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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESALBUM / The Rapture « In the Grace of Your Love »

Titre : In the Grace of Your Love

Artiste : The Rapture

Année de sortie : 2011

Pays : États-Unis

L’album en un tweet : «Par la grâce de James Murphy.»

Commentaires. The Rapture, c’est un des seuls groupes à ma connaissance qui ne paye vraiment, mais alors vraiment pas de mine – et ce n’est pas Olivier qui me contredira. The Rapture, c’est le jeune frère de votre père, divorcé, jogging et t-shirt orange, l’air toujours fatigué, qui ne dit mot durant toute la veillée de Noël, mais qui, lorsque minuit passe avec quelques verres de champagne, se cale d’un coup d’un seul sur le piano de papi et mamie, pour plomber l’ambiance et non pas pour chanter quelque chose de gênant ou de mal joué, mais parce qu’il se révèle, sans prévenir, avec une musique d’une beauté glaçante. Imaginez-le, tout penaud, se mettre à jouer les premiers accords incandescents de How Deep is Your Love ?. Tout d’un coup, c’est tout le monde qui ne dirait mot, sauf pour se dire à soi-même «Ah bah merde alors !». Oui pour moi The Rapture c’est un peu ça. Avant d’être une triste histoire, cet album soulève à lui seul la fin de quelque chose, et le début d’une autre. Nouvel élan, nouvelle production, mais aussi le départ de certains protagonistes de l’aventure. Plutôt que de se laisser submerger par ces changements, les New-Yorkais continuent leur exploration de la pop, entre dance music sous acide et mélancolie charnelle, marque de fabrique d’une formation qui se dispense des conventions. Au-delà de ces états de faits déjà établis avec les précédents disques, l’équilibre schizophrène trouvé avec celui-ci ne noie plus l’auditeur comme ce fut le cas avec Echoes par exemple. Un album qui a marqué l’année passée à juste titre, en témoignent la justesse profonde et grandiloquente de son intro et de sa conclusion (les superbes Sail Away et It Takes Time to Be a Man), les rappels à l’ordre punk foutraques (Never Die Again), ou même la noire poésie, saisissante dès les premières notes (Come Back to Me, In the Grace of Your Love, How Deep is Your Love ?). Un peu de taping par ci, un solo de saxophone par là : The Rapture est le bordel qu’Edgar Allan Poe n’a jamais ouvert. Petit luxe qui témoigne du talent de ces géniteurs : Children, qui frôle le hit instantané.

Contexte. On en parlait tout à l’heure, la force d’In the Grace of Your Love est en partie puisée dans sa difficile gestation : le leader Luke Jenner (appelez-le Tonton Timide si vous préférez) aura à la fois été papa et perdu sa mère. Ajoutez à ça le départ de leur bassiste en 2009, le frais contrat signé chez DFA, label de M. James Murphy, avec en plus une production Zdar. Peut-on, doit-on prendre en compte le contexte d’un disque pour l’apprécier ? Tout dépendra dudit disque, en fait. Difficile d’écouter les Doors sans ça, encore plus d’ignorer les (vrais) gémissements de la copine d’Axl Rose sur Rocket Queen. «Grosses comparaisons» me direz-vous, certes. Mais lorsque le feeling entier de l’œuvre transpire de ce vécu, alors que les textes conservent une pudeur et une poésie fort bienvenues, alors le dernier The Rapture fait définitivement partie de cette catégorie.

Instant dispensable : Je ne zappe que Miss You.

Instant indispensable : Bipolaire, mais encore mieux calibré qu’avant, le disque en regorge : Children ne vous prendra pas la tête, Sail Away vous rappellera leurs heures de gloires romantiques, comme si les tumultes rencontrés avaient apaisé tout ce questionnement amoureux. Plutôt que de chambouler leur chambre d’adolescent incompris comme autrefois, ils prennent maintenant le temps de s’asseoir à côté de leur copine pour savoir combien elle les aime.

Rider :

  • Lieu : En pleine mer.
  • Météo : Ciel blanc et brise marine, avec cette atmosphère douce caractéristique.
  • Mood : Forcément, un peu triste. Vous tiendrez dans vos mains des photos sépias de je-ne-sais quelle époque révolue.
  • Boisson : Vous êtes en pleine mer. Merde.

Ce qu’en diront les autres : Déjà sacré meilleur disque de l’année dernière, beaucoup les découvriront avec. Pourquoi pas ? C’est très certainement leur meilleur à ce jour, et il mérite toute votre attention.

Avis du conseil : Un disque-phœnix comme on en voit peu.

Suite logique. Après avoir pondu un disque aussi ancré dans son propre contexte, que peut-on souhaiter de plus beau ou de plus horrible pour qu’ils parviennent à nous émerveiller encore (putain je l’ai faite…) ?

Pourcentage : 80%

Article rédigé par Matthias Haghcheno

(A)parté pas si vite !

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