À la une | En Aparté avec | par jordanm | le 25 novembre 2012

Véritable force vive de l’humour français, Jonathan Lambert a vu sa notoriété s’accroitre de manière conséquente après ces quatre années passés au coté de Laurent Ruquier,  dans l’émission « On n’est pas couché ». Grâce à ses prestations très remarquées sur le réseau hertzien et plusieurs échappées sur le grand écran, ce véritable touche-à-tout sillonne actuellement les routes pour défendre son nouveau spectacle : « Perruques ». Grâce à ce one-man-show, Jonathan Lambert approfondie son attrait pour les personnages et sa facilité à les incarner. Retour sur la genèse de ce spectacle ainsi que sur toutes les activités de féru de travail. Entretien.

 

© tuner.be

Aparté.com : Comment se passe le début de cette tournée « Perruques » ?

Jonathan Lambert : Très bien ! On a joué la première fois à Menton et malgré l’âge avancé du public, c’est une ville qui est connue pour ça, c’était formidable. On a encore joué hier, c’était extraordinaire aussi. C’est vrai que c’est un spectacle que je découvre un peu tous les jours. En fonction des réactions il y a des aménagements qui vont se créer sur certains personnages. Mais c’est aussi ce qu’il y a d’assez excitant sur un one man show, on peut le modifier au fur et à mesure.

Aujourd’hui vous êtes à Toulouse, connaissez-vous un peu la ville ? Êtes-vous déjà passé par là pour la promotion d’un film ou dans le cadre d’un spectacle ?

J’ai joué à Toulouse il y a 4 ans dans une salle un peu en dehors du centre me semble t’ il. Après je ne connais pas du tout la ville. C’est récurrent, on ne profite pas vraiment des endroits où l’on passe. On joue le soir, ensuite on va dîner, on boit deux bières, puis on a envie d’une troisième avant d’aller se coucher. (rires) Donc on se lève tard juste pour aller déjeuner et on va refaire une sieste derrière. Après je reste une heure dans ma chambre sur Internet puis il faut déjà retourner au théâtre.

Comment vous est venu cette vocation d’humoriste, quel a été le déclic ?

C’est délicat, je ne me souviens pas d’un jour en particulier où je me suis dit : « tiens, aujourd’hui j’ai envie de faire ce métier là ». Je pense que j’étais attiré par le spectacle et la scène d’une manière générale. Après les choses sont venues petit à petit. La particularité c’est que je viens de la télévision et non de la scène. C’est à l’époque de Comédie! où j’ai eu envie de monter sur scène. C’était une émission [ndlr : La Grosse Emission] construite comme un spectacle. On était dans un ancien théâtre en direct et face à un public. Il y avait toute la configuration du spectacle vivant. C’est en voulant retrouver tout ce que j’avais vécu à Comédie! que je me suis dit que j’aimerais faire un one man show.

C’est en voulant retrouver tout ce que j’avais vécu à Comédie! que je me suis dit que j’aimerais faire un one man show.

Quelle est la genèse de « Perruques », comment ce spectacle est-il né ?

Je voulais faire des personnages car le premier spectacle était radicalement différent. Le but était d’être en phase avec ce que je faisais à la télévision, notamment chez Ruquier. Je voulais faire des personnages mais je ne pouvais pas me maquiller comme dans « On n’est pas Couché » parce qu’il y a environ 2h de maquillage. Je me suis donc dit que la perruque était un objet intéressant, qui est facile à mettre et facile à retirer, et qui change à la fois toute la physionomie du visage. Je dis souvent que quand on tombe sur des vieux papiers d’identité on se reconnaît à peine à cause de notre coiffure.

Avez-vous été entouré pour l’écriture de ce spectacle ?

J’ai écrit ce spectacle avec Arnaud Lemort avec qui j’avais déjà co-écrit déjà le premier, Olivier Eloy et Olivier Berclaz. On a donc écrit ça à quatre. Je pose les bases en pensant à un personnage et son histoire, et eux sont là pour l’emmener au plus haut.

Combien de personnages interprétez-vous justement dans ce spectacle ?

Une dizaine.

Vous avez joué plus d’une centaine de personnages chez Ruquier, est-ce que certains sont présents dans « Perruques » ?

Non car les personnages que j’ai fait chez Ruquier, je les ai fait en fonction soit des invités, soit de l’actualité. C’était donc difficile de les extraire de ce contexte là. Il ne reste que certains personnages qui ont bien marché,  je me sentais bien dans la façon de les interpréter. On va dire que ce sont les cousins des personnages que j’ai fait. Les personnages que j’ai créé à la télé qui reviennent vraiment tels qu’on les avait connu  sont Damien Baïser et Jean-Guy Badiane.

Avez-vous déjà rencontré une certaine difficulté de passer d’un personnage à un autre sur scène ?

Non ce n’est pas difficile et c’est même plutôt agréable. C’est cet exercice là qui est sympa, de proposer à chaque fois pour chaque personnage un univers. Ils ont en commun d’être assez noir, j’aime beaucoup l’humour noir.

Quels sont vos sources d’inspiration ?

Les personnages sont vraiment ma source d’inspiration. Ils existent vraiment même si ils paraissent fous, choquants, ou repoussants. On se dit qu’on les a plus ou moins croisé et qu’il y a tout de même une partie de nous dans ces personnages là. On se reconnaît toujours chez quelqu’un. Ça s’appelle l’empathie. Pas sur tout, mais bien sur quelques petits détails.

