Le Lundi 19 novembre 2012 - 18:29 par jordanm dans À la une, En Aparté avec

Pour la promotion du film Stars 80 à Toulouse, on ne peut pas dire que les choses aient été faites à moitié. En effet, pour parler du nouveau long métrage de Thomas Langmann, l’acteur Richard Anconina était accompagné de presque tous les chanteurs figurant dans le film, à l’instar de Emile & Images, Patrick Hernandez, Leopold Nord & Vous, Jean-Pierre Mader… Le staff organisateur a même du organiser en deux sessions la conférence de presse, tant les intervenants étaient nombreux. C’est donc dans une atmosphère – vous l’imaginez – décontractée et musicale que l’équipe du film nous a raconté les dessous du tournage de cette comédie, disponible depuis peu dans toutes les salles de cinéma. Devant un tel nombre d’interlocuteurs, il était inéluctable d’en caviarder certains. Nous avons donc conserver les propos de Richard Anconina – seul véritable acteur présent – ainsi que ceux de l’incorrigible Jean-Luc Lahaye. Entretien.

© Gaëtan Ducroq

Aparté.com : Avant de rejoindre la distribution du film, aviez-vous attendu parler de la « succes-story » des deux producteurs ?

Richard Anconina : J’en ai entendu parler de fait par le succès de la tournée des années 80 puisque j’étais sensible à ce qui se passait dans les années 80. Après, j’étais loin d’imaginer que Thomas Langmann m’approcherait, et même qu’il aurait l’idée de mettre ça en fiction.

Jean-Luc, il paraît que vous avez voulu ré-écrire avec Thomas Langman votre personnage. Pouvez vous nous en dire davantage ?

Jean-Luc Lahaye : On était tous à peu près d’accord sur le scénario final, mais il y avait des dents qui grinçaient. Notamment les miennes. Thomas m’avait prévenu qu’il y aurait de l’auto-dérision et des personnages aux traits grossis, etc. Ce que je disais c’est qu’en fait, le personnage qu’il avait écrit c’était moi dans la vie normale. (rires) Il ne me connaît pas Thomas, pour lui c’était une caricature mais c’était vraiment moi. Je lui ai donc dit qu’il était « en-dessous » et qu’il devait me mettre « au-dessus »(rires) Je lui ai raconté que quand je me lève le matin, je mange une demi-boite de harissa, je bois trois red bull… Je lui ai dit d’aller très loin, là dans le film je suis aux pays des bisounours.

R.A : Il se caricature lui-même avec plaisir.

Pouvez-nous parler du film en quelques mots ?

R.A: C’est un film qui parle bien sur des années 80, mais ce n’est pas un film nostalgique. Il se passe aujourd’hui avec tous ces interprètes qui ont leur vécu, leur histoire. Ce n’est pas un reportage sur les chanteurs des années 80, on est pas là-dedans. On est dans une comédie avec des gens qui jouent extrêmement bien l’humour, la dérision, et l’auto-dérision avec un regard très tendre et très respectueux sur cette époque là. C’était un des éléments déterminants pour que j’accepte le film. Vous avez vu, il y a pleins d’émissions sur cette génération là, je ne voulais pas en faire une de plus sur grand écran. Là c’est un film avec beaucoup de tendresse, beaucoup d’amitiés où chacun n’hésite pas à se moquer de soi-même.

J-L.L : Je rajouterai qu’avec ce film et même cette tournée, on a créé un vrai créneau à nous. On est sur une autoroute à quatre voies où même les chanteurs du moment, les chanteurs « tendance » ne peuvent pas venir se glisser. On crée quelque chose qui nous est uniquement destiné, avec un public énorme et qui vient nous applaudir comme lors du passage du Tour de France. (rires) C’est comme ça que je vois notre histoire. Thomas Langmann a même été approché par des boites de production américaines, car ils veulent faire la même chose avec des artistes américains.

Vous avez l’air très sensible à ces années là, quelles en sont les raisons ?

R.A : C’est très particulier, très riche et très dense. Il faut comprendre qu’au moment où je nais artistiquement ça se passe en 83 quand je joue dans Tchao Pantin avec le père de Thomas Langmann. Je prends deux Césars et, à partir de là,, il y a quelque chose d’extrêmement précieux qui se passe qui fait que tout m’arrive. Tous les grands metteurs en scène [Doillon, Lellouche...] se sont intéressés à moi. Puis c’est la plus grande période de ma vie car c’est là que je me dis : « je fais le métier que j’aime, je le fais dans les plus belles conditions, et je suis récompensé ». Et à ce moment là, tout ce qui se passe en musique c’est eux. Tu regardes la télévision, c’est la création de la radio libre, de Canal+, du Top 50, et ils sont tous là. Donc au moment où je rentre chez moi avec mes Césars et que je connais les plus belles choses de ma vie artistiquement, c’est eux que j’écoute. Pour être plus loyal, et pour vous montrer que je ne fais pas que de la promo, il y a aussi Madonna, Prince et encore Michael Jackson. Donc au moment où je nais, il y a eux ici, et toutes ces grandes vedettes là-bas en même temps. C’est une période extrêmement riche, dense et intense. Le clin d’oeil de la vie, c’est que ce soit Thomas Langmann qui fasse ce film, alors que c’est avec son père que je suis né artistiquement.

Fréquenter des chanteurs plus que des acteurs pour les besoins d’un film, ça doit être un autre milieu, un autre tempérament…

R.A : Il y a une chose qu’ils font qui est formidable et qu’on ne peut pas faire nous. Entre deux prises, quand un décor s’installe, ça part d’un coup. Tu sens le bruit d’une petite guitare, des petites voix qui commencent à chanter, c’est magnifique. Nous on ne peut pas faire ça entre acteurs, on ne peut pas se sortir des répliques de films, ça n’ a pas de sens (rires). Il y a plusieurs moments comme ça dans le film, notamment autour du piano dans le restaurant. Après nous faisons un peu le même travail, il faut lire un texte avec une émotion à faire passer. Il y a de l’interprétation, des sentiments, parfois de la légèreté, et ils ont bien joué ça, même si c’était leur premier film.

Vous avez quand même eu un rôle de coach non ?

R.A : Je me suis attelé à démystifier l’art dramatique. Je ne voulais pas qu’ils s’angoissent avec ça. Je voulais leur faire comprendre qu’ils savent aussi bien faire que nous. Comme je disais tout à l’heure, c’est un travail d’interprétation. On a fait ça de façon décontracté, et on s’est bien marrés.

Cette année 2012 est chargée pour vous entre « La Vérité Si Je Mens 3 » et « Stars 80 »; quelle est la suite ?

R.A : Je ne sais pas encore. Si je savais, je vous le dirais.

Et pour vous Jean-Luc ?

J-L.L : Moi j’ai un album qui vient de sortir, un coffret. Il y a aussi mes chansons « d’hier », un DVD avec mon dernier Olympia. Ca se compose en un triptyque. Ma fondation me prend énormément de temps. Je fais aussi beaucoup d’activités qui  comme voir mes potes ou faire du sport.

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