À la une| En Aparté avec | par Célia Coudret | le 13 décembre 2012

C’est à l’occasion de la Toulouse DubClub organisée par Talowa au Bikini, que le groupe Stand High Patrol vient pour la toute première fois à Toulouse…

© Martin Clément, Stand High Patrol au Bikini, de gauche à droite: Pupajim, Rootystep et Mc Gyver, 17/11/12

Les patrons du « Dubadub » ont un style inimitable fait d’un subtil mélange venant du dub au stepper digital en passant par le roots, le hip hop ou le dubstep: un dub hybride et digital, sur lequel vibre la voix si particulière du Mc du groupe : Pupajim. Pour l’histoire, le Stand High est né en Bretagne en 2000 de la volonté de Rootystep (selecta) et Mc Gyver (operator), qui ont très vite été rejoints par Pupajim, devenu Mc et chanteur du sound system. Depuis leurs nombreuses scènes sur les terres bretonnes, les Stand High Patrol enchaînent aujourd’hui les soirées aux côtés de grands noms de la scène dub européenne (Kenny Knotts, Dixie Peach, Echo Ranks, Soom T, Selah Collins, Mc Youthstar, Jamalski…).

Ils ont entendu parler du Bikini, et Ackboo (artiste et membre actif de Talowa) a été leur premier contact sur la voie de la ville rose. Tous les trois sont détendus et pourtant l’excitation de l’avant live se ressent nettement. Place à une courte interview avant leur passage dans la salle du Bikini, où ils sont plus qu’attendus par le public…

Pour commencer, d’où vous est venue l’envie de former le groupe, et de faire quelque chose ensemble?

Mac Gyver (Operator) « Avec Rootystep, on s’est rencontré à l’internat à l’époque du lycée, on aimait déjà le soundsystem… On avait accès à cette culture-là à Rennes, où les soundsystems étaient déjà nombreux, on a su que c’était ce qu’on voulait faire. On a rencontré Jim… et le groupe s’est formé comme ça. »

Comment voyez vous l’évolution de la scène dub en France ?

Pupajim (Mc) « La plupart des gens disent que c’est en France que ça se passe en ce moment,  parce que depuis 4-5 ans, il y a pleins de soundsystems qui se sont montés et de nombreux producteurs qui sont arrivés. Mais je crois que la plupart des soundsystems, ou nouveaux sons qui se sont crées viennent de personnes qui sont allées à Nothing Hill avant ! Ils ont du prendre une claque là-bas… je pense à Chanel One ou Abah Shanti, qui ont commencé à faire leurs trucs chez eux. Aujourd’hui, on trouve des soundsystems dans toutes les régions de France !

Aujourd’hui, on voit des personnes de 5 ou 10 ans de moins qui montent leur propres trucs dans toutes les villes, toutes les régions… il y a un véritable souffle. (Pupajim)

Dans les styles musicaux émergents (dans la bass-music et ailleurs), en existent-ils qui vous donnent de nouvelles inspirations et vous donneraient envie de faire autre chose?

Pupajim « Récemment, pas forcément… Il y a 5-6 ans, il y a eu cette apparition du dubstep qui nous a beaucoup influencé, qui est pour ma part un peu retombé depuis que c’est devenu à la mode, et que le genre soit parti dans tous les sens. Après, il y a pleins de styles qui sont complètement différents qui nous influence indirectement »

Mac Gyver « Ce ne sont pas des influences qu’on va reconnaître au niveau du son, mais peut être au niveau des constructions, ou des effets qu’on peut utiliser en live. Certaines des musiques actuelles utilisent beaucoup de ralentissements, des décalages, des choses comme cela…Là, on trouve des choses qui nous influencent directement dans les effets qu’on va jouer en live. Mais notre musique n’est pas du tout dans le style des musiques qui nous ont influencé, c’est autre chose »

Il est bien clair que vous avez votre propre identité musicale… Mais avez vous l’impression que votre style évolue, au fur et à mesure de l’évolution des genres musicaux environnants ?

Pupajim « Il y a bien des nouveaux styles qui apparaissent aujourd’hui, mais rien qui m’ai encore mis une claque comme l’a pu faire le dubstep il y a quelques années. Je peux accrocher, mais cela ne me retourne pas. ça va venir, c’est en perpétuelle évolution :

© Martin Clément, Mc Pupajim au Bikini, 17/11/12

Tout commence à se croiser : le hip hop, le dubstep, le rock… il y a un vrai bouillonnement. Mais pour ma part je trouve qu’en ce moment, cela stagne un peu. Beaucoup de choses peuvent éclore, notamment dans des pays où il n’y avait pas encore l’habitude de ce style de musique : le Brésil, le Mexique, l’Indonésie… je pense qu’il y a là-bas encore plus de potentiel qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis. (Pupajim)

Et en même temps, cela peut venir de 2-3 personnes qui créent leur propre style et lancent un mouvement, comme ce fut le cas pour certains styles qui se sont crée. »

Quels sont vos projets à court ou long terme ?

