’il est moins nombriliste ou réservé à certaines personnes. Je ne sais pas, ça peut être dans ce sens-là. Et donc du coup plus pop aussi. Nous en tout cas, c’est ce qu’on pense faire: de la pop et pas autre chose. Ça tombe bien qu’ils aient dit ça. Maintenant, on a grandi aussi un petit peu. Donc on se regarde moins le nombril. Dans cet album, on a injecté tout ce qu’on a appris sur une tournée. C’est aussi les gens avec qui on a tourné.

©Gaëtan Ducroq

Qu’est-ce qui fait aussi la force de cet album? mais aussi quelles sont ses influences ?

Nil : En termes d’influences, concrètement on ne s’est pas dit : « ah ouais: tel groupe, tel groupe, etc ». Je pense que notre influence première, ce sont ces deux ans qu’on a passé sur la route à apprendre notre métier, à vivre une aventure humaine et musicale de dingue. Parce que c’est ouf de sortir un album et de vivre tout ça tout de suite, surtout quand t’as jamais fait de musique avant. Donc c’est ça qui a fait le deuxième album, c’est ce qui te parle. C’est ça notre influence : c’est notre aventure ensemble.

Ben : C’est tout ce qu’on a pu écouter entre nous en tournée. On a eu des époques Pixies avec Nil. Enfin c’est un exemple… plein de choses comme ça. Peut-être des sons et puis les influences, c’est le quotidien.

Vous avez vu une évolution dans la production de l’album, dans votre style, dans la façon de jouer par rapport au premier ?

Nil : La grosse différence, c’est que là on savait ce qu’on faisait. En fait, comme je te disais pour le premier album, on sortait de nulle part. On savait pas comment ça marchait. On est autodidacte donc on aurait pas pu faire autrement. Là, on était vachement plus investi. On l’a co-réalisé d’ailleurs ce deuxième album et on a mis vraiment les mains dans le cambouis au niveau de la production. C’est vraiment nous. Il y a des morceaux qu’on a quasiment fait tout seul même en termes de prod’. Ben est forcément devenu meilleur guitariste, moi peut-être que je gère mieux ma voix: parce qu’on s’est enrichi.

«Nous en tout cas, c’est ce qu’on pense faire: de la pop et pas autre chose.»

Vos prochaines dates françaises, voire européennes ?

Nil : En janvier, toute la résidence se fait au Bikini. On va vraiment caler le show pour être fin prêts pour la grosse tournée qui nous attend. Cette tournée commence donc le 20 janvier (ndlr. 2013) au Bikini. Pour les dates européennes : Belgique et Suisse. On va tenter l’Allemagne à la rentrée automne prochain.

Et le public toulousain, réceptif ?

Ben : Ecoute, ça c’était bien passé la dernière fois. On s’était retrouvé au bord de la piscine, c’était l’anniversaire de Nili je crois… (rires)

Nil : Avec un mégaphone! Il y a une vidéo qui traîne sur Internet de ce moment qui est hyper chouette. On a dit: «venez tous au bord de la piscine!» et on a chanté Down the drain.

Ben : C’était complet, les gens étaient généreux.

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