TEMPS DE LECTURE : 3 MINUTES« Et soudain, l’apocalypse »

Dix ans. De l’eau a coulé sous les ponts depuis.  Mais les gens portent encore en mémoire les stigmates et les moindres détails de ce 21 septembre 2001, de ce choc assourdissant, de ces visions d’horreur imprévues. Les souvenirs de cette explosion demeurent douloureusement dans les esprits, dans les cicatrices et dans les bâtiments soufflés par l’onde de choc. Jeunes et moins jeunes racontent cette fraction de seconde pour Aparté.

La Dépêche du Midi – 2001

J’étais au collège Lamartine en 5ème. Les bâtiments étaient presque miteux. J’entrais en classe d’anglais près des fenêtres, je me suis baissé pour attraper ma trousse dans mon sac. Au même moment, l’onde de choc traversait la salle, les fenêtres s’ouvraient et se fissuraient même. Je me suis relevé ensuite et j’ai réalisé si j’étais resté droit sur ma chaise, une des fenêtres m’aurait heurté la nuque. Il n’y a eu aucun blessé dans la salle, on nous a regroupés et sommés de nous abriter dans la cafétéria pour se tenir à l’écart d’un éventuel nuage toxique. Ironie, toutes les vitres étaient brisées.
> Léo, 11 ans à l’époque des faits.

 

Je travaillais à l’hôpital de Montauban et ma collègue a reçu un bref message de son mari qui travaillait à Colomiers. Tout le monde avait en tête le 11 septembre et les attentats. Ce n’est que plus tard que nous avons vu les flashs à la TV avec des images de la rocade toulousaine, des voitures immobilisées, des gens hébétés avec le visage en sang. L’hôpital Marchant situé a côté d’AZF a subi de très graves dégâts. De fait,  nous avons accueilli un certain nombre de leurs patients.
> Jean-Marc, 43 ans à l’époque des faits.

 

On aurait dit la fin du monde. Panique générale puisqu’on nous enfermait dans les salles de cours à cause des « gaz toxiques ». On nous disait aussi que c’était Airbus qui avait explosé à cause des terroristes. C’était d’autant plus dramatique dans un collège où la moitié des élèves sont soit anglais, soit allemands et dont les parents travaillent là-bas.
> Yona, 21 ans à l’époque des faits.

 

Le magasin où je me trouvais s’est écroulé autour de moi. Arrivée à la maison à Saint-Cyprien (Toulouse, ndlr), il ne restait plus une seule fenêtre. La porte d’entrée était fendue de haut en bas. Il fallait se confiner mais il n’y avait plus de fenêtres. Dehors, ballet angoissant et incessant d’ambulances. Grosse frayeur et puis, deux mois à vivre avec des cartons à la place des fenêtres.
> Claire, 36 ans à l’époque des faits.

 

Matinée de cours. 4ème C. Cours d’italien. Troisième étage. Bâtiment B. Nouvelles Airmax. La journée s’annonçait radieuse et soudain, l’apocalypse.
> Nicolas, 11 ans à l’époque des faits.

 

J’avais sept ans quand l’usine AZF a explosé, et j’habitais à quatre-vingts kilomètres de là. J’ai appris la nouvelle au journal du soir, les gros titres aux allures de fin du monde. Je ne comprenais pas grand chose à ce qui se passait et n’avais pas réalisé l’ampleur de la situation. Seulement il me reste en mémoire des images post-apocalyptiques, de la destruction, une impression de danger et puis des témoignages tragiques, paniqués et effrayés.
> Agathe, 9 ans à l’époque des faits. 

 

J’étais en cours de techno avec Mme Voltz et on a entendu un « boum ». Quelques minutes plus tard, ils ont évacué les classes pour nous mettre dans des salles d’études, ou, à la cafétéria, je ne sais plus. C’était un vendredi et le soir, il y avait la fête foraine de Verdun-sur-Garonne. Je n’avais pas pu y aller parce que mon papa devait aller sur les lieux pour aider à déblayer avec des grues.
> Julia, 11 ans à l’époque des faits.

 

Les autres pièces du dossier « AZF, dix ans après » sont disponibles ici.


Article rédigé par La rédaction Aparté.com

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