À la une | En Aparté avec | par Rémy Vaganet | le 13 novembre 2012

Jonathan Dechelle est un joueur de baseball français, évoluant au sein du Stade Toulousain Baseball mais aussi en équipe de France. Il fait partie des espoirs de ce sport. Portrait d’un jeune sportif atypique. 

©Christophe Elise

Jonathan, tu es un espoir du baseball français, qu’est-ce qui t’a poussé vers ce sport atypique en France ?

Quand j’étais petit dans les années 1990, j’ai vu plusieurs films (Le Meilleur de Barry Levinson) en rapport avec le baseball, ça avait l’air intéressant du coup j’ai essayé. Avant mes 11 ans je ne pratiquais aucun sport en club, et c’est à partir de là que j’ai pris ma licence. Ce choix a surpris mes parents, qui ne pensaient pas qu’il y avait de clubs de baseball. J’avais dix ans quand j’ai voulu m’inscrire au club de baseball mais l’inscription ne pouvait se faire qu’à partir de onze ans. Du coup pendant une année, j’ai dû attendre, je jouais chez moi, regardais les entraînements…

Parle nous un peu de ce que c’est qu’être en sport étude. 

Je suis parti de chez moi à 16 ans en internat au CREPS, du coup j’ai appris à me débrouiller tout seul, aller vers les gens surtout. J’étais d’un naturel assez timide. Au niveau du respect des règles, hygiène de vie, bien manger respecter les heures sommeil, j’ai dû apprendre tout ça sur une période assez courte et maintenant c’est devenu une habitude. Pour les études les coachs voulaient qu’on ait 100% de réussite au bac du coup nous avions des heures d’études chaque soir. Concilier les études et le sports à ce niveau nous prive un peu de vie sociale.

L’année du baccalauréat, mon coach au CREPS m’a demandé ce que je voulais faire après, vu que je ne  savais pas trop, il m’a proposé d’aller aux USA. J’ai alors envoyé des mails à plusieurs universités, une d’entre elles m’a demandé une vidéo et j’ai été pris. J’étais au Southeastern Community College en Iowa. Là-bas j’ai énormément progressé au niveau de ma relation avec le baseball que ce soit au niveau technique mais aussi dans ma manière de m’entraîner, c’était assez intense. J’ai participé à des matchs très relevés avec du monde dans les stades, c’est comme ça qu’on s’améliore. Humainement ça m’a permis de grandir le fait de partir là-bas tout seul. J’ai gardé un contact avec les personnes rencontrées là-bas. Par contre, vu que le baseball occupait 50 heures dans la semaine je n’ai pas eu l’occasion de  faire grand chose d’autre.

Si tu devais expliquer où en est le niveau du baseball français à l’échelle mondiale ?

Au niveau des médias c’est quasiment le désert, excepté de rares occasions comme un article dans Le Monde, La Dépêche… On est un peu tributaire des résultats sportifs ou de la création d’un événement.

Le top 3 au baseball actuellement c’est Cuba, USA et Japon. La France est dans les 30 premières places mondiales mais les pays étrangers qui s’intéressent à notre pays envoient des scouts pour repérer des joueurs, les bons résultats des équipes de jeunes françaises souvent titrées lors des 4-5 dernières années. Du coup on investit, le terrain du stade toulousain a été refait, grâce à des investissements Américain et de la Mairie.

©Christophe Elise

Actuellement, combien de temps à peu près consacres-tu à ton sport chaque semaine ?

Cette année je suis à 10h par semaine alors que l’an dernier quand j’étais encore interne au CREPS j’avais entre 20 et 25h de mon temps consacré au sport. Cette année je participe toujours aux entraînements, mais un peu moins à cause des études. Et puis vu que je ressors d’une blessure à l’épaule, je préfère y aller doucement afin de bien récupérer.

