À la une | En Aparté avec | par Salsabil Chellali | le 12 décembre 2012

Passé des karaokés et bars de la capitale suisse aux salles combles en France et même ailleurs, seul ou avec la troupe du Jamel Comedy Club, Noman Hosni gagne en popularité. Il capte le public avec un humour vif et subtil qui se veut rassembleur. Cette nouvelle recrue du stand up français a dernièrement intégré la troupe du Jamel Comedy Club, nous l’avons rencontré à l’occasion de leur représentation à Toulouse pour le festival Origines Contrôlées et Toucouleurs.

Face à la scène, installé dans un siège de la salle, Noman Hosni décompresse après cette soirée déchainée. Il nous livre ses impressions après ce spectacle qui avait presque mal commencé à cause du retard d’avion. Du moins, après avoir tout donné sur scène, il garde le souvenir d’un public chaleureux et d’une salle pleine bien au-dessus de ses capacités. Le public était bien au rendez-vous  et avec un punch hors du commun.

« J’aime pouvoir appuyer sur des vérités authentiques sur scène. »

Dans le silence de cet auditorium, charmeur, Noman Hosni revient sur son farfelu parcours jusque-là. Pas si étonnant qu’il considère la scène comme un vrai sport extrême, il aura démultiplié les activités avant d’en arriver là, passé par le stade trapéziste, organisateur club Med, banquier, vendeur ou encore animateur d’émission. Il écrivait depuis longtemps avant d’avoir le déclic de passer sur scène.  Audacieux, il commence par faire rire dans les karaokés puis dans les bars de Genève. Avant d’être en France, il vivait en Suisse, « Je jouais là-bas depuis un moment. Je jouais dans un bar jusqu’à ce que je sois repéré par  Karim, le frère de Jamel Debouzze et son manager. Une journaliste de Rires et chansons est également venue me voir me produire». C’est par la suite que les choses se sont enchainées pour lui avec sa participation au festival de l’humour de Marrakech et aux scènes ouvertes du Jamel Comedy Club. Après quoi, il a intégré la troupe à temps plein.

Mais Hosni se démarque au sein de la troupe avec un humour qui lui ressemble à lui et à son public. Avant tout, « J’aime adapter mon spectacle à mon public, en l’occurrence par rapport aux villes où je me produis ». La ville rose était effectivement à l’honneur ce soir-là, de quoi se rapprocher de son public et interagir avec lui, des blagues sur le métro toulousain ou sur l’accent du Sud-Ouest. « J’aime quand je suis dans une ville me balader, essayer de connaitre, comme je le disais dans mon spectacle, j’ai bien pris le métro, entendu la voix en occitan, je suis sorti à Jean Jaurès et me suis baladé vers Campans Cafarelli. »

Noman va toujours plus loin pour son public, il joue en anglais

En général, cet autodidacte du spectacle aborde tous les sujets sans préférences ni retenue. Surtout, « j’aime parler de ce qui me touche. Je me pose la question si quelque chose qui peut me faire rire, peut faire rire tout le monde. Ce n’est pas évident. Il faut aller chercher l’interaction avec les spectateurs, pour réussir il faut parler de sa vie, de ce en quoi ils peuvent se reconnaître». Certes, le comique aime faire rire mais rire aussi, « Je suis quelqu’un d’assez ouvert, mon humour n’est pas compliqué et je ris facilement » et surtout « Je suis touché et admiratif par ceux qui essayent de faire rire, l’important pour moi est d’avoir envie de donner sur scène ».

« Je suis sur scène quasiment tous les soirs et c’est ce que j’aime ».

Noman dans sa vitalité et son enthousiasme sur scène avait fait un triomphe ce soir-là. Son succès, il le doit peut-être à sa perception noble de l’humour, le rire étant pour lui un moyen de rassembler. « J’aime attirer l’attention sur certains thèmes, par exemple sur la famine et même faire rire sur ce sujet. Au moins, j’en aurais parlé et j’aurais attiré l’attention dessus ». « J’aime pourvoir appuyer sur des vérités authentiques sur scènes ». « Par exemple, je parle de ma mère qui me battait, et même si c’est quelque chose qui m’a traumatisé par le passé, aujourd’hui j’arrive même à en rire ».

Nouveau talent comique, Noman Hosni manie l’ironie et l’autodérision, il vit au sein du Jamel Comedy Club « une expérience unique », mais ce lieu devenu presque un passage incontournable pour les nouveaux talents de l’humour français est surtout « une très bonne formation ». « On évolue entre nous, entre professionnels. On rencontre beaucoup de monde et surtout, on est avec Jamel Debouzze». Mais sur la scène française, Noman n’en est qu’à ses débuts, il espère conquérir l’Angleterre, revenir souvent jouer en Suisse, peut-être faire des séries et même se lancer dans des projets avec d’autres membres du JCC.

Tags:

Qu'en pensez vous ? Pas de commentarie

Name requis

Website