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TEMPS DE LECTURE : 11 MINUTES« Damart et d’eau fraîche » : comment pécho à l’abri du froid ?

Depuis 1953, le Thermolactyl est le meilleur pote des gens frileux. Pourtant, ce sous-vêtement aux vertus réchauffantes, totem de la société française Damart, est également la marque fétiche des elders. Pour cette raison, difficile d’en assumer le port. On vous explique, dans un argumentaire inattaquable, comment rester une sommité d’élégance et de séduction en évitant de vous les geler. Mode d’emploi. 

Lors des funérailles de mon grand-père il manquait, à ma tenue de deuil, une cravate pour la cérémonie d’inhumation. Ma grand-mère, voulant pallier cette inconcevable carence, m’a conduit dans la garde-robe de feu son mari. Après qu’elle m’a trouvé l’accessoire idoine, son attention s’est posée sur une pile de tee-shirts tout blancs qui dormaient, dans leur placard, entre les chaussettes jacquard et les slips kangourou. Ils ressemblaient, à vue de nez, à des maillots de corps habituels. Mais en les manipulant, leurs matières, un peu rêches et accrocheuses au toucher, crépitaient et lançaient des petites étincelles d’électricité. C’était mon premier contact avec un sous-vêtement Damart.

Ce n’était pas le dernier ; et loin s’en faut. Si à grand-peine, j’ai échappé aux slips, la décision de ma grand-mère était sans appel : je ne quitterai pas les lieux sans les vieux Damart de Papy-Lie. Leur texture, connue sous le label Thermolactyl, un assemblage savant de fibres, acrylique et chlorofibre, tiennent au chaud les corps les plus frileux depuis 1953, date à laquelle les frères Despature fondent la marque de textile dans l’angle de la rue Dammartin – qui inspire le nom de l’établissement -, à Roubaix.

Et ma foi, il faut reconnaître qu’ils sont agréables, ces « tricots de peau » élastiques et collants que l’on glisse, à même l’épiderme, sous les habits d’hiver pour ne jamais avoir froid. Il en existe de nombreux modèles, du maillot à manches courtes aux combinaisons intégrales. Ils se déclinent en différents coloris, en cinq « forces » -selon l’acuité de votre frilosité-, et offrent des gammes masculine et féminine.

Au lycée, les Thermolactyl à manches courtes que j’ai hérités de mon grand-père (mes futurs petits-enfants, du reste, en hériteront à leur tour) me servaient à « tricher » ; quand venait la saison des frimas, secrètement j’enfilais un « tricheur » sous un tee-shirt. Ainsi je pouvais craner à ma fantaisie, les épaules couvertes d’un seul cuir hypothermique.

Une marque de vieux

Pour autant, aussi louable soit l’atout-chaleur conféré par cette seconde peau hivernale, il n’en demeure pas moins que, dans l’inconscient culturel, une réalité persiste vigoureusement : Damart est une MARQUE DE CROULANTS. Et quoique l’enseigne se soit dotée, en septembre dernier, d’une page Facebook et d’un fil Twitter afin de multiplier ses cibles commerciales, le cœur de clientèle, à dominante féminine, reste constitué de personnes âgées de plus de soixante ans.

Autant le dire tout net : le maillot réchauffant n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès des Yers. Pour un peu que le précieux garde-chaud dépasse un tantinet du col de votre adorable bustier Franck Sorbier   pull angora, et c’est l’opprobre assurée ; il y a de grandes chances, si votre Damart est en effet découvert, que votre réputation longuement acquise de prescripteur(trice) de l’élégance vestimentaire soit irrémédiablement mise à mal. Précisons, au passage, qu’Aparté publie ces lignes avec la conviction intime que vous êtes un apôtre du bon goût, sans quoi vous n’auriez indubitablement pas ouvert ce papier au titre évocateur. Chez-nous, le lecteur est forcément quelqu’un de bien.

Cela étant dit, une question bien légitime brule les lèvres : le confort est-t-il compatible avec un bon look ? Dans Ce cas, celui-ci et aussi celui-là, la réponse est assurément NON. Mais en l’espèce, peut-on vivre, et s’épanouir, avec Damart ? Faut-il le dissimuler aux yeux censeurs de ses pairs ? Ou encore, le revendiquer pleinement ? Disposons-nous de ce droit ? Dans quelles limites ? Pourquoi ? Comment ? Tant de questions. Mais jusqu’à ce jour, si peu de réponses.

Nous en arrivons à ce stade du développement où je dois me conformer à la tyrannie du rédac’ chef, qui, impitoyablement ce matin, a exigé de cet article un paramètre que j’avais omis de faire entrer en ligne de compte :

Le sms de harcèlement de mon rédacteur en chef, Monsieur Florian Bardou ; vous noterez qu'accessoirement, le même qui s'est arrogé la légitimité d'user sur moi d'un pouvoir de contrainte ignore comment insérer un tweet sur son site internet.