« Au niveau des médias c’est quasiment le désert, excepté de rares occasions comme un article dans Le Monde, La Dépêche… On est un peu tributaire des résultats sportifs ou de la création d’un événement. »

 De reprendre après une blessure tu n’as pas d’appréhension ?

J’ai repris fin mai l’an dernier, au début j’appréhendais un peu et puis je me suis rendu compte que je n’avais pas tout perdu, c’est revenu naturellement.

Au niveau des études tu en es où ?

Actuellement je suis en première année de Master en Information Communication à l’université de Toulouse, c’est en partie pour ça que  je fais moins de sport mais aussi parce que je suis Président d’une association en rapport avec le baseball.

Pour ceux qui ne connaissent pas le baseball parle nous de ton poste qui est champ extérieur ?

Je dirais que ce sont les 3 joueurs de champs de l’équipe qui au total est composée de 9 joueurs : concrètement on couvre le terrain, nous sommes ceux qui cherchent à rattraper la balle par tous les moyens, à nos risques et périls parfois.

Un joueur ou un entraîneur de ce sport dont tu t’es inspiré ?

Je ne connaissais rien au baseball professionnel quand j’ai commencé, vu qu’on a très peu de retour dans les médias français sur ce sport. Mais en grandissant, j’ai été inspiré par Derek Jeter un joueur des Yankees l’équivalent du PSG en France. Au niveau des entraîneurs, jeune je ne les connaissais pas trop. C’est en 2004, quand j’ai eu ma première sélection en équipe de France que j’ai connu Laurent Départ, l’entraîneur des lanceurs mon poste à l’époque. Il était de ma région – Rhône-Alpes – du coup, j’ai été amené à le revoir hors de l’équipe de France car deux entraînements ne me suffisaient pas à ce moment-là, j’allais tout seul m’entraîner avec lui durant mon temps libre. Il a grandement contribué à ma progression en temps que joueur.

Tu parlais tout à l’heure d’une association sur le baseball ?

Oui, c’est la Baseball Toulouse Academy, le but principal de l’association est de promouvoir les athlètes du Pôle et leurs projets sportifs, en s’occupant de tous les actes de gestion qu’une telle structure peut requérir. Une de nos missions est donc de fournir au Pôle un moyen de répondre aux besoins du haut-niveau en lui conférant un budget adapté à ses ambitions, que ce soit par le sponsoring, le mécénat ou toute autre forme de partenariat.

C’est très intéressant mais comment en es tu arrivé à t’investir dans cette association ?

Le responsable du Pôle Baseball, Boris Rothermundt  qui était aussi mon coach en équipe  de France -21 nous a parlé à moi et d’autres anciens internes du CREPS de son idée de monter une association. Cette année le montant des subventions du Pôle est 3 fois moins important qu’il y a 3 ans quand j’étais encore interne. Et donc Boris à eu cette idée de créer une association pour aller récolter d’autres subventions et faire des partenariats pour arriver à s’en sortir financièrement.

A mon époque on avait une tenue d’entraînement et une tenue de match à chaque rentrée, et tout les ans au mois de février on partait faire un stage de 2 semaines dans des endroits géniaux.  Dans l’ordre on est allés à Vancouver, l’année d’après à Cuba, puis deux ans de suite en Floride et c’est pour ça qu’il tenait à ce que ce soit des anciens du CREPS qui forment l’association parce que nous avons connu la belle époque, et on sait comment ça fonctionne les entraînement, la vie au CREPS, donc on est les mieux placés pour essayer de les vendre auprès de partenaires possibles.

Après voila pour décider qui ferait quoi on en a tous discuter, ils ont proposé que je sois le président donc j’ai tout de suite accepté parce que j’adhère complètement avec l’idée de s’occuper de toute la gestion des partenariats car en plus d’aider l’équipe de baseball, c’est en rapport avec mes études donc c’était l’occasion parfaite.

Site de la Baseball Toulouse Academy.

Tags: , , , , ,

Qu'en pensez vous ? Pas de commentarie

Name requis

Website