TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTESLes groupes actuels composant de la musique à partir du 8-bit

Elément indispensable, aujourd’hui des moyens importants sont mis en jeu pour obtenir une bande son de même envergure qu’un film à gros budget. Compositeurs célèbres, grands orchestres classiques, la qualité de la bande originale d’un jeu vidéo est devenue primordiale. Bien avant ça, des hommes se sont extasiés de voir une bouillie de pixels s’afficher sur une machine à 15000 Francs moins performante qu’une imprimante actuelle. Certains d’entre eux sont nostalgiques de cette époque où un jeu d’aventure pouvait tenir sur une moitié de disquette. Graphistes, programmeurs et surtout musiciens continuent d’utiliser ces antiquités et arrivent même à être talentueux.

A force de manipuler leurs Gameboy, les Teentendo ont fini par faire de la musique. En 1979, Pong le premier jeu video sur console domestique, invente le premier son 8-bit. A l’époque pas de place pour de la vraie musique, la mémoire de l’ordinateur étant minuscule. 8 ans plus tard, le rockeur anglais Rob Hubbard réussit à composer un morceau avec du 8-bit et devient l’ Ennio Morricone du jeu vidéo. En 10 ans, il impose son style et écrit de véritables hymnes comme « Monty on the run ».

Aujourd’hui ses fans s’arrachent encore ses autographes. Son succès, Rob le doit au commodore 64, la machine culte des adeptes du « Chiptune », le son de la puce en VF. Tout l’art de composer en 8-bit vient de la capacité des artistes à travailler avec un matériel restreint. Consoles Atari et Gameboys Nintendo ne sont pas vraiment des instruments de musique par nature. Devant se contenter de 3 pistes pour composer au lieu de minimum 124 pour un studio professionnel, le 8-bit reste pour les artistes un style difficile à maîtriser à cause de ses conditions draconiennes.

Et pourtant, une nouvelle scène électro a ressorti du grenier ces dinosaures informatiques, des berlinois de Bodenst Andig aux anglais Hexstatic. Crystal Castles est probablement le groupe le plus connu à utiliser les sonorités 8-bit. Leur style musical a été décrit comme « De féroces nappes asphyxiantes de sons de Game Boy en deux dimensions triturés à outrance et de grandiloquentes boîtes à rythme percussives qui transpercent le crâne avec une force suraigüe, s’imprégnant dans les profondeurs du cerveau, telle une fièvre. » Cependant, le couple canadien est loin de faire l’unanimité. La demoscene et de nombreux puristes 8-bit l’accusent d’avoir plagié de nombreux artistes moins médiatiques et toutefois plus reconnus par les amateurs du style.

La demoscene, sous culture informatique, est sûrement la communauté la plus sensible aux courants 8-bits actuels. Son but est de créer des programmes appelés « démos », en utilisant l’infographie et la musique assistée par ordinateur. Le belge Lo-Bat, le suédois Covox ou le tchèque X-Agon sont parmi les plus appréciés par cette communauté. De nombreux nostalgiques des chiptunes se sont rassemblés autour du 8-bit Collective dont le site 8bc.org fait office de point de rencontre et d’échange sur le sujet.

Les bandes originales sont aussi un excellent moyen pour les compositeurs actuels de se faire connaître. Starscream avec « Kepler’s Star Catalog » ou You love her coz she’s dead et leur « Superheroes » ont su profiter de l’intermédiaire de plusieurs séries américaines. Unicorn Kid avec « Wild Life » et Deadmau5 avec « 8-bit » rafraîchissent quant à eux les sonorités 8-bit sur la déferlante électro de ses dernières années. Dans une veine plus electronic-punk (les précurseurs étant Atom and His Package et Reggie and the Full Effect) des artistes annoncent un bon revival : Math the band ou encore Robot Goes Here. Aujourd’hui il existe même du nintendocore ou l’électro-goth version 8-bit avec The Birthday Massacre « Looking Glass »

La musique 8-bit (bitpop, picopop, gamewave, chiptune ou fakebit), même composée sur des supports primitifs est loin d’ être dépassée.

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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