Vous apparaissez de façon plus aléatoire dans l’émission de Laurent Ruquier, vous y allez quand vous voulez en fait ?

Laurent m’ a appelé cet été en me disant qu’il aimerait bien que je revienne. Mais j’avais la tournée du spectacle, celle d’une pièce, le tournage d’un film… c’était compliqué. Il m’ a donc dit de venir quand je voulais, même si c’était que trois à cinq fois dans l’année. C’est quelque chose d’assez luxueux de ne venir que quand on en a envie, que quand on a l’idée. Ça se fait vraiment à l’envie.

Il [Laurent Ruquier] m’ a donc dit de venir quand je voulais, même si c’était que trois à cinq fois dans l’année. C’est quelque chose d’assez luxueux de ne venir que quand on en a envie, que quand on a l’idée.

Récemment vous avez parodié Audrey Pulvar et Eric Zemmour, deux anciens chroniqueurs de l’émission. Quelles relations entretenez-vous avec eux dans la vraie vie ?

Audrey Pulvar, je ne la connais pas. Je crois que je ne l’ai croisé qu’une fois sur le plateau, et c’est quand je suis venu en tant qu’invité pour la pièce l’année dernière. J’ai évidemment plus vu Eric Zemmour parce que je le voyais dans les loges avant que l’émission commence, et encore il arrivait trois minutes avant et l’émission commençait. Je ne l’ai jamais vu en dehors de l’émission. Je ne peux même pas vous dire comment ils ont réagi.

Eric Zemmour était bon public de vos sketchs !

Oui, mais pour lui je ne sais pas s’il a été bon public. (rires) Mais ce n’était pas méchant.

Vous êtes donc également acteur. Pouvez-vous nous dire votre ressenti sur vos derniers films ? Par exemple sur celui de Frédéric Begbeider, « L’Amour dure 3 ans ».

Ce qui était agréable c’est qu’avec Begbeider on a bossé ensemble sur une émission qui n’ a pas marché. On est resté très potes, ce qui prouve qu’il y a une vraie fidélité chez ce gars-là malgré le coté détaché qui peut dégager. C’était très sympa.

Là vous venez de terminer le tournage du dernier film de Quentin Dupieux, pouvez-nous raconter le pitch ?

Alors c’est l’histoire d’un jeune réalisateur (Alain Chabat) qui doit trouver le gémissement parfait pour son prochain film d’horreur sans quoi le producteur (Jonathan Lambert) ne financera pas son projet.

Il se dit que vous co-écrivez un scénario pour les besoins d’un film, pouvez-vous nous en dire davantage ?

Je travaille comme co-scénariste pour un film mais le cinéma est très incertain, surtout en ce moment. Je me garde donc de donner quoi que ce soit car on avance très très lentement.

C’est quand même toujours dans la comédie ?

Oui toujours dans la comédie. Si je peux faire que ça, je suis très heureux.

Ce qui était agréable c’est qu’avec Begbeider on a bossé ensemble sur une émission qui n’ a pas marché.

Vous êtes à la télévision, au théâtre, au cinéma… comment vivez-vous tout ça ?

C’est plutôt un plaisir, une chance. On a pas le temps de s’ennuyer même si tout ça est assez étonnant. C’est vraiment différent et à la fois le but est le même. Dès lors qu’on décide de faire rire les gens que ce soit avec la radio ou à travers un film, la démarche est la même. Après les chemins pour y arriver sont peut-être différents. J’espère pouvoir cultiver le plus longtemps possible ce passage de l’un à l’autre. Là je reviens d’un tournage de film, maintenant je rôde mon one man, je vais ensuite faire la tournée d’une pièce, et peut-être passer deux ou trois fois chez Ruquier… J’espère vraiment poursuivre comme ça et naviguer à travers les genres.

Pouvez-vous nous parler de cette pièce que vous allez prochainement défendre en tournée ?

Ça s’appelle « Le Début de la Fin », c’est une pièce de Sébastien Thierry qu’on a déjà joué l’année dernière à Paris. C’est l’histoire d’un type qui est persuadé que sa femme vieillit plus vite que lui, donc il demande à un jeune gars (Jonathan Lambert) de s’occuper d’elle pendant qu’il part avec sa maîtresse. En fait c’est le temps qui fait qu’il voit sa femme vieille, et ce jeune homme la voit avec le « premier regard » et en fait elle est très belle.

Grâce à l’avènement d’internet et des émissions comme « On ne demande qu’à en rire », les humoristes sont légion. Pouvez-vous nous en conseiller un ?

Moi j’aime beaucoup Redouanne Harjanne parce qu’il a un vrai univers. C’est une vraie proposition qui change. D’une manière générale, j’aime beaucoup les gens qui proposent un univers assez singulier. J’aime beaucoup ce type là, je suis très client.

Si vous pouviez aller sur une île déserte avec un livre, un disque et un film ?

Un livre… je pense le dictionnaire, car je ne connais pas tous les mots de la langue française et ça me prendrait comme ça un bon bout de temps. On doit en avoir marre quand on l’écoute en boucle quelque soit le disque mais je dirais Transformer de Lou Reed. Pour le film… je dirais l’Ibis Rouge de Mocky.

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