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TEMPS DE LECTURE : 4 MINUTESFILM / Un Heureux Événement de Rémi Bezançon

Titre du film : Un Heureux Événement
Réalisateur : Rémi Bezançon
Date de sortie : 28 septembre 2011
Pays : France

Le film en un tweet : « Je ne peux décidément pas m’empêcher de tomber amoureux de personnages fictifs. #éternelenfant  #louisebourgoin »

Contexte. 828 000 bébés ont vu le jour en France l’année passée, des chiffres record depuis plus de trente-cinq ans : Barbara (Louise Bourgoin) et Nicolas (Pio Marmai) auraient pu être l’un de ces 828 000 couples à connaître les joies de la parenté. « On ne naît pas femme, on le devient » disait Simone de Beauvoir dans Le deuxième Sexe, Justine Lévy confiait ses troubles de femme enceinte dans Mauvaise Fille en 2009, Florence Foresti s’amusait du tabou de l’accouchement dans son dernier spectacle Mother Fucker. On le voit, le thème n’est ni nouveau, ni passé sous silence : comment 1 et 1 peuvent-ils faire 3, alors qu’ils ont toujours été 2 ?
Il m’avait semblé saisir la légèreté godiche d’une ultime comédie romantique française dès la bande-annonce ; l’avant-première organisée par Gaumont en présence de Louise Bourgoin et du réalisateur me permit d’émettre un tout autre avis.

Commentaires. De leur quasi-coup de foudre (ça existe toujours ?) dans un cinéclub (ça existe toujours ?) à leur installation ensemble, Barbara et Nico sont très amoureux ; la salle tombe aussi amoureuse, partagée entre euphorie et jalousie. Ils sont beaux et bobos et ce qui devait arriver arriva – attention spoiler : ils s’aiment tellement qu’ils ont un enfant ensemble.
Quelques drôles de dames de Canal +, une storyline narrée à la Sex and the City, un zeste de Bridget Jones… La recette parfaite d’un cupcake cinématographique réservé aux jeunes ménagères de moins de trente ans ? Certes, mais sans que cela ne soit indigeste pour les autres. Les jeux sans finesse d’Anaïs (Croze, la chanteuse) ou décevant de Josiane Balasko, la mère soixante-huitarde de Barbara, révèlent parfois les travers de répliques drôles et dans l’air du temps, sans pour autant le transcender.
Plaisante et savoureuse en première partie, l’histoire prend un ton plus grave lorsqu’elle rentre dans le vif du sujet. Quelquefois trop dans le cliché, moins bouleversant que Le Premier Jour du reste de ta vie, le dernier film de Bezançon adapté d’un roman d’Eliette Abécassis vient malgré tout interroger en profondeur les contradictions d’un monde qui se cherche et la crédibilité d’un modèle familial compatible avec le diktat du tout-instantané.

 

Séquence dispensable: « Le bain ». Se prélassant dans son bain, Barbara s’abandonne et se laisse lentement glisser sous l’eau. Le plan reste cependant fixe, à la surface de l’eau, afin de montrer à quel point elle est bien équipée en produits d’hygiène : toute la gamme des savons Mixa trône sur les bords de sa baignoire. On a connu plus fin en matière de placement de produits…

Séquence indispensable: « La rencontre ». Elle va souvent au cinéclub Pandashnikov, il y est vendeur. Leur premier regard et le premier film qu’il lui loue lancent la tradition : chaque film, suggéré par l’un, est un subtil message adressé à l’autre. La scène est drôle, savoureuse, et lance le film de la meilleure des manières.

Les acteurs qui auraient pu jouer : Rémi Bezançon est fan d’ex-miss-météo du Grand Journal, de chanteuses criant leur désespoir amoureux et de vieilles gloires du Splendid. Nous lui proposons donc un casting alternatif composé de Mademoiselle Agnès, de Rihanna et de Marie-Anne Chazel.
Ou alors de Carla Bruni, dans son quasi-propre rôle (de femme enceinte, pour ceux qui n’auraient pas suivi).

 Réplique à retenir: «  Je suis pas juste un utérus quoi, merde ! », Barbara.

Morale: « Vous vivrez sûrement heureux si vous n’avez pas beaucoup d’enfants »
(ou) « Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas prévenu ! »

Ce qu’en diront les autres: « BOURGOIN & MARMAI CRÉENT L’(HEUREUX) ÉVÉNEMENT » Rosie Baruelle, Grazia. Coup de cœur ciné Grazia de la semaine, ruez-vous dans les salles obscures dès le 28 septembre pour retrouver les frasques comiques et pleines de réalisme du nouveau film de Rémi Bezançon.

On aime : les gros pulls bariolés et les lunettes rondes par-fai-tes de Louise Bourgoin.
On adore : Pio Marmai, beau brun ténébreux, véritable acteur montant du moment.
On dit non : à l’allaitement. On a pas inventé le lait 1er âge pour rien, si ? »

Pourcentage: 72%.

 Avis du conseil. Encouragements. Résultats satisfaisants : le petit Rémi est un élève brillant mais a parfois tendance à se reposer sur ses lauriers. Il pourra obtenir de bien meilleurs résultats en prenant plus de risques.

 Suite logique. S’en griller une, marcher sur le Pont Neuf en regardant la Garonne sur fond de « Someone Like You » d’Adele (ou) regarder à nouveau les meilleures interventions de Louise Bourgoin au Grand Journal pour tomber définitivement amoureux.

Image à la Une : © 2011 Gaumont – Mandarin Cinéma / Photo : Nicolas Schul

Image d’illustration : © 2011 Gaumont – Mandarin Cinéma

Article rédigé par Loïc G.

Étudiant en M2 Médias, Culture et Communication à Sciences Po Toulouse.

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