TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESLa boutique Passe-temps tire son épingle du jeu

La boutique Passe-Temps. A.V.

Le jeu de société n’est pas mort. Pour preuve, la boutique Passe-Temps s’y consacre entièrement depuis 1999. Face à la prédominance du jeu vidéo, les plateaux n’ont pas dit leur dernier mot. Retour sur un combat silencieux à travers ce refuge toulousain.

Auriez-vous ce jeu ?” Telle est la question. Bruno Desch, fondateur de la boutique Passe-Temps, et ses deux vendeurs ne cessent d’y répondre. Destinée autant aux habitués qu’aux clients aventuriers, les boîtes en carton n’attendent plus qu’à être adoptées au 30 rue des Lois à Toulouse.
Une reconversion guidée par la passion. Bruno Desch ouvre sa boutique spécialisée dans les jeux de société en 1999, après avoir quitté son travail dans le secteur des assurances. Passe-temps devient alors le premier magasin consacré uniquement à ce domaine. “J’étais client chez Jeux du monde qui proposait une petite quantité de jeux de société.  Je leur ai parlé de mon projet et  ils m’y ont encouragé”, se souvient-il.

Bruno Desch, fondateur de Passe-Temps. A.V.

Jeux vidéos vs jeux de société?

En douze ans, la situation du jeu a évolué. Les jeux vidéos se sont installés durablement. Pour la première fois, une exposition au Grand Palais les honoraient à Paris entre novembre 2011 et janvier 2012. Reconnus comme une véritable institution, annonceraient-ils la mort des jeux manuels ?
Confiant, Bruno Desch ne le pense pas puisque sa boutique continue de faire des heureux. “Le jeu constitue le seul lien entre ces deux catégories. Chacun exige un apprentissage propre et bien différent”, explique-t-il. Alors que les jeux virtuels instaurent une relation indirecte où tout serait plus ou moins permis, les jeux de société imposent d’abord le respect d’une règle. Sans les instructions, difficile de comprendre comment avancer ses pions. Lire avant de jouer représente le principal handicap du jeu de société.
Le premier contact des enfants avec le jeu passe maintenant d’abord par l’écran”, regrette le gérant du magasin. Patience, concentration, échange et respect du règlement, les jeux de société enseignent des savoirs-êtres participant au vivre ensemble.
Le jeu de mime Time’s up a permis de renouveler l’offre pour les rendre accessible au plus grand nombre. Les jeunes comme les adultes redécouvrent ainsi “le plaisir de jouer ensemble face à face”, précise-t-il, ce qui n’est pas le cas avec la Wii où chacun est absorbé par l’écran.
Le jeu vidéo ne menace donc pas les jeux de société… tant que les boutiques existent et que leurs conseillers pourront travailler. “Notre crainte c’est Internet. Maintenant les gens passent par ce support pour choisir leurs jeux”, s’inquiète-t-il.
Pour maintenir l’existence de tels lieux, les boutiques ne se limitent pas à être de simples vitrines. La convivialité du jeu de société investit ainsi Passe-Temps. Entouré de jeux par milliers, le client se laisse guider par les coups de coeur des vendeurs. Autre spécificité: trois tables sont disposées sur la mezzanine. Les clients s’en accaparent pour y jouer chaque après-midi après avoir versé trois euros.

Un des jeux de Passe-Temps. A.V.

Le jeu de société, icône dans l’ombre de la ville rose ?

Passe-Temps n’est pas seule à consolider le lien entre le jeu de société et les habitants toulousains. D’autres boutiques ouvrent. Des associations se créent. Plateaux, cartes et dés ont leur place à côté de la violette et de la brique rose: le festival Alchimie du jeu les célèbre. Bruno Desch y participe depuis son lancement en 2001. Cet évènement ne désemplit pas selon lui: “L’an passé, il y avait plus de 13.000 visiteurs. 300 bénévoles étaient là pour les accueillir et les guider parmi les rayons et les tables répartis sur 7.000 m².
Le visiteur entre dans un autre univers. Cette année, la onzième édition s’installera du 27 au 29 avril 2012 au Parc des Expositions. A votre tour de jouer!

Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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