Le Jeudi 20 décembre 2012 - 18:34 par Florian Bardou dans À la une, En Aparté avec

Avec pour exemple concret le festival du dessin contemporain Graphéine organisé par le réseau Pinkpong à Toulouse et dont la 4 édition a été inaugurée le 7 novembre dernier – jusqu’au 8 décembre -, le dessin comme discipline artistique connaît un regain d’intérêt majeur depuis le début des années 2000. Pour illustrer cette tendance, nous sommes donc allés à la rencontre d’un jeune dessinateur d’origine perpignanaise, formé au graphisme à l’école des Beaux-arts de Toulouse: Nicolas Jaoul. Exposé en Novembre au Mandala Jazz club: Entretien.

©Gaëtan Ducroq

Aparté.com: Quel a été ton parcours jusqu’à présent?

Nicolas Jaoul: Je suis né à Perpignan et je suis venu à Toulouse pour les études, d’abord un BTS Graphisme et ensuite les beaux-arts. Je termine les beaux-arts en 2006 et créé le collectif Alwest création avec un ami dans lequel nous réalisons des commandes sur mesure. Cette activités ne me correspondait plus, j’ai alors repris une pratique plus personnelle du dessin.

Tu fais exclusivement tu dessin ou tu as une activité à côté ?

Comme beaucoup d’artiste, il est difficile de vivre de son art. Alors nous sommes obligé de travailler à côté. Depuis cette année je réalise des enseignes peintes à la main, c’est un métier de peintre en lettre, agréable qui demande beaucoup de technique.

Quelles techniques utilises-tu pour ton dessin ?

Je n’ai pas de technique vraiment établi. J’utilise de la mine graphite, des feutres, de la gouache, des stylos mine 0,05, parfois j’utilise le dessin vectoriel, j’adapte l’outil à l’idée dans mes représentation miniaturistes.

« Mon dessin est de l’ordre du fantasme de l’image, un jeu de détournements, peut-être la déviance d’un système? »

Comment te définis-tu: dessinateur, illustrateur, etc?

Non je suis plutôt plasticien en fait… Artiste plasticien, cela veut bien dire ce que ça veut dire.( rires). Le dessin est pour moi une constante qui se façonne depuis l’enfance, si j’utilise d’autres médiums c’est qu’ils ont leurs intérêts pour une représentation donnée.

Comment caractériserais-tu ton dessin? Ton art ?

Mon dessin est de l’ordre du fantasme de l’image, un jeu de détournements, peut-être la déviance d’un système? Le rôle de l’image, la dénonciation et le rire sont de mise dans mes dessins, une réalité introspective et l’investissement d’un territoire : « La mythologie de masse ».

Si tu devais y mettre des adjectifs…

Peut-être insolent… précieux… je ne sais pas c’est déjà pas mal.(rire) Non il est incisif, sarcastique et satyrique parfois juvénile et obscène.

©Gaëtan Ducroq

Pour revenir à ta série des « Dessins du jour », Comment en es-tu arrivé justement à la créer ?

Cette série est née d’une frustration de ne pas pouvoir dessiner, car il faut flatter le banquier. Je me mets donc à dessiner le soir, je n’avais que ce temps là et pas beaucoup d’espace, j’ai  alors  commencé par un carnet puis deux puis trois… Le dessin est viscéral, d’ailleurs on peut dire ça aussi « viscéral » comme adjectif. Du coup, un peu comme ça spontané et instinctif. Mais cela ne suffit pas, il faut développer, chercher, avoir des références pour avancer, pour approfondir. Et donc cette série, elle s’est construite comme ça… Au fur et à Mesure… Tous les jours. On va dire que ce sont des carnets de recherches, des carnets de pistes et ces pistes vont me servir pour d’autres projets, d’autre dessins.

Tu le vois plus comme quelque chose d’expérimental ?

Pour moi il est expérimental dans le moyen de diffusion pas dans la plastique, le réseaux social permet un retour instantané du regardeur caché derrière son ordi et son pseudo… Dans ce réseau là, les images défilent perpétuellement, elles se remplacent minute après minute, leurs durées de visibilité et très courte mais la manière dont elles circulent peut être proliférante suivant l’intérêt des internautes. Cela apporte une autre dimension au dessin et permet son évolution jour après jour. Nous sommes assommé d’images et je voulais participer à cette grande kermesse visuelle… Je n’avais pas de but précis, pas de plan, et ne voulais surtout pas faire les dessins à l’avance, cela m’a permit de poser des pensée quotidiennes.

Dans tes dessins, est-ce que tu as des thèmes de prédilections ?

Oui, bien sûr, une représentation de la société contemporaine anthropocentrisme, les réseaux, les rapports humains, une période très phallique ou la représentation du patriarche à la testostérone latente.

Est-ce que tu as des dessinateurs, des illustrateurs ou des artistes qui ont inspiré ton dessin ou qui t’inspires dans ton travail ?

Oui, on peut parler de Roland Topor, Reiser pour le côté crash, ensuite la poésie de Sempé… Je suis un admirateur de l’imagerie de Brueghel l’ancien et aussi plus récent Bruce Mc cal et robert Crumb.

« Cette série est née d’une frustration de ne pas pouvoir dessiner, car il faut flatter le banquier. »

Quels sont tes projets en cours ou à venir ?

Là je prépare une expo dont je vais être le commissaire avec 8 artistes de ma promo ou presque. J’avais envie de les réunir autour d’un thème commun « Le quatrième pouvoir » en référence à l’ouvrage d’Alexis de Tocqueville La démocratie en Amérique (1833) mais je n’en dit pas plus… Rendez-vous en juin…

En ce moment mes dessins sont exposés au Mandala. C’est une expo très simple sans prétention. Je me suis vraiment adapté au lieu, c’est « à la cool », c’est un endroit très agréable et surtout mythique. Maintenant j’ai fini ma série « dessin du jour » enfin elle continuera mais à l’abri des regards et je continue mon travail sous d’autres formes, tout cela est visible sur mon site.

 

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