Si en France il semble que le nombre d’entrées conditionne les nominations pour les Césars, aux États-Unis ce n’est pas tout à fait pareil. Depuis l’annonce des nominations pour les Oscars, certains accusent le coup. De nombreux films indépendants sont souvent mis au placard contrairement à des films d’auteur « grand public », et inversement. Néanmoins, le même constat est fait : il y a très injustement des oubliés. Suite à ce 24 janvier, tout le monde -ou presque- a vu circuler cette photo de Ryan Gosling, l’oscar à la main et dont la punchline dit tout « Where is my fucking Oscar nomination for Drive ? ». Si Ryan Gosling et son film « Drive » sont principalement mis en lumière par cet oubli, bien d’autres avant eux ont été évincés de la course aux Oscars.
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« E.T Téléphone Maison »
Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick, des noms qui nous réfèrent directement aux plus grands classiques du cinéma. Des films érigés au rang de chefs-d’oeuvre cinématographiques mais pourtant, aucun d’eux n’a obtenu un oscar pour le meilleur film. Heureusement, ils ont eu la chance d’y être nominés. Ironie du sort, des films dont le nom s’est perdu au fil du temps ont , quant à eux, été récompensés. Aujourd’hui encore, des injustices persistent. On se souvient tous -bon il est vrai que beaucoup d’entre nous n’étaient pas nés à ce moment mais le coeur y était- de Annie Hall qui s’imposa face à Star Wars épisode IV. Et ça me tue de le dire mais trois ans plus tard, c’est E.T l’extraterrestre qui se fît voler son titre par … Gandhi. Vous souvenez-vous d’une seule réplique de Gandhi ? NON. À l’inverse « Téléphone-maison » est pratiquement devenu une phrase de tout usage que même un enfant de 4 ans peut vous sortir sans avoir encore vu le film. Pour les acteurs, c’est un peu le même principe, Brad Pitt n’a jamais été récompensé pour ses films et ni même nominé pour Fight Club ou S7ven. Un sort clairement injuste vu son parcours professionnel quasi-idyllique.
Un gladiateur tout rouge
Actuellement c’est un véritable scandale qui secoue Hollywood. La première surprise déjà évoquée plus haut, est l’absence de Ryan Gosling. Le jeune acteur était cette année à l’affiche de trois films dont Drive. Chouchou de la critique et prix de la meilleure mise en scène à Cannes, ni le personnage principal, ni le film ne sont nommés. Comme un lot de consolation, les techniciens pourront cependant aller au Kodak Theater pour l’Oscar du meilleur montage son, c’est presque comique. Suite à cela, un ancien oscarisé, Russel Crowe, est alors monté au créneau sur twitter :
« Ryan Gosling n’a pas décroché de nomination aux Oscars ? En voilà, une connerie ! «
Dans un cas plus particulier, il y a le charmant Leonardo DiCaprio boudé -à juste titre- pour son caractère de cochon. Il en subit les conséquences avec l’absence de nominations pour Shutter Island, Inception et en 2012 pour J. Edgar, bien que calibré pour les Oscars. Entraînant dans sa chute le mastodonte Clint Eastwood, on a du mal à y croire. Autres oublis de taille, Kirsten Dunst, meilleure actrice pour Melancholia au festival de Cannes mais sûrement zappée suite à la polémique de son réalisateur, Micheal Fassbender, Tilda Swinton, Kate Winslet, Carey Mullighan… Pour ma part, le plus grand oubli de cette année 2012 est Andy Serkis. Bien qu’inconnu du grand public, c’est sous les traits de cet homme que sont nés Gollum, King Kong et récemment César dans La Planète des Singes: les Origines ou encore Archibald Haddock. Rarement la Fox Century s’est autant battue pour qu’un acteur soit reconnu comme tel en menant une véritable campagne de front, mais rien n’a fait bouger l’académie.
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Côté film, Hugo Cabret rafle 11 nominations et devance de peu notre cher The Artist avec 10 nominations, mais à la surprise générale Tintin et le Secret de La Licorne n’est même pas en lice pour le meilleur film d’animation. Angelina Jolie qui vient d’enfiler son costume de réalisatrice pour Au Pays du Sang et du Miel est également snobée, tout comme David Fincher pour Millénium et Roman Polanski pour Carnage. W.E de Lourdes Ciccone (pardon de Madonna) est, quant à lui au coude à coude pour les meilleurs costumes. De même Minuit à Paris de Woody Allen se bat dans 4 catégories. Bizarrement, j’ai du mal à digérer ces deux présences, sachant que les critiques n’étaient pas ultra emballées, on n’a de quoi se demander ce qu’ils foutent là. Ce matin, Bret Easton Ellis n’a d’ailleurs pas mâché ses mots sur twitter qualifiant le film de Woody Allen de « populaire » seulement grâce à un titre « accrocheur/mauvais ». Le soir du 24 janvier, alors que la twittosphère s’enflammait de toutes parts, l’écrivain y été allé de son petit commentaire :
« Cette année, les nominations des Oscars sont terribles mais le fait que The Tree Of Life de Terrence Mallick soit nominé donne de l’espoir »
La faute à pas de chance
Pourtant, même si certaines statuettes semblent aberrantes, l’académie des Oscars répond à des règles strictes et rigoureuses. Sur le principe de points négatifs et positifs, les membres remplissent un certains nombres de critères d’éliminations et les votes sont à huit clos. Par exemple, Drive a été disqualifié de la catégorie « meilleur musique originale » entre autres à cause de l’abus de musique dans les scènes clefs. Il n’est pas que question de Kavinsky mais plutôt de ces petites mélodies auxquelles on ne prete pas beaucoup attention. À l’inverse, John Williams se retrouve deux fois dans cette catégorie, la faute à une grande maîtrise qui lui a valut de nombreuses statuettes dorées.
Séchez vos larmes amis cinéphiles ! Si certains films ont été évincés, ce n’est pas à cause de « la théorie du complot » ni même de Roswell, il n’est pas non plus question de crêpage de chignons entre comédiens -quoique- mais c’est avant-tout des règles non respectées, des millions de petites choses qu’on ne remarque pas dans notre salle sombre. Ne nous abaissons donc pas à un cru 2012 négligé et espérons très fort les futurs primés de 2013 comme The Dark Knight Rises ou Bilbo, le Hobbit. Même si un film ne remporte pas de prix, il n’en est pas pour autant mauvais, E.T ne sera jamais oublié, idem pour Star Wars.