Rootystep (selecta) « En ce qui concerne notre label, on projette toujours de créer de nouveaux disques… mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on aimerait produire d’autre gens qu’on apprécie, faire des collaborations, avoir notre propre studio… Tout en restant dans cette démarche d’avoir du temps pour faire de la production, des lives… »

Mc Gyver « Une des caractéristiques qu’on tente de garder, c’est de faire des productions originales, des choses qui n’ont encore jamais été faites. Du coup, on préfère ne pas savoir exactement vers où on va, plutôt que de faire quelque chose qu’on a déjà testé, même si on sait que cela marche. »

Pupajim « Cela peut aller dans tous les sens et qui sait, peut être qu’on fera du rock dans 5 ans ? On pourrait très bien ne faire que du hip hop ou que de la techno… On teste en fonction de nos envies et de nos humeurs. On peut être à fond dans un style particulier, et un an après ne plus vouloir en entendre parler, pour finalement vouloir y retourner deux ans après. Ce sont des cycles, et on essais de se faire plaisir avant tout. C’est un peu égoïste, mais on cherche d’abord à nous plaire à nous, avant de vouloir plaire au public. »

Le meilleur souvenir de vos prestations ?

Pupajim «Les DubaDub, c’est vraiment de bons souvenirs.  C’était les soirées qu’on organisait à peu près 6 fois par an sur Brest… »

Mc Gyver «On a du en faire près de 25… Ce qui était bon, c’est qu’on avait la maîtrise totale de tous les aspects de la musique et de ces soirées, vu qu’on était chargé de l’organisation, la programmation, le graphisme, la sono etc. Là c’était plus que de l’expérimentation, c’était notre laboratoire ! »

© Martin Clément, Stand High Patrol au Bikini pour le Toulouse DubClub, 17/11/12

Si vous deviez définir des valeurs transmises par le dub, ou par votre musique à vous, quelles seraient-elles ?

Pupajim « Je pense que c’est une confusion de penser que le dub transmette des valeurs, le reggae peut être, mais le dub… ? Pour nous, ce n’est qu’une technique musicale utilisée par un ingénieur du son.

Nos valeurs se comprennent à travers notre mode de fonctionnement, notre organisation : le fait de se dire qu’avec très peu, on peut faire beaucoup de choses…c’est l’art de l’artisanat.» (Pupajim)

Le soundsystem à la base: une soirée entière crée à partir de bric et de brocs.

«Le principe, c’est de faire des expériences. C’est des fois par le hasard dans la recherche qu’on trouve quelque chose de nouveau, de différent. Ce qu’on aime c’est aussi cela : le côté aléatoire de l’expérimentation et du live…» (Mc Gyver)

Pupajim  «Oui, et montrer aux gens qu’avec juste un ordinateur et de la volonté, on peut faire beaucoup de choses… Plus que des valeurs à proprement parler, ce qui nous importera c’est notre façon de fonctionner, la démarche dans la création, et le live…»

Mc Gyver «On a commencé avec de très très petit moyens…»

Pupajim «Mais encore aujourd’hui ! On n’a pas encore notre propre studio, on travaille dans nos appart, dans nos chambres. Et on a aussi envie de continuer comme cela. Personnellement, tous les albums que j’adore, ce sont des albums qui ont été construits en dehors des gros studios d’enregistrement. On aime le côté artisanal, « fait-maison » de cette musique, et je pense que les gens aiment bien ça aussi… C’est authentique.»

«Et parce que c’est authentique, on est aussi plus libres, et indépendants.» (Mc Gyver)

Extrait de la soirée Toulouse Dub Club: ici

 

 

 

 

 

 

 

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Qu'en pensez vous ? 4 commentaires
  • mirouf
    Jeudi 13 décembre 2012 - 20:43

    Même si j’apprécie certains de leurs morceaux, ça ressemble à de la tekno des fois,il ne faut pas oublier que le dub prend sa racine dans le reggae, certaines sounds passent des morceaux reggae dans les dub stations et les gens appellent ça du Dub parce qu’il y a des grosses basses qui tapent.
    Stand Hight a su créer son identité et son propre style et je leur dit bravo mais il ne faut pas les confondre avec des activistes Reggae/Dub qui veulent transmettre un message à travers la musique.
    Idem pour OBF qui passe de la basse qui tape, c’est limite du son de teuf avec un public complètement déchiré, rien à voir avec les fondateurs du Dub Uk ou certains activistes Français.

    Bless.

  • Bilna
    Jeudi 13 décembre 2012 - 20:43

    Mirouf aka Salafiste du Dub
    Big up stand high & obf !

  • just passing
    Jeudi 13 décembre 2012 - 20:43

    lol

    both made me smile. not ina same way .

    but still : JAH BLESS ONE & ALL !

    Zyva mirouf ou tu vas chercher cela ? c’est du high grade huh ? looool yes I !

  • Madd Max
    Jeudi 13 décembre 2012 - 20:43

    Dijon 2 novembre sa va envoyé ! Merci les gars vous êtes ouff !!!

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