Le sms de harcèlement de mon rédacteur en chef, Monsieur Florian Bardou ; vous noterez qu’accessoirement, le même qui s’est arrogé la légitimité d’user sur moi d’un pouvoir de contrainte ignore comment insérer un tweet sur son site internet.

Comme il m’est demandé de donner dans le chauvinisme, poursuivons ce papier, parce qu’à l’heure où j’écris, il est quand même 3:02 am, et que la deadline du dossier mode était fixée à minuit. Imaginez, vous crapahutez dans TOULOUSE, une nuit de samedi à dimanche, rue PARGAMINIERES. Il est précisément 3:00 am (heure TOULOUSAINE) et les bars de SAINT-PIERRE désemplissent à grand-renforts de « veuillez-vous diriger vers la sortie je vous prie » autoritaires. A votre image, le vigile est un TOULOUSAIN pur jus, mais par rigueur journalistique, je n’affirmerai pas que les kebabs alentours, uniques commerces (illégalement) ouverts en cette heure avancée de la nuit, servent aux clients du CASSOULET.

Si l’on en croit Black Flag, je devrais m’arrêter séance tenante :

 

Droit de réponse. Une fois encore, chère Blacks Flags, je ne suis que le docile instrument de la volonté despotique de ma hiérarchie. Rien ne t’empêche, néanmoins, d’envoyer une lettre de délation au courrier des lecteurs. Mais ne mentionne surtout pas mon nom, ta missive rejoindrait inévitablement la corbeille, avec les autres mots transis de mes fans innombrables. Au bureau, règne la jalousie.  
 
                                                                                                                                                                   

Reprenons – je commence d’ailleurs à trouver fatiguant d’être continuellement interrompu. Bref, tandis que modérément aviné – on l’a dit, le lecteur d’Aparté est irréprochable – vous serpentez entre les murs de briques ( typiques de la Ville rose et blablabla), vous vous sentez bien. Vous vous sentez bien, d’abord, pour cette raison simple, naturelle et légitime que, triomphal(e), vous vous trouvez, bras dessus bras dessous avec une conquête montalbanaise. [Je laisse au comité de censure le soin d’évaluer si Montauban, commune située à 46.38 km au nord de TOULOUSE, a droit de cité dans le corps du présent article.] [NDLR : Bon, ça passe pour cette fois. À l’avenir, veille tout de même à être un brin plus chauvin.]

Aussi, et surtout, vous vous sentez bien parce qu’en dépit des -10° Celsius au mercure, vous n’avez pas froid. Et vous n’avez pas froid parce que vous portez le Damart Thermolactyl force 5 dont vous avez fait l’achat, la veille, en compagnie de votre papa et de votre maman, de vos deux papas, de vos deux mamans, ou de votre papa et de votre teckel anglais – bah oui, en 2013 et c’est dingue, il est tout à fait admis dans les mœurs que l’homoparentalité mène droit à la zoophilie.

Seulement ce Damart, vous n’y pensez plus. Et le moment venu de vous désaper, phase indispensable à la fluidité optimale d’un rapport sexuel, voilà que se rappelle à votre souvenir la présence fort embarrassante de l’inavouable sous-vêtement. Admettez que la situation est des plus délicates.

When she realizes you’re wearing a DAMART

Alors, que faire ? En AUCUN cas vous ne devez chercher à justifier, à vous excuser du (mauvais) choix de cette pièce somme toute assez compromettante. Vous passeriez, dans l’hypothèse où vous êtes un mec, pour un pousse-mégot hésitant, incapable de choix singuliers – car évidemment, votre target vous soupçonnera d’avoir cédé aux conseils de Mamounette disant qu’il ne faut jamais sortir sans son Damart- et, de surcroit, vous feriez l’effet d’une mauviette préférant user d’artifices au lieu d’affronter le froid comme un brave. Elle prétextera une migraine et foutra le camp avant l’aube.

Dans le cas où vous êtes une fille : soyez assurée, si le partenaire venait à découvrir inopinément votre inconvénient textile, que l’érection que vous aviez sentie naître contre votre ventre, un peu plus tôt en vous bécotant sur le pallier, ne sera plus qu’un souvenir lointain. A la première occasion, le loustic décampera.

Pour éviter ce type scénario, tragique en effet, et vous extirper ce cette situation épineuse, s’offrent à vous quatre techniques de hardi flibustier :

1. La méthode SPY

A l’instant précis où le souvenir du Thermolactyl refait surface dans vos méninges, et avant même que vous n’ayez entamé le déshabillage, éclipsez-vous furtivement dans la salle de bain. Là, ôtez simplement l’objet de votre embarras, rhabillez-vous, puis regagnez l’arène. Feulements garantis.

  • Avantages  : au risque de verser dans le cliché genré, susceptible par ailleurs de heurter le féminisme de certaines lectrices et collègues, j’avancerais – avec des pincettes toutefois- que cette méthode convient mieux aux femmes, qui, dans notre société -hélas!- encore phallocrate, ont davantage de légitimité que les hommes à longuement squatter les salles d’eau.
  • Inconvénients : Au cas où vous ne seriez pas chez vous, il pourra s’avérer compliqué de camoufler la fringue suffisamment longtemps dans cette salle de bain qui ne vous appartient pas.

2. La méthode BLOCK

Elle consiste, comme son nom l’indique, à retirer votre Thermolactyl en même temps que vos autres hauts. Le tout en un geste unique. En bloc. Très appréciée, également, des possesseurs de slips ridicules, cette astuce expéditive n’est pas sans comporter certains risques.

  • Avantages : dans le feu de l’ébat, la méthode Block est à coup sûr la meilleure tout en étant la plus kamikaze. Convient, notamment, aux parties de jambes en l’air bestiales et/ou impatientes.
  • Inconvénients : le risque est inhérent à la nature du Thermolactyl, à savoir ses propriétés adhésives à la peau. Il est fréquent, en somme, que le sous-vêtement reste collé au corps tandis que vous enlevez le reste, vous exposant alors à une cinglante déconvenue. En outre, le retrait d’un Damart génère un crépitement sonore spécifique, qu’une oreille avertie saura sans nul doute reconnaître et déceler.

3. La méthode Jean-Louis Borloo

[Aparté étant une association d’intérêt public, il ne nous est pas loisible, au risque de perdre les subventions grâce auxquelles nous survivons, de nous étendre sur la méthode Borloo. En tant qu’acteurs responsables de la vie culturelle et sociale toulousaine, nous nous trouvons dans l’obligation de censurer ce passage ; l’auteur, en faisant l’apologie de l’ébriété comme un moyen d’assouvir quelque répréhensible pulsion charnelle, s’est mis une nouvelle fois en infraction avec le règlement interne. Pour de plus amples informations, contactez le standard. Cocottement, l’équipe Aparté]
  • Avantages : 
  • Inconvénients : l’abus d’alcool est préjudiciable à la santé.

4. La méthode Shy’m

Implacable, redoutable d’efficacité, la méthode Shy’m consiste à détourner les paroles du mega-tube Et Alors!, et de les appliquer au port du Damart. En remplaçant -au choix- le bustier, « les nœuds pap’s », ou les « derbys garçonnes et décalées » par votre Thermolactyl, vous élèverez ce choix vestimentaire en trait ô combien séduisant de votre singularité. Personne n’y résistera.

  • Avantages : une aura au firmament.
  • Inconvénient : il y a gros à parier que tout le monde se mette à copier coller votre style nouvellement revendiqué.

Pas si ringard, le Damart

En 1953, naissait la société Damart. Soixante-ans et trois cent mille ventes de Thermolactyl plus tard, la marque est en fête. Pour marquer ce soixantième anniversaire, l’année 2013 sera ponctuée d’une série d’events. Parmi eux, le concours « Réinventer l’expérience Thermolactyl », en partenariat avec l’école ESMOD, compte ouvrir des horizons nouveaux au fameux tricot de peau. Et, à en juger par l’appréciation de nos amis les plus branchés, le sous-vêtement chauffant a devant lui des lendemains qui chantent :  » étant donné que ça reste assez sobre, je pense qu’on peut l’inscrire dans un look type American Apparel sans problème », Yoann, (gros) hipster toulousain.

« We have Damart »

A l’aube de la tendance « Made In France », emmenée par son chantre Arnaud Montebourg, votre indéfectible Damart relève de la valeur sure. 100 % tricolore. Et son éclat, de par le monde, n’est plus à prouver. Lorsque paraîtra, très prochainement, le supplément mag Aparté, le ministre du Redressement productif, en couverture, n’affichera non pas une marinière, mais un Thermolactyl.

 

» Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, le reste du dossier sur la mode est accessible par ici.

Article rédigé par Marc Bonomelli

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4 commentaires

  1. Que c’est long, que c’est mauvais. Ça avait pourtant l’air marrant avant que ça ne ressemble à une mauvaise thèse. Parfois il vaut mieux s’abstenir de faire le parallèle avec Toulouse et couper.

  2. Trop long, trop d’anglicismes qui donnent l’impression que l’auteur a voulu poser sa crédibilité mode pour mieux convaincre le lecteur de son propos. Le parallèle avec Toulouse inutile et la capture d’écran qui veut apporter un trait d’humour… raté. L’ensemble est très moyen.

  3. Merci sweet Mary. Allez, je reconnais : j’ai voulu t’en mettre plein la vue en essayant d’assoir ma fashion credibility. You’re right, les anglicismes, ça pue. Surtout à l’heure du Made In France. Je me suis grave grillé face à toi, pardonne les trois mots anglais dilués dans ce torchon ( c’est beaucoup TROP, on est d’accord). D’ailleurs, il t’en en fallu du courage pour lire cette interminable médiocrité jusqu’au bout !

    Pour cela, Congrats, Mary ! Des gens comme toi, on en voudrait davantage ici :